C'est un égoïste. Il ne pense qu'à lui...Cela va-t-il passer avec le temps

C’est un égoïste. Il ne pense qu’à lui…Cela va-t-il passer avec le temps ?

L’égoïste est défini, de façon humoristique, comme «celui qui ne pense pas à moi»… Sous la boutade
se cache une certaine vérité. La personne qui reproche à l’adolescent son égoïsme l’exprime souvent d’une façon qui lui laisse à penser qu’il ne tient pas suffisamment compte d’elle. Le reproche risque alors d’installer une relation sadomasochiste de harcèlement réciproque entre l’adolescent et l’un de ses parents, si ce n’est les deux. La fréquence de cette situation fait apparaître l’égoïsme comme une forme de défense par laquelle l’adolescent tente d’échapper à ce qu’il ressent, à tort ou à raison, et souvent un peu les deux, comme une emprise parentale. Il crée une barrière protectrice, un rempart qui le protègent d’une soumission passive aux désirs de l’entourage.

Le traiter d’égoïste, c’est porter un jugement de valeur sur sa personne, en risquant de le dévaloriser et de renforcer son sentiment de persécution. Le plus souvent, la blessure narcissique que cela entraîne affaiblit le sujet et le pousse à se conforter dans son comportement. Mieux vaut tenter de déplacer le lieu du conflit en tâchant de poser des limites aux attitudes qui posent problème, plutôt que déjuger l’individu dans sa globalité. Par exemple, on peut décider en famille que les enfants participeront désormais à telle ou telle tâche, en essayant d’éviter une confrontation qui conduit en général à l’escalade entre l’adolescent et le parent le plus impliqué. Quand le blocage est trop important, faire appel à un tiers est toujours un moyen de dédramatiser
la situation. C’est l’intérêt des thérapies familiales.

Qu'est-ce que la puberté

Qu’est-ce que la puberté ?

La puberté est un phénomène physiologique, inhérent à révolution normale de l’individu. Elle se manifeste par des transformations corporelles, l’apparition des caractères sexuels secondaires, qui accompagnent l’arrivée à maturité des glandes sexuelles et leur production d’hormones, lesquelles sont différentes chez le garçon et la fille. La procréation devient possible. L’apparition des caractères sexuels secondaires marque l’entrée dans la puberté et permet d’en repérer les différentes étapes. Ils sont, pour une part, communs aux deux sexes : c’est le cas de la pilosité pubienne et axillaire, plus étendue chez le garçon (apparition de la barbe). Chez l’adolescent, le larynx se transforme (la pomme d’Adam apparaît), la voix mue, le volume du pénis et des testicules augmente. Chez la jeune fille, les seins se développent, les sécrétions vaginales apparaissent puis les règles surviennent.

Ces signes secondaires traduisent le développement définitif des organes sexuels, qui constituent les signes sexuels primaires, existant à la naissance et se formant au cours de la gestation chez le fœtus, sous l’influence des gènes masculins et féminins. La poussée hormonale s’accompagne, au début de la puberté, d’une forte accélération de la croissance puis de son arrêt total et définitif, en fin de puberté, quand les transformations sexuelles sont terminées et que les cartilages de conjugaison des extrémités osseuses se sont soudés. Ces cartilages de conjugaison sont une partie des extrémités des os longs du corps (fémur, tibia, humérus, radius et cubitus) non ossifiée qui leur permet de continuer à grandir. Ils s’ossifient définitivement sous l’effet d’une imprégnation par les hormones sexuelles, rendant impossible toute croissance ultérieure.
La puberté chez l’homme est relativement tardive par rapport à celle des animaux les plus proches de lui dans l’échelle de l’évolution, notamment celle des singes anthropoïdes. En effet, la maturité physique et sexuelle de ceux-ci se situe vers 4 ou 5 ans. A cet âge, les glandes sexuelles de l’homme cessent de se développer pour ne reprendre leur croissance que dans un deuxième temps : la puberté. On peut penser que cette évolution en deux temps – arrêt de la croissance glandulaire tandis que le
corps continue de croître, puis reprise de la croissance sexuelle – a favorisé le développement des apprentissages ainsi que la dépendance affective de l’enfant à ses parents. A contrario, une pratique sexuelle plus précoce l’aurait davantage poussé vers l’action au détriment de la pensée et de la verbalisation.

Il surfe sur le Net

Il surfe sur le Net.

Internet représente pour le moment le sommet des moyens de communication modernes. Comme le téléphone, les jeux vidéo, la télévision ou les jeux de rôle, il peut tout à la fois faciliter la communication
– ce qui est théoriquement son rôle — ou être un moyen pour l’adolescent de s’enfermer dans un monde virtuel. Car c’est une forme de communication sur laquelle l’adolescent peut exercer un contrôle total. Il y dispose à la fois de potentialités quasiment infinies et du choix d’y mettre fin à tout moment, sans avoir à en référer à quiconque. Il n’a pas davantage à se préoccuper des effets de son discours ou du contenu de sa communication sur les autres. Il est seul maître à bord, sans aucun adulte qui puisse s’interposer.

