Ma fille est tout le temps fatiguée. Comment faire pour la motiver

Ma fille est tout le temps fatiguée. Comment faire pour la motiver?

Les adolescents se plaignent très fréquemment d’être fatigués. Comme toutes les plaintes relatives au
corps, celle-ci est plus le fait des filles que des garçons. Avec le début de la puberté, les maux corporels, qui concernaient environ 10% des filles et 10% des garçons, concernent désormais 40% des filles mais toujours seulement 10% des garçons. Les plaintes corporelles, â l’instar des caprices chez
l’enfant et des conduites d’opposition chez l’adolescent, sont l’une des modalités d’expression de l’insatisfaction comme mode de régulation de la distance relationnelle avec les personnes investies, en particulier les parents. Par la plainte, et plus particulièrement l’insatisfaction, l’enfant et l’adolescent expriment d’une part leurs attentes à l’égard des parents – et donc leur dépendance affective -, et d’autre part affirment leur pouvoir d’échapper à l’emprise des parents, puisque la plainte persiste.

Car le propre de ces plaintes est d’être, en général, répétitives et plus ou moins chroniques. C’est d’ailleurs souvent le cas de la fatigue, même si la perspective d’une épreuve, un examen par exemple, peut l’exacerber. Certes, la fatigue n’est pas toujours l’expression d’un malaise ou d’une tension intérieure de l’adolescent(e). Elle peut aussi être provoquée, ou du moins favorisée et entretenue, par une mauvaise hygiène de vie. L’insuffisance de sommeil en est fréquemment la cause, mais elle est elle-même souvent liée à des facteurs psychologiques, causes de stress et d’anxiété. C’est aussi le
cas d’une mauvaise répartition ou mauvaise qualité du sommeil (un coucher trop tardif, des réveils fréquents, des cauchemars à répétition). Des repas déséquilibrés, voire des régimes excessifs ou aberrants, des trajets fatigants et longs, la prise excessive de stimulants tels que le café peuvent également en être des facteurs favorisants. Bien sûr, la fatigue est parfois révélatrice d’une maladie. Mais son apparition est alors brutale, durable, associée à d’autres signes et nécessite au plus vite une consultation médicale. A titre d’exemple, les suites de maladies virales ainsi que certaines maladies endocriniennes s’accompagnent d’une fatigue qui peut s’étendre sur plusieurs mois, voire sur une année.
La fatigue habituelle à l’adolescence est à la fois plus discrète et plus spectaculaire, notamment dans la façon dont les adolescents s’en plaignent — la plupart du temps lors de situations particulières : examens, périodes préet postmenstruelles, etc. L’insatisfaction, les plaintes diverses et la morosité plus ou moins chronique qui l’accompagnent font partie de ce contexte suggestif d’une tension psychique et affective. Celle-ci est davantage le fait de désirs contradictoires de l’adolescente et des paradoxes propres à cet âge que d’une cause précise.

Selon les tempéraments, il n’est pas rare que cette fatigue évolue au cours de la journée. Ainsi, certaines personnalités, anxieuses, hésitantes, très scrupuleuses, ayant tendance à toujours tergiverser et perplexes dès qu’il s’agit de prendre une décision, sont volontiers victimes d’une fatigue matinale qui s’estompe dans la journée mais aussi, paradoxalement, de difficultés à aller se
coucher. Certaines manifestations psychosomatiques comme la spasmophilie peuvent être associées à ce type de comportement…
Comment répondre à cette fatigue ? Sûrement pas en refusant de la prendre en considération. Et encore
moins en la dramatisant. Le meilleur remède consiste à aider discrètement l’adolescent(e) à modifier certaines de ses habitudes de vie, à accorder une attention accrue à ses centres d’intérêt, ses peines ou ses difficultés. Cela n’exclut pas, si les plaintes perdurent, de recourir à un avis médical, voire à l’appoint de quelques médicaments légers. Toutefois, une fois éliminées les affections, notamment corporelles, il serait néfaste de chercher à médicaliser à tout prix ce type de comportements par des consultations répétées. Aussi est-il préférable de déplacer le besoin d’attention dont témoigne l’adolescente) sur des aspects plus positifs et plus verbalisés, qui pourront être développés lors d’une psychothérapie.

