Ses parents viennent de se séparer...Quels vont en être les retentissements

Ses parents viennent de se séparer…Quels vont en être les retentissements?

La séparation des parents s’est considérablement banalisée depuis quelques décennies, mais n’en reste
pas moins un événement douloureux, voire traumatique pour les enfants. Elle atteint la famille en son cœur et dans ce qui est son essence même : la continuité du lien. Elle confronte chacun à une des angoisses humaines les plus profondes : la crainte de la séparation. Elle déchire les enfants en les obligeant à se demander : « Qui préfères-tu de papa ou de maman ? » Mais aussi : «Pourquoi ne suis-je pas suffisamment important pour que papa et maman choisissent de rester ensemble et préfèrent ne pas se séparer ? Pour qui ?
Qui est plus important que moi, leur enfant?» Les parents le savent bien, et aucune séparation ne se
fait sans culpabilité. Peut-être est-ce pour cela qu’ils s’inquiètent plus pour leurs enfants que les autres et consultent davantage. On a pu en déduire que cela favorisait le dépistage des difficultés et faisait croire, à tort, que ces enfants sont plus souvent perturbés que ceux dont les parents vivent ensemble.

Quoi qu’il en soit, la séparation des parents représente un facteur de risque. Elle confronte en effet les adolescents les plus vulnérables, restés plus dépendants affectivement de leurs parents, à une réalité qui va entrer en résonance avec des conflits intérieurs et les renforcer. Les conditions de séparation et le climat affectif entre les parents sont des paramètres essentiels quant aux conséquences. Mais il ne faut cependant pas croire, parce que tout se passe au mieux, voire qu’il s’agit d’un consensus, que l’événement sera sans conséquences. Si le maintien de relations d’estime et de respect entre les parents est capital, un accord trop manifeste peut inquiéter l’adolescent à plus d’un titre. Il peut lui donner le sentiment d’être le seul à souffrir, que cette souffrance est injustifiée et l’amener à se sentir incompris etabandonné. Il peut également s’interroger sur la nature du lien qui unissait ses parents, sur la réalité de leur amour avec, comme analyse, le sentiment que finalement les liens sont factices, hypocrites et que, s’il en est ainsi entre ses parents, pourquoi ne serait-ce pas la même chose entre eux et lui…

Autrement dit, si les parents doivent veiller à ce que leur rapports restent dignes et respectueux, dans le souci de préserver leur enfant, cela ne suffit pas. Us ne doivent jamais oublier que leur enfant est une personne bien distincte et que, en conséquence, il ne vit pas nécessairement les événements de la même façon qu’eux et n’éprouve pas les mêmes émotions. Ils doivent donc être à l’écoute de leur enfant, accepter ses sentiments et son point de vue. Il est normal que l’adolescent réagisse, qu’il puisse être triste et malheureux, qu’il ne comprenne pas ses parents. Ce n’est pas
pour autant qu’il faille dramatiser ces réactions et, surtout, que les parents se croient obligés de changer leur propre point de vue.

Accueillir l’adolescent, c’est accepter sa différence sans chercher à la gommer, notamment en renonçant à ses propres idées…

Elle rougit dès qu'elle est émue. Est-ce normal

Elle rougit dès qu’elle est émue. Est-ce normal?

Rougir n’a rien d’anormal, mais celui ou celle qui rougit peut en éprouver une gêne. Bien que plus
fréquent chez les filles, qui d’ailleurs le tolèrent mieux, ce phénomène concerne aussi les garçons.
Le rougissement est une des manifestations typiques de la puberté et apparaît spécifiquement avec elle. Il est un des exemples de cette trahison du corps qui, pour l’adolescent, dévoile aux yeux du monde les pensées et désirs de son monde intérieur. Il est devenu la scène sur laquelle ses rougeurs sont en quelque sorte le phare qui révèle ses émois intimes.
Le rougissement – et la honte qui l’accompagne – sont l’une des manifestations les plus remarquables de la crainte, si centrale à l’adolescence, de perdre le contrôle de ses émotions et, au-delà, de tout ce qui est intérieur. Cette crainte contribue à la peur et au rejet d’émotions que l’adolescent associe à la fois à une régression infantile et à une perte de contrôle qui expose au regard des autres son intimité corporelle.