C’est évidemment cette toute-puissance potentielle qui constitue le facteur de risque essentiel. Il faut donc éviter que l’adolescent n’en arrive à s’enfermer dans cette activité et qu’elle ne se transforme en une pseudocommunication. Donc, pour que le Net puisse garder son extraordinaire pouvoir d’ouverture sur le monde sans nuire à l’adolescent, il est préférable qu’il demeure un moyen d’échange et de communication avec son entourage. Plutôt que d’interdire ou de critiquer son usage, il vaut mieux que les adultes en fassent l’objet d’un intérêt partagé, au minimum en s’intéressant à ce qu’en dit l’adolescent et au plaisir qu’il y trouve, ou, mieux, en demandant à l’adolescent de les initier à cette nouvelle technologie s’ils ne sont pas eux-mêmes très au fait de la façon dont le Net fonctionne.
Ce qui ne doit pas empêcher les parents de veiller à ce que l’usage de cet outil soit régulé en le restreignant en fonction de l’âge et de la maturité de l’adolescent. Il existe maintenant des moyens, certes toujours relatifs mais tout de même efficaces, d’interdire l’accès à certains sites, et les parents ont tout intérêt à s’en informer. Il est intéressant de voir combien le Net peut permettre à certains enfants qui ont de grandes difficultés à communiquer de trouver un nouveau moyen de communication tolérable par eux, parce que justement maîtrisable, sans liens émotionnels et physiques avec l’interlocuteur. Ce peut être un progrès pour eux. Pour ce type d’adolescents, il faut en accepter l’usage, même excessif, en espérant qu’ils puissent y devenir performants, ce qui deviendra peut-être, dans un deuxième temps, un atout qui leur permettra de mieux s’insérer dans la vie adulte.
Ce qui pourrait ne pas paraître souhaitable pour un adolescent qui a les moyens d’établir avec les autres une communication dite normale peut devenir une chance pour ceux qui souffrent sur ce plan d’un handicap. Cela n’exclut pas bien entendu, même dans ce dernier cas, que les adultes doivent faire effort pour s’immiscer progressivement dans un lien trop exclusif avec la machine.

Il délire. Est-il malade

Il délire. Est-il malade?

Le délire est l’expression d’un trouble grave du jugement qui aboutit, chez celui qui en souffre, à des convictions ne tenant plus compte de la réalité et ne pouvant faire l’objet d’un regard critique de sa part. Le délire n’apparaît vraiment qu’à l’adolescence, quand le sujet est suffisamment capable de différencier réalité et imaginaire. Avant cela, il est bien difficile de savoir jusqu’à quel point l’enfant adhère à ses constructions imaginaires. Le délire s’accompagne le plus souvent d’un sentiment
de persécution. L’adolescent qui en est affecté se sent suivi, menacé par une organisation anonyme ou connue, mais aussi par un ou plusieurs membres de son entourage proche, voire de sa famille, vis-à-vis desquels il peut se révéler dangereux. Le délire peut également avoir une tonalité mystique et passionnelle : l’adolescent se sent investi d’une mission, se prend pour un prophète ou tout
autre personnage religieux important. Il peut penser qu’il est le descendant caché d’un personnage célèbre et que sa véritable identité doit être révélée ; ou au contraire qu’il doit se cacher car on pourrait attenter à sa vie.

Si le délire se focalise sur une seule personne, il est potentiellement dangereux, car l’adolescent peut être amené à penser qu’en se débarrassant de cette personne, il va retrouver sa liberté. Celle-ci est toujours une personne importante sur laquelle l’adolescent investit beaucoup de choses. Elle devient pour lui porteuse d’une partie de son monde psychique qu’il n’accepte pas et qu’il projette sur elle. Cette part de lui-même peut être positive et idéalisée, auquel cas l’adolescent pourra développer un attachement passionnel, et parfois même se convaincre que cette personne est amou-
reuse de lui : c’est ce que l’on appelle « l’érotomanie ». Mais il s’agit le plus souvent d’une part négative, auquel cas l’adolescent croira au contraire que la personne sur laquelle il la projette le menace et le persécute. Le corps peut également être l’objet de constructions délirantes : l’adolescent a alors le sentiment qu’il subit des transformations anormales, transformations qui
concernent majoritairement l’identité et les organes sexuels.