Il joue aux jeux vidéo. Est-ce bon pour lui

Il joue aux jeux vidéo. Est-ce bon pour lui?

L’es adolescents se servent pour leurs jeux, comme pour le reste de leurs activités, des moyens d’ex-
pression de leur époque. Aussi utilisent-ils et utiliseront-ils de plus en plus les jeux vidéo ainsi que tous les jeux liés aux nouvelles technologies – et c’est tant mieux ! Tant mieux parce qu’ils vont peu à peu se familiariser avec ces technologies nouvelles et y acquérir une certaine dextérité ainsi qu’une ouverture d’esprit. Ces jeux ne deviennent vraiment préoccupants que lorsqu’ils sont utilisés avec excès. Excès qui vont exacerber certaines de leurs particularités, comme leur
caractère souvent solitaire et virtuel. Or solitude et virtualité risquent de conjuguer leurs effets pour isoler l’adolescent et le couper de la réalité. Certains s’enferment ainsi dans un monde de plus en plus irréel, propice à l’éclosion d’un sentiment de toute-puissance. Ils y fuient les contacts humains, source de frustrations, et vivent par procuration des situations qui ne sont ni purement imaginaires – comme les rêveries inspirées de lectures, par exemple — ni réellement concrètes. Bien
sûr, les adolescents qui y perdent le sens de la réalité avaient, en général, déjà quelques prédispositions. Par contre, d’autres adolescents, présentant souvent des troubles de la petite enfance et de grandes difficultés de contact avec la réalité, vont paradoxalement y trouver un moyen de sortir de leur isolement en apprenant à jouer d’une manière tolérable pour eux, c’est-à-dire à la fois parfaitement maîtrisable et considérablement distanciée des personnes réelles qui leur font peur.

On l’aura compris : c’est à l’entourage de faire de ce moyen d’expression un outil pour apprivoiser progressivement les jeunes et les ouvrir à l’échange, par exemple en discutant avec eux des jeux qu’ils préfèrent ou même en y participant. Ce n’est pas en interdisant les jeux vidéo que l’on
pourra aider les adolescents à ne pas s’y enfermer. C’est bien plutôt en les sortant de leur isolement, c’est-à-dire en partageant leur intérêt pour les ouvrir peu à peu à d’autres formes d’expression, et ce en leur proposant d’autres expériences génératrices de plaisir.

Il ne vit que par ses amis. Nous a-t-il oubliés

Il ne vit que par ses amis. Nous a-t-il oubliés?

Les amis sont la grande richesse de l’adolescence. Même s’il est important que l’enfant s’ouvre le plus
tôt possible aux enfants de son âge, ceux-ci restent des camarades. Ils ne deviennent vraiment des amis qu’à l’adolescence, au moment où l’adolescent pressent que ses parents ne peuvent plus tenir le même rôle qu’auparavant et qu’il va lui falloir trouver d’autres attachements, avant que les liens amoureux ne prennent le relais.
Un adolescent sans ami est un adolescent malheureux et il faut s’en préoccuper, mais en faisant preuve de discrétion.

