Regarde le mal que tu nous fais.

« Regarde le mal que tu nous fais. »

Cette plainte, qu’elle soit exprimée clairement, ou simplement suggérée, est celle d’un ou de parents
qui souffrent de l’attitude de leur enfant et qui ne comprennent pas comment, malgré leur amour, leur
dévouement et leurs sacrifices, ils en sont arrivés là. Cette attitude est rendue encore plus incompréhensible par la lassitude, le sentiment d’épuisement voire d’accablement, mais aussi d’injustice devant l’évolution de la situation. A contrario, si elle est compréhensible, une telle attitude n’en est pas moins à éviter. L’adolescent a besoin de trouver devant lui des adultes qui l’aident à mettre une limite à ses impulsions et à gérer ses émotions. Chercher à susciter sa compassion, c’est lui reconnaître un pouvoir d’abîmer, voire de détruire l’adulte qui risque de l’affoler et de le pousser au pire. Une fois encore, il y a inversion de l’ordre des générations. C’est
à l’adulte d’éduquer et de se donner les moyens de contenir l’adolescent, au besoin avec l’aide de tiers. Exprimer son émotion et sa pensée devant l’attitude de l’adolescent peut être bénéfique, si cela ne devient pas une habitude insupportable pour lui. Mais le ou les parents doivent le faire après, ou tout en posant les indispensables limites.

Qu'est-ce que l'adolescence

Qu’est-ce que l’adolescence?

Le terme adolescence – du latin adoîescere : croître, grandir – désigne cette période de la vie de l’homme qui fait transition entre l’enfance et la vie adulte. L’entrée dans cette nouvelle phase est marquée par le phénomène physiologique qu’est la puberté. La fin, en revanche, en est plus difficile à déterminer. Et pour cause : elle ne coïncide pas avec celle de la puberté proprement dite. En effet, l’adolescence comme étape du développement de l’homme est un phénomène à la fois physique et psy-
chologique. Si ce sont les phénomènes physiques de la puberté qui l’introduisent, l’adolescence proprement dite comprend un volet psychologique et social essentiel. A cette maturité sexuelle nouvelle va correspondre la nécessité, pour l’adolescent, de devenir autonome par rapport à ses parents ou de s’y préparer. Cette autonomie nouvelle, souvent partielle et progressive, du moins de nos jours, représente un changement psychologique important et dépend fortement du contexte social et
culturel. Aujourd’hui, l’adolescence n’est pas plus comparable à ce qu’elle était aux siècles précédents qu’elle ne s’exprime pareillement dans les pays dits occidentaux, dans les pays de cultures différentes ou dans les sociétés dites primitives. Le phénomène pubertaire est pourtant
un processus toujours plus ou moins identique. Ce qui change, c’est la forme sociale et individuelle sous laquelle vont se manifester ces modifications. Ainsi l’adolescence est-elle à la fois un phénomène physique, la puberté, et un phénomène psycho-social : l’expression donnée par une culture particulière aux changements physiologiques qu’apporte la puberté à chaque individu.

Il fume du cannabis. Quels sont les risques pour sa santé

Il fume du cannabis. Quels sont les risques pour sa santé?

C’est l’une des grandes inquiétudes des parents d’aujourd’hui. Plus d’un adolescent sur deux aura, à un moment donné de son adolescence, fumé du cannabis.

Et mieux vaut qu’il le fasse le plus tard possible, à l’instar de son premier « flirt » avec la cigarette. Toutefois, fumer occasionnellement du cannabis n’est pas un drame et il ne faut pas le transformer en tragédie. Certes, le cannabis a des effets euphorisants proches de ceux de l’alcool, mais s’il diminue, comme ce dernier, les capacités de concentration et les réflexes, il ne provoque pas comme lui des réactions impulsives et agressives. En réalité, tout dépend de la quantité de cannabis qui a été consommée et de la fréquence de cette consommation. Enfin, il faut savoir que le dosage en produit actif peut varier de 1 à 10 selon les variétés et les mélanges opérés.Le danger est bien sûr que la consommation de l’adolescent devienne régulière et augmente. Aux effets
euphorisants du cannabis s’ajoutent alors une coupure progressive avec la réalité, des difficultés de concentration et d’apprentissage et une perte de motivation. L’adolescent s’éloigne de ses centres d’intérêt habituels, se désocialise et manifeste une indifférence inquiétante qu’il justifie de façon plus ou moins cohérente. Chez les adolescents vulnérables, des troubles psychiques peuvent de surcroît apparaître : retrait affectif et relationnel, confusion de la pensée, perplexité et, parfois, idées délirantes. Une évolution vers une psychose est également possible et ne doit pas être négligée. Par ailleurs, il faut savoir que la sensibilité au cannabis varie notablement d’un individu à l’autre, et cela pour des raisons biologiques mais aussi contextuelles (vulnérabilité de la personnalité, contexte psychologique, familial, événementiel ou environnemental défavorable). La vulnérabilité de l’adolescent facilitera sa dépendance au produit et pourra faire d’une prise occa-
sionnelle une expérience initiatrice révélatrice d’un autre mode de vie possible. Le contexte relationnel et amical a un impact important, notamment les phénomènes d’entraînement. Mieux vaut donc prévenir que guérir. Et la meilleure prévention reste la confiance que place l’adolescent dans son entourage et la qualité du sentiment de sécurité affective qui l’entoure. Ils doivent, en effet, lui permettre de gérer les risques inhérents à toute ouverture au monde. Réciproquement, les adultes doivent avoir confiance dans les capacités de l’adolescent à faire face, mais cette confiance n’exclut pas la vigilance ; ils ne doivent pas non plus hésiter à informer l’adolescent des risques qu’il encourt, voire à intervenir s’ils jugent que l’adolescent part à la dérive. Ce n’est que dans un climat de confiance que les adolescents se montreront réceptifs au discours parental sur les risques liés au fait de fumer du cannabis. Quand un adolescent commence à en consommer, mieux vaut en parler et tenter de limiter la consommation de ce produit illicite, tant en ce qui concerne sa fréquence que les lieux où l’adolescent fume et l’argent dépensé. Quand le fait de fumer du cannabis a les conséquences négatives déjà évoquées et place l’adolescent dans une situation d’échec dans un
domaine ou un autre, et notamment dans le domaine scolaire, il ne faut pas hésiter à solliciter une aide extérieure et à faire intervenir des tiers pour poser des limites et tenter de trouver une solution.

Il n’est pas utile pour autant de traquer sur l’adolescent les signes physiques (pupilles dilatées, odeurs, yeux rouges, etc.) qui témoigneraient d’une réelle consommation de cannabis. Il est préférable d’essayer de maintenir un contact de qualité en favorisant les échanges et en étant très attentif à toute dégradation de ses capacités. Il serait vain de chercher à obtenir un sevrage total
et immédiat. Mieux vaut aider l’adolescent à restaurer un mode de vie où il retrouvera des repères et une efficience normale. Il ne faut pas laisser s’installer une consommation régulière et importante qui serait cause d’une dégradation de sa qualité de présence aux autres et de ses aptitudes. Cette dégradation est suffisamment préoccupante pour justifier que les parents exigent de l’adolescent qu’il cesse sa consommation et réorganise son mode de vie avant que l’aggravation de la situation
ne le rende imperméable à leurs réactions et à leurs demandes.