Parce qu’il révèle un trouble grave de la relation à la réalité et traduit un trouble psychiatrique nécessitant un traitement spécifique dont font partie des médicaments psychotropes, le délire est toujours inquiétant et nécessite une consultation psychiatrique immédiate. Il existe des délires aigus, le plus souvent passagers, liés à la prise de toxiques, alcool et différentes drogues,
qui peuvent s’accompagner d’une très forte fièvre et se manifester par des propos délirants. Ils ne sont en réalité que le reflet d’une perte de contrôle sur soi-même, une sorte de rêve éveillé bien différent du vrai délire. Dans certaines familles isolées, en difficulté, entretenant de ce fait une méfiance compréhensible à l’égard d’un monde extérieur jugé hostile, si ce n’est dangereux, les parents peuvent être tentés d’adhérer, au moins un temps, aux propos délirants de l’adolescent.
Ce peut être aussi le cas quand se crée une complicité particulière entre l’enfant et l’un de ses parents, qui se met à partager de plus en plus sa méfiance à l’égard des autres. Cette complicité peut les entraîner dans un véritable délire à deux. Il devient alors nécessaire d’avoir recours à une intervention extérieure, parfois contre leur gré.

Ma fille est tout le temps fatiguée. Comment faire pour la motiver

Ma fille est tout le temps fatiguée. Comment faire pour la motiver?

Les adolescents se plaignent très fréquemment d’être fatigués. Comme toutes les plaintes relatives au
corps, celle-ci est plus le fait des filles que des garçons. Avec le début de la puberté, les maux corporels, qui concernaient environ 10% des filles et 10% des garçons, concernent désormais 40% des filles mais toujours seulement 10% des garçons. Les plaintes corporelles, â l’instar des caprices chez
l’enfant et des conduites d’opposition chez l’adolescent, sont l’une des modalités d’expression de l’insatisfaction comme mode de régulation de la distance relationnelle avec les personnes investies, en particulier les parents. Par la plainte, et plus particulièrement l’insatisfaction, l’enfant et l’adolescent expriment d’une part leurs attentes à l’égard des parents – et donc leur dépendance affective -, et d’autre part affirment leur pouvoir d’échapper à l’emprise des parents, puisque la plainte persiste.

Car le propre de ces plaintes est d’être, en général, répétitives et plus ou moins chroniques. C’est d’ailleurs souvent le cas de la fatigue, même si la perspective d’une épreuve, un examen par exemple, peut l’exacerber. Certes, la fatigue n’est pas toujours l’expression d’un malaise ou d’une tension intérieure de l’adolescent(e). Elle peut aussi être provoquée, ou du moins favorisée et entretenue, par une mauvaise hygiène de vie. L’insuffisance de sommeil en est fréquemment la cause, mais elle est elle-même souvent liée à des facteurs psychologiques, causes de stress et d’anxiété. C’est aussi le
cas d’une mauvaise répartition ou mauvaise qualité du sommeil (un coucher trop tardif, des réveils fréquents, des cauchemars à répétition). Des repas déséquilibrés, voire des régimes excessifs ou aberrants, des trajets fatigants et longs, la prise excessive de stimulants tels que le café peuvent également en être des facteurs favorisants. Bien sûr, la fatigue est parfois révélatrice d’une maladie. Mais son apparition est alors brutale, durable, associée à d’autres signes et nécessite au plus vite une consultation médicale. A titre d’exemple, les suites de maladies virales ainsi que certaines maladies endocriniennes s’accompagnent d’une fatigue qui peut s’étendre sur plusieurs mois, voire sur une année.
La fatigue habituelle à l’adolescence est à la fois plus discrète et plus spectaculaire, notamment dans la façon dont les adolescents s’en plaignent — la plupart du temps lors de situations particulières : examens, périodes préet postmenstruelles, etc. L’insatisfaction, les plaintes diverses et la morosité plus ou moins chronique qui l’accompagnent font partie de ce contexte suggestif d’une tension psychique et affective. Celle-ci est davantage le fait de désirs contradictoires de l’adolescente et des paradoxes propres à cet âge que d’une cause précise.

Selon les tempéraments, il n’est pas rare que cette fatigue évolue au cours de la journée. Ainsi, certaines personnalités, anxieuses, hésitantes, très scrupuleuses, ayant tendance à toujours tergiverser et perplexes dès qu’il s’agit de prendre une décision, sont volontiers victimes d’une fatigue matinale qui s’estompe dans la journée mais aussi, paradoxalement, de difficultés à aller se
coucher. Certaines manifestations psychosomatiques comme la spasmophilie peuvent être associées à ce type de comportement…
Comment répondre à cette fatigue ? Sûrement pas en refusant de la prendre en considération. Et encore
moins en la dramatisant. Le meilleur remède consiste à aider discrètement l’adolescent(e) à modifier certaines de ses habitudes de vie, à accorder une attention accrue à ses centres d’intérêt, ses peines ou ses difficultés. Cela n’exclut pas, si les plaintes perdurent, de recourir à un avis médical, voire à l’appoint de quelques médicaments légers. Toutefois, une fois éliminées les affections, notamment corporelles, il serait néfaste de chercher à médicaliser à tout prix ce type de comportements par des consultations répétées. Aussi est-il préférable de déplacer le besoin d’attention dont témoigne l’adolescente) sur des aspects plus positifs et plus verbalisés, qui pourront être développés lors d’une psychothérapie.