Un ami est pour l’adolescent une ouverture à tout ce qui n’est pas l’univers familial, un nouveau repère et un appui pour s’affirmer face à ses parents. Il est un miroir où chercher sa nouvelle image de soi, un double qui rassure et conforte dans sa singularité ; ou, au contraire, un opposé qui manifeste, exprime et parfois réalise ce que l’adolescent ne fait que rêver. Mais il peut aussi être
celui qui remplace avantageusement la famille, car l’adolescent va chercher auprès de ses amis ce qu’il ne lui est plus possible de trouver auprès de ses parents : un partage sans limites, une proximité physique et psychique, la possibilité de se comprendre sans avoir besoin d’explications, une acceptation sans reproches et sans conseils, qui sont le fait des parents.
L’amitié risque alors de ne pas être un lien enrichissant complémentaire du lien familial, mais l’exact substitut de celui-ci. L’ami ou les amis vont prendre la plier drs parents, rt cr rn proportion dr l’intensité de la déception qu’éprouve l’adolescent à l’égard de ses parents, déception et rejet nourrissant la violence de l’attachement aux amis. L’adolescent n’est pas en mesure de s’apercevoir que ce qu’il fuit d’un côté, il le retrouve de l’autre : une dépendance affective et, souvent, une certaine soumission à son groupe d’amis. Ceux-ci peuvent l’aider à se retrouver et n’être qu’une étape vers des attachements plus tempérés et plus ouverts, une fois passé l’orage. Mais ils peuvent aussi avoir des difficultés semblables, auquel cas ils renfermeront et s’enfermeront eux-
mêmes dans le groupe devenu tribu ou secte. Comment, alors, renouer le dialogue avec l’adolescent ? Comment éviter que son besoin de contacts et de liens ne l’asservisse à ce groupe et ne le conduise à se laisser entraîner dans des comportements nuisibles pour lui et éventuellement pour les autres ? La réponse est difficile pour les parents, et leur marge de manoeuvre étroite. Toutefois, ils ne doivent pas sous-esdmer la dépendance et l’attachement que leur enfant a envers eux : ce n’est pas parce qu’il ne les écoute pas qu’ils ont cessé d’avoir de l’importance à ses yeux. Pour ne s’exprimer qu’en négatif, cette importance n’en demeure pas moins là. Aussi est-il essentiel qu’ils persistent à s’affirmer dans leur position de parents.

Comme toujours, les conflits qui opposent les parents, souvent non dits mais exprimés par leurs contradictions, jouent un rôle qui n’est pas négligeable dans l’attitude de l’adolescent; il convient donc de les prendre en compte. Dans le même temps, tant que l’adolescent dépend affectivement, mais aussi matériellement, d’eux, ses parents sont à même d’exiger au moins la possibilité d’un dialogue. Pour cela, on ne pourra qu’apprécier l’aide d’un tiers qui ne soit pas partie prenante dans le conflit et qui n’ait pas d’attachements préalables avec l’adolescent ou sa famille.

Faut-il parler de sexualité avec son enfant

Faut-il parler de sexualité avec son enfant?

Qu’ils souhaitent le faire ou non, il est bien difficile pour des parents de ne pas parler de sexualité à leurs enfants, tant elle est omniprésente dans le discours social. Les parents peuvent d’ailleurs profiter de cette omniprésence pour aborder le sujet afin d’éviter de trop le personnaliser, de trop le centrer sur l’adolescent lui-même.

Les discussions les plus fructueuses sont probablement les plus impromptues, inattendues pour les parents comme pour l’adolescent. Par exemple, une conversation peut s’engager au cours ou suite à une émission, une lecture, un événement touchant un camarade de l’adolescent, un cours d’éducation sexuelle ou de prévention du sida… Les occasions ne manquent pas. Comme cela ne le concerne pas directement, l’adolescent est davantage prêt à entendre les commentaires de ses parents et à en tirer des applications pour lui-même que si on l’impliquait personnellement ou qu’on le lui demandait explicitement. Evidemment, un climat familial de confiance réciproque, de liberté d’expression et de respect mutuel facilite grandement l’échange.

Cela n’exclut pas, bien sûr, d’avoir, en privé, des échanges plus convenus et plus formels sur le sujet, échanges qui ont le plus souvent heu entre l’adolescent et le parent du même sexe que lui. Les changements pubertaires, et en particulier, chez l’adolescente, la survenue des règles, en fournissent un prétexte facile. Il ne paraît pas souhaitable de banaliser le discours parental sur la sexualité et de la réduire à une pratique comme une autre, car la sexualité touche ce qu’il y a
de plus intime en chacun de nous, aussi bien physiquement que psychiquement.