L’important est que l’adolescent(e) ne se focalise pas sur sa rougeur et n’en fasse pas un élément déterminant de sa relation aux autres. Moins il (ou elle) y attachera d’importance et plus elle disparaîtra rapidement; elle pourra même être un charme plus qu’une entrave. Malheureusement, l’adolescent risque de lui accorder d’autant plus d’importance qu’il a moins confiance en lui et se trouve donc davantage en quête du regard des autres. L’intensité même de l’envie d’être regardé(e) et
du plaisir qu’il (ou elle) pourrait en tirer peut se transformer en une source de déplaisir.
L’adolescent(e) pense que tout le monde le (ou la) regarde et, à cause de sa rougeur, il (ou elle) peut ressentir un sentiment de honte, de ridicule, voire même de persécution. Si l’adolescent(e) a conscience que sa gêne est proportionnelle à son envie d’être regardé(e), il (ou elle) peut et doit chercher à se donner les moyens d’être vu(e) et apprécié(e) comme il (ou elle) le souhaite, c’est-à-dire pour ses qualités et non pour son malaise.

On se moque de lui au lycée. Que faire

On se moque de lui au lycée. Que faire?

C’est une plainte de plus en plus fréquemment exprimée que le fait d’être victime de moqueries,
peut-être parce que les enfants sont plus sensibles, les parents plus réactifs, mais aussi parce que les jeunes sont plus cruels les uns avec les autres ou du moins expriment leur cruauté plus facilement et plus directement qu’autrefois. Beaucoup d’enfants et d’adolescents, sinon tous, sont
un jour ou l’autre l’objet de moqueries. Mais certains y sont plus sensibles, et cette sensibilité peut malheureusement les conduire à réagir d’une façon qui excite les moqueries de leurs camarades. Il se crée dès lors un cercle vicieux qui se renforce lui-même. Pourquoi un adolescent est-il susceptible de réagir de cette façon? Parce que ces moqueries viennent le confirmer dans sa tendance à se dévaloriser lui-même et/ou le sentiment que le monde extérieur (les autres) est hostile et que l’on ne peut lui faire confiance. Ce sentiment est habituellement conforté, et parfois même causé, par un certain type de climat familial ou d’attitudes parentales qui ne font que renforcer la conviction de l’adolescent.

La solution est rarement de changer l’adolescent d’établissement, sauf cas particulier, car les moqueries se reproduiront ailleurs. La trouver nécessite souvent d’avoir recours à une consultation spécialisée, car cette situation peut être le symptôme d’un certain nombre de difficultés psychopathologiques, allant du trouble de la personnalité de type sensitif, affectant les adolescents
en quête d’une relation forte, quête susceptible de tourner à la persécution en cas de déception, à la schizophrénie débutante, en passant par des troubles dépressifs graves. La meilleure prévention vient des parents : ils doivent éviter de conforter l’enfant puis l’adolescent dans ce vécu en le dramatisant et en le cautionnant. Il est tout à fait possible à la fois d’être attentifs et même com-
préhensifs à son égard et de l’inviter à prendre du recul, en le rassurant sur ses capacités à trouver en lui les ressources nécessaires pour dépasser cette situation.

Il faut être conscient que la majorité de ces plaintes sont formulées par des adolescents en grande difficulté, très dépendants affectivement de leurs parents. Elles ont pour fonction essentielle de rassurer l’adolescent et ses parents sur le fait que ceux-ci demeurent les personnes les plus importantes de la vie de leur enfant ; car ni les camarades, ni les enseignants, appartenant à un monde jugé hostile par l’adolescent, ne seront en mesure de susciter un intérêt suffisant pour compromettre la relation qu’il entretient avec ses parents.