Il ment. Faut-il «passer l'éponge»

Il ment. Faut-il «passer l’éponge»?

Apartir de quand peut-on parler de mensonge ? Il y a en effet une très grande différence entre un ado-
lescent qui arrange un peu la réalité pour obtenir ce qu’il veut ou éviter une réaction parentale qu’il s’exagère d’ailleurs souvent, et un adolescent qui interpose la falsification d’une part plus ou moins importante de la réalité entre tout ou partie de son entourage et lui. Il faut donc bien distinguer le mensonge occasionnel du mensonge comme mode d’existence.

Dès qu’il devient important et régulier, le mensonge est le signe de l’organisation d’une distorsion de la personnalité affectant un adolescent qui se sent obligé de cacher une part plus ou moins étendue de lui-même au regard de ses parents, voire à toute sa famille, aux adultes en général, ou même à ceux de son âge. D’où vient cette obligation ? Elle est nécessairement liée à la croyance que cette part cachée de lui-même est à la fois inacceptable pour le ou les adultes en question et vitale, sinon indispensable, pour l’adolescent, qui ne peut concevoir d’y renoncer, en tout cas pour le moment. Le mensonge, quand il est devenu une façon d’être, c’est-à-dire quand il s’est organisé, de façon durable, comme l’unique modalité de réponse de l’adolescent, témoigne d’une grave perte de confiance : perte de confiance en soi et en sa capacité à affronter ses contradictions et autrui.
Mais également perte de confiance dans les autres, en particulier les parents, remise en question de leur capacité à accueillir et à répondre aux divisions de leur enfant. Un enfant ou un adolescent qui ment n’est pas seulement quelqu’un de débrouillard qui sait se tirer d’affaire, mais quelqu’un qui a peur. Manque de confiance et peur ne sont pas apparus en un jour. Il a fallu que s’installent chez l’enfant un léger décalage puis un véritable écart entre ce que l’on peut montrer et ce qu’il faut cacher, et cette part d’ombre n’a pu s’intégrer au reste de sa personnalité. Dans le malentendu qui s’est créé, il est bien difficile, après coup, de faire la part de ce qui a été favorisé par l’atti-
tude des parents ou par les difficultés propres de l’enfant. Crainte de représailles de la part des parents, mensonge d’un parent et sentiment de l’enfant d’avoir été trahi, conflit entre les parents qui pousse l’un d’eux à cacher délibérément à l’autre des choses importantes en faisant de l’enfant son complice… Les causes possibles en sont nombreuses et souvent enchevêtrées.

Le mensonge adopté par l’adolescent comme seule façon d’être illustre bien l’importance et les difficultés de l’éducation. Elle ne peut se passer de limites et d’interdits, mais ceux-ci, pour être efficaces, doivent pouvoir être intégrés et repris à son compte par l’enfant. Pour que ce soit possible, l’enfant doit en saisir la logique implicite et le bien-fondé. Il faut donc que tout com-
portement réprimé ou interdit par le parent le soit pour le bien de l’enfant, et dès lors que ce comportement soit d’abord dans un premier temps accueilli et reconnu par le parent. Car une répression trop sévère peut laisser l’enfant coupable ou honteux, comme s’il n’avait même
jamais dû avoir de telles pensées. Celles-ci peuvent alors rester enfouies, comme un corps étranger non assimilé et non digéré. De tels désirs resurgiront plus tard, notamment à l’adolescence, effrayants et monstrueux, et pousseront la personnalité de l’adolescent à se diviser en plusieurs, vécues comme inconciliables.
Cela dit, le fait d’être le complice de l’un des parents qui cache à l’autre un comportement ou des pensées qu’il a partagés avec son enfant peut avoir un résultat très semblable. A l’adolescence, un enfant qui a été lié à l’un de ses parents par cette sorte de pacte secret peut chercher à retrouver cette complicité au travers de conduites plus ou moins délictueuses qu’il lui faut cacher aux yeux du monde.
Il est difficile de sortir de ce genre de situations, car, dans les deux cas envisagés, elles sont vécues par l’intéressé sur un mode fusionnel, le reste de sa personnalité n’étant ressenti par l’adolescent que comme une adaptation sans doute nécessaire mais plus superficielle aux exigences du monde environnant.

La solution la plus efficace pour faire évoluer la situation est souvent la thérapie familiale. Elle peut être l’occasion pour l’adolescent de s’apercevoir qu’il a le pouvoir de cacher certaines choses à ses parents et que ces derniers n’ont pas celui de lire en lui comme dans un livre ouvert. Ainsi conçu, le mensonge, quand il ne concerne que de petites choses de la vie courante, rassure l’enfant sur son indépendance : il n’est pas indispensable que ses parents sachent tout de lui. Il n’a pas
bien sûr pour autant à être cautionné par les parents, caution qui lui ferait perdre toute sa valeur d’acte difîerenciateur. Mais la réaction qu’appelle la découverte de petits mensonges peut prendre un caractère presque ludique qui montrera que le parent n’est pas dupe et, en même temps, que ce petit mensonge n’est pas dramatique, d’autant que «faute avouée est à demi pardonnée». On peut espérer que cette intégration progressive d’un droit à cacher et à penser différemment, admis et reconnu par les parents, limitera le besoin de recourir au mensonge comme mode d’existence.

Elle est anorexique. Que faire

Elle est anorexique. Que faire?

Environ une jeune fille sur cent développe une anorexie mentale au cours de son adolescence, contre un
garçon sur mille. L’anorexie est un trouble du comportement alimentaire spécifique à l’adolescence. Elle débute le plus souvent dès les premiers signes de la puberté, ou vers 16-17 ans, au moment des dernières années du lycée, quand se profilent la perspective d’études supérieures et celle de la séparation d’avec le milieu familial. On l’appelle « anorexie mentale » parce qu’on ne lui trouve pas de causes organiques et qu’elle paraît être la réponse que trouvent à une situation de stress psycho-
logique des jeunes filles vulnérables, très soucieuses de leur image, avides de plaire et de réussir, mais peu sûres d’elles, perfectionnistes, toujours insatisfaites d’elles et de leurs résultats.

Elle est facile à reconnaître dans ses manifestations les plus typiques : une adolescente active, brillante, entreprenante se replie brutalement sur elle-même, se montre renfermée, irritable, puis se met à maigrir de façon spectaculaire. Elle ne mange plus, ne peut rester en place, pratique frénétiquement toutes sortes d’activités physiques, est obsédée par son poids et son apparence physique, se trouve toujours trop grosse. Très rapidement, ses règles, si elle les a, s’arrêtent.
En quelques semaines, son amaigrissement atteint plus de 20% de son poids initial. Il se poursuit inexorablement jusqu’à atteindre parfois 50% du poids normal de l’adolescente. Malgré tous ces signes, la réalité de l’anorexie et sa gravité sont facilement méconnues par l’entourage. L’apparente lucidité de la jeune fille, son intelligence, sa réussite scolaire, les justifications
qu’elle trouve à son état, ses promesses de se nourrir de nouveau font illusion et arrivent à convaincre ses parents, et souvent aussi le médecin consulté, que tout cela va spontanément s’arranger.

Pourtant, sans parler de son amaigrissement anormal, d’autres signes encore devraient les alerter qui montrent qu’à l’évidence il ne s’agit pas d’un simple régime amaigrissant, que l’adolescente est prise dans un processus qu’elle ne contrôle plus. Elle ne voit pas la gravité de son état physique, se juge toujours trop grosse et non seulement ne s’en inquiète pas, mais est hantée par la
peur de grossir et le désir de continuer à maigrir. Paradoxalement, elle ne pense qu’à la nourriture, collectionne les recettes, veut faire manger les autres et prépare les repas pour sa famille. Mais les siens durent des heures : elle trie les aliments, les mâchonne sans fin, oblige sa mère à bannir les mets jugés trop caloriques, etc. Simultanément, elle développe une hyperactivité considérable censée évacuer le trop-plein des calories absorbées : elle marche des heures, fait de la gymnastique,
saute d’un pied sur l’autre, monte et descend les escaliers cinquante fois de suite… Sa vie est un véritable calvaire où tout est surveillé, maîtrisé, contrôlé. Elle se tue littéralement au travail, refuse toute détente et semble paniquée par tout ce qui pourrait lui apporter du plaisir. Les adolescentes anorexiques souffrent souvent de manies et même de TOC, ainsi que de troubles du sommeil, surtout quand leur forme d’anorexie est dite restrictive, c’est-à-dire quand elles refusent absolument de se nourrir. D’autres adolescentes anorexiques ont en effet également des accès bouli-
miques, source d’angoisse et d’idées dépressives, qu’elles compensent immédiatement en se faisant vomir, en prenant des laxatifs en dose massive et par leur hyperactivité. Il n’est pas rare que ces accès boulimiques, qui ont lieu le plus souvent en cachette, s’accompagnent de vols de nourriture ou d’objets.

Quand l’anorexie est méconnue, on ne décide de recourir à une consultation spécialisée que tardivement, le plus souvent contre son gré, alors que l’amaigrissement a déjà mis l’adolescente en danger vital. Or, à ce stade de la maladie, les risques pour l’adolescente sont importants : 10% des anorexiques meurent soit de dénutrition, soit d’une maladie infectieuse foudroyante, soit, plus rarement, suite à une tentative de suicide. Ce n’est pas le seul risque encouru : un amaigrissement prolongé peut en effet avoir des conséquences sévères à long terme, notamment sur les os et les dents (déchaussement précoce, ostéoporose). L’anorexie a également d’importantes conséquences psychologiques, car elle agit comme une véritable drogue. Plus l’adolescente s’enferme dans son comportement anorexique et plus elle a des difficultés à en sortir, s’obligeant toujours plus à renforcer ses restrictions alimentaires.