Faut-il aider un adolescent à faire ses devoirs à la maison

Faut-il aider un adolescent à faire ses devoirs à la maison?

La place du travail scolaire à la maison est sujette à débats. Et c’est très bien ainsi, car il est peu probable qu’il existe une solution idéale. Ce qui est sûr, c’est que les parents occupent déjà une place trop importante dans la vie de l’adolescent, et que les adolescents sont déjà trop en attente à leur égard, pour qu’il soit sain de rajouter la fonction d’enseignants à celle de parents.
En ce qui concerne le travail scolaire, leur rôle se limite – et c’est déjà beaucoup – à veiller au maintien du cadre de travail réclamé par les enseignants et à organiser en conséquence la vie à la maison. Ils peuvent apporter à l’adolescent une aide ponctuelle, participer à un échange d’idées, suggérer l’usage de ressources possibles, mais guère plus. Aider l’adolescent à organiser son temps, veiller à ce que les devoirs soient faits est possible ; aller plus loin, en revanche, c’est prendre des risques excessifs.
Il reste important que les parents s’intéressent aux résultats et aux conditions de travail de leurs enfants, valorisent l’école et les enseignants, mais ils n’ont toutefois pas à jouer les professeurs. Si l’adolescent a besoin d’une aide, elle doit venir d’un tien qualifié et moins directement impliqué affectivement que ses parents. S’il n’arrive pas à travailler seul, on peut envisager de recourir à un professeur particulier ou encore le mettre à l’étude, à condition qu’une telle structure existe dans son école. D’autant que travailler avec d’autres (camarades ou tierces personnes) est à même d’assurer le compromis qui permet à l’adolescent à la fois de se sentir soutenu et d’apprécier ses progrès, voire ses bons résultats scolaires, sans s’en sentir redevable à ses parents.

Alors que faire travailler l’adolescent risque de déclencher un cercle vicieux incontrôlable. En effet, cela ne peut que renforcer le sentiment qu’il a de ne pas posséder les capacités nécessaires, de dépendre, dans tous les domaines de sa vie, de ses parents qui, eux, ont ces capacités, et d’être malgré lui obligé d’affirmer sa différence par une plus ou moins subtile mise en échec
des efforts parentaux (soit en cherchant la confrontation et en se butant, soit, évitant tout conflit apparent, en s’enfonçant doucement dans une « passivité active » qui le fait stagner à un niveau inférieur à ses capacités). Tout le monde finit alors par s’énerver. Si l’on veut que l’enfant développe sa confiance en lui, il faut qu’il exerce lui-même ses compétences et qu’il se perçoive
le plus tôt et le plus complètement possible comme l’auteur de ses œuvres. C’est particulièrement vrai pour le travail de réflexion et le travail de création.

Il peut y avoir des exceptions, surtout si l’adolescent est par ailleurs autonome. Mais si une connivence particulière naît entre un parent et un adolescent sur le plan scolaire, elle se paie souvent d’une difficulté, plus ou moins retardée, sur un autre plan : apparition d’un trouble alimentaire, épisode dépressif, isolement affectif… Comme si cette proximité obligeait à trouver, à
un autre niveau, une manière de mettre à distance ce parent. En revanche, les parents peuvent avoir un rôle important en stimulant la curiosité intellectuelle de leur enfant : par exemple, en discutant avec lui des sujets culturels les plus divers. Ils peuvent pour ce faire s’appuyer sur des émissions de télévision, de radio ou encore sur la lecture de magazines et la visite d’expositions.
Autrement dit, le temps que l’adolescent passe à la maison n’est pas forcé d’être exclusivement partagé entre ses devoirs et ses loisirs, laissés à sa seule discrétion. Prendre le temps de partager le plaisir d’un échange ou d’une émotion esthétique s’inscrit entre les deux.