L’anorexie devient alors chronique. Ce n’est pas seulement à son corps que l’adolescente impose un régime restrictif, y effaçant toute trace de féminité, c’est à l’ensemble de ses intérêts et surtout à sa vie affective, qui s’appauvrissent. L’anorexie s’étend, au-delà de la nourriture, à tous les appétits et à toutes les envies. Malgré ces risques, la majorité des adolescentes victimes d’anorexie va retrouver un poids et une alimentation normaux ou proches de la normalité ; les règles reviennent alors plus ou moins rapidement. Leur retour spontané (c’est-à-dire sans prescription d’hormones) est
probablement le meilleur signe de guérison, ce qui n’empêche pas que des difficultés psychologiques plus ou moins importantes persisteront chez bon nombre d’entre elles. Pourquoi une adolescente est-elle victime d’anorexie ? Un comportement aussi complexe que l’anorexie mentale ne relève pas d’une cause unique ; il est la résultante d’une pluralité de facteurs à la fois biologiques, psychologiques et environnementaux.

Sur le plan psychologique, les adolescentes qui développent ce type de comportement associent à un
ensemble de désirs et d’ambitions intenses une mauvaise estime d’elles-mêmes, un doute sur leurs capacités et leur valeur. Leur sentiment d’insécurité les rend particulièrement dépendantes du regard des autres : elles cherchent à plaire à leur entourage, quêtent son approbation et se préoccupent davantage de ce que l’on va penser d’elles que de leur satisfaction et de leur épanouissement personnels. Elles en arrivent à ne pas savoir exactement quels sont les centres d’intérêt qui leur sont propres : ce qu’elles recherchent avant tout, c’est être admirées, et c’est aussi pour cela qu’elles cherchent à être les premières. Elles ne supportent donc ni les conflits ni les critiques.
Dans ces conditions, on conçoit qu’il puisse exister un écart considérable entre l’apparence qu’offrent d’elles-mêmes ces jeunes filles et la réalité de ce qu’elles vivent. Elles ont pu être des enfants entreprenantes et sûres d’elles-mêmes mais, avec les conflits liés à la puberté, se révéler être des adolescentes indécises, incapables de faire le moindre choix sans un avis extérieur,
effondrées au premier échec. Elles ne retrouvent un sentiment de force et une certaine estime d’elles-mêmes que dans cette conduite d’ascèse qu’est l’anorexie, dans le refus de leurs appétits, l’évitement de tout plaisir et la contrainte de la privation.

Sur le plan environnemental, certains contextes familiaux semblent favoriser la survenue de l’anorexie. Si l’enfant sent une anxiété importante émaner de ses parents, il peut vivre dans la crainte permanente d’un danger d’autant plus inquiétant qu’il est indéterminé ; il aura alors tendance à réprimer ses désirs, surtout s’il les ressent comme violents, et à se soumettre aux attentes des autres au détriment des siennes. Ce climat d’anxiété entraîne également des comportements de contrôle, de vérification et de maîtrise qui s’opposent à la liberté et au plaisir partagé. Parce que cela les rassure, les parents anxieux valorisent souvent l’apprentissage et l’effort, amenant l’enfant à croire qu’il peut toujours faire mieux, et qu’il doit le faire pour être aimé. Parallèlement, leur anxiété les amène à se méfier de leurs émotions qu’ils pensent devoir être contrôlées pour qu’eux-mêmes n’en soient pas débordés : ils limitent donc leurs manifestations d’affection et de tendresse, se tenant physiquement à distance de leur enfant. Ces enfants se mettent eux-mêmes à réprimer en miroir leurs propres émotions envers leurs parents ; le manque qu’ils ressentent contribue à les rendre particulièrement réactifs au regard de leurs parents, et des autres en général, sur eux. Ils se sentent abandonnés si on ne les regarde pas, mais ont le sentiment d’une intrusion et d’une invasion si on se rapproche trop d’eux. Il y a une forte analogie entre leurs
relations affectives et ce que sera leur relation à la nourriture au cours de l’anorexie : ce sont des relations du « tout ou rien », qui oscillent entre osmose fiisionnelle et autosuffisance, comme entre boulimie et anorexie.
On a par ailleurs mis en cause dans l’anorexie les effets de la mode et de sa valorisation des mannequins filiformes, souvent androgynes. C’est un facteur qui peut la renforcer, mais dont il ne faut pas exagérer l’impact. On retrouve trace de l’anorexie mentale en tout temps, et elle a été reconnue comme trouble psychique dès la fin du xix’ siècle, époque où la mode était aux rondeurs
chez les femmes. De plus, vouloir être mince ne signifie pas que l’on va devenir anorexique. En revanche, les pressions liées à la réussite sociale, au culte de la performance et à la peur de l’échec peuvent contribuer, tant chez la famille que chez l’adolescente, à générer un stress
et une angoisse de ne pas être à la hauteur qui sont à la base des comportements anorexiques.

Mais qu’ils soient biologiques, psychologiques ou familiaux, ces facteurs ne sont pas spécifiques à l’anorexie et n’en prédisent pas la venue. Leur association crée tout au plus les conditions d’une vulnérabilité propice à la survenue de difficultés à l’adolescence, parmi lesquelles l’anorexie et la boulimie. La plupart des adolescents et adolescentes vulnérables ne vont pourtant pas présenter de difficultés particulières, voire vont se servir de leurs faiblesses pour réussir brillamment, déve-
loppant des conduites qui y fassent contrepoids, parfois excessives mais valorisantes, les rendant plus sûrs d’eux et moins dépendants des autres.
C’est à la puberté que tout se décide pour les adolescentes affectées d’une telle vulnérabilité, car elle conflictualise leurs relations, les confronte à leur ambivalence à l’égard de leurs parents et les contraint à prendre une distance nouvelle par rapport à eux qui les oblige à évaluer la mesure de leurs ressources propres et les renvoie à la mauvaise image qu’elles ont d’elles-mêmes. Pour
se rassurer, il leur faudrait se rapprocher affectivement de leurs parents, mais elles ressentent cette envie comme une menace de mise sous tutelle et de perte d’identité. La seule chose qui leur semble leur appartenir vraiment est leur refus, leur capacité d’autodestruction ; parallèlement,
leur état oblige leur entourage à s’occuper toujours davantage d’elles. Un comportement anorexique a donc une fonction de compromis assurant la permanence du lien aux parents tout en les tenant à distance du fait de leur impuissance à aider l’adolescente, qui ne peut ni se passer d’eux ni profiter de ce qu’ils lui apportent. Cette insatisfaction et cette impossibilité du plaisir partagé font du comportement anorexique un cercle vicieux.

Les conflits entre les parents, les séparations, la dépression ou la maladie de l’un d’entre eux peuvent constituer des facteurs aggravants susceptibles de renforcer l’angoisse de la jeune fille, surtout si l’un des deux parents cherche, sans toujours bien s’en rendre compte, à capter
à son profit l’affection de sa fille. Que ce soit le père dans une relation où son admiration pour sa fille, leur proximité affective et parfois physique créent une atmosphère dite « incestuelle », c’est-à-dire sans dimension sexuelle proprement dite, contrairement à l’inceste et aux abus
sexuels, mais suffisamment ambiguë pour troubler l’adolescente et la placer dans une situation de rivalité insupportable avec sa mère. Ou que ce soit la mère qui cherche auprès de sa fille la compréhension, le soutien et l’affection qu’elle ne trouve pas dans sa relation conjugale.
Les événements traumatiques de l’enfance et de l’adolescence peuvent également favoriser l’apparition
de l’anorexie : déceptions sentimentales ou déceptions venant des parents, deuils, échecs et, bien sûr, abus sexuels. Plus banalement et passant facilement inaperçu, le départ d’un frère ou d’une sœur aînés peut rompre l’équilibre qu’apportait à l’adolescente la relation qu’elle entretenait avec lui. Sans quitter la maison, il suffit parfois que ce frère ou cette sceur noue un lien amoureux pour provoquer cette perte de confiance de l’adolescente en elle-même.
Compte tenu de ces différents facteurs, les objectiS du traitement de l’anorexie sont triples :
– traiter le trouble de la conduite alimentaire ;
– traiter les troubles de la personnalité ;
– traiter les dysfonctionnements familiaux.
Traiter le trouble de la conduite alimentaire est la démarche prioritaire, car il a des conséquences physiques graves, parfois mortelles, une tendance à se renforcer lui-même et des effets psychologiques négatifs. Le traitement repose sur un contrat de poids : la patiente, ses parents
et le médecin se mettent d’accord sur une reprise régulière du poids par les moyens les plus naturels possibles. Dans certains cas, la patiente doit être hospitalisée et séparée totalement de son milieu habituel (ni visites, ni courrier, ni téléphone) jusqu’à ce qu’elle ait atteint le poids convenu, reprenant ensuite progressivement contact avec sa famille jusqu’à ce qu’elle sorte définiti-
vement lorsque le contrat de poids auquel elle s’est engagée est entièrement rempli. Elle n’est alimentée par sonde gastrique que si sa dénutrition est vraiment très importante et lui fait courir un danger mortel. Il existe dans les hôpitaux des services spécialisés dans ce type de traitements : ils articulent mesures d’encadrement diététiques et approches psychothérapiques. Les rechutes sont
fréquentes et ne sont pas forcément le signe d’un échec ; elles nécessitent de reprendre le protocole au début. L’intérêt du contrat et d’une éventuelle hospitalisation est de poser une limite à l’action aliénante du comportement anorexique : en fait, la contrainte extérieure soulage l’adolescente des contraintes intérieures qui la forcent à adopter ce comportement. Paradoxalement, cette contrainte est donc un facteur de libération, même si elle provoque la colère et l’opposition de l’adolescente.
Mieux vaut cette colère extériorisée que les contraintes intérieures qu’elle s’impose à elle-même.
Traiter les troubles de la personnalité est indispensable si l’on veut agir en profondeur sur les difficultés qui sont cause d’un comportement anorexique. Les psychothérapies en sont un des moyens d’action privilégiés. Leurs modalités sont fonction à la fois de la formation du thérapeute et de la personnalité des patientes. Il s’agit de restaurer la confiance et l’estime de soi de l’adolescente,
éventuellement au travers d’activités artistiques, les thérapies de groupe se révélant souvent au début plus acceptables et donc plus bénéfiques pour elle qu’un face à face avec le thérapeute. Il s’agit aussi de traiter les symptômes dépressifs ou anxieux associés à l’anorexie.
Les dysfonctionnements familiaux sont préexistants ou découlent du trouble, et jouent un rôle plus ou
moins grand dans leur entretien. Les traiter exige au minimum que les parents et l’adolescente consultent un psychothérapeute, et parfois qu’ils entreprennent une véritable thérapie familiale qui les aidera à la fois à ne pas se focaliser sur les symptômes alimentaires, à restaurer une communication peut-être difficile et à faire en sorte que chaque membre de la famille se sente doté
d’une identité propre qui ne soit pas menacée par une dépendance trop forte aux autres membres. Intégrer un groupe de discussion de parents d’enfants anorexiques peut également être bénéfique.
Ces différents traitements sont destinés à se compléter, et non pas des méthodes exclusives les unes des autres. L’important est que, dès le premier contact, son thérapeute montre à la patiente que quelque chose la pousse à restreindre ses appétits – pas seulement alimentaires — et à mettre en échec une partie au moins de ses désirs et de ses potentialités. Car les conséquences à long terme de l’anorexie sont bien plus psychologiques que physiques. Il s’agit donc d’aider l’adolescente
à se développer pleinement sans déséquilibre, c’est-à-dire sans que l’un des domaines de sa vie (par exemple, la scolarité) ne puisse se développer qu’au détriment d’un autre (son alimentation, son corps).
Il convient donc de permettre à ces patientes de retrouver plaisir à s’investir dans ce qu’elles entreprennent. Guérir l’anorexie mentale ne consiste pas simplement à leur faire reprendre du poids, même si c’en est une condition nécessaire, mais aussi à ce qu’elles puissent s’autoriser progressivement à ne plus réprimer ce qui leur fait envie, à échanger et à partager. Ce n’est
qu’ainsi que l’on évitera que se cristallise sur la nourriture leur problème de dépendance affective.

Ma fille est timide... Que faire

Ma fille est timide… Que faire?

La timidité n’est pas une maladie. Elle correspond habituellement à une réaction possible de l’adolescent face à une situation nouvelle qu’il a l’impression de ne pas bien contrôler. Envahissante et croissante, la timidité peut cependant révéler de graves difficultés qu’il faut savoir prendre en compte.
La timidité n’est pas propre à l’adolescence. Elle se manifeste plus particulièrement à certaines périodes du développement de l’enfant. La puberté en est un moment privilégié. On s’accorde à considérer comme le premier prototype de la timidité ce que l’on appelle «l’angoisse du 8e mois». C’est-à-dire cette période, située entre 6 mois et 1 an, où le bébé manifeste de la peur devant tout ce qui est étranger aux figures qui peuplent son environnement quotidien. Cela correspond à sa prise de conscience progressive de l’existence propre et distincte de lui des personnes qui lui sont familières,
en particulier de sa mère. Parallèlement, il prend conscience de son existence propre. Mais, en même
temps que cette prise de conscience, survient celle que sa colère et son agressivité s’adressent également à la personne qui lui donne du plaisir, des soins, et qu’il aime. Dans un effort pour protéger la personne aimée, l’enfant projette le mauvais sur l’étranger, l’inconnu. Il est frappant de constater que des bébés qui focalisent le mauvais sur un élément précis — par exemple la nour-
riture, dans le cas de l’anorexie précoce du nourrisson — n’ont pas cette peur de l’étranger et se montrent au contraire particulièrement avenants.

Par la suite, à certains moments clés de son évolution, l’enfant va retrouver des mécanismes semblables en tentant de projeter ce qui l’inquiète sur le non-familier. La timidité en est une manifestation. Ces moments clés correspondent à des périodes qui sollicitent particulièrement l’ambivalence des sentiments de l’enfant, c’est-à-dire la cohabitation de sentiments opposés tels
que l’amour et la haine, le désir de se rapprocher et le désir de repousser projetés sur une même personne, en général une personne à laquelle il est particulièrement attaché et dont il est très dépendant, de préférence la mère. Il est ainsi habituel de voir apparaître des phases de timidité entre 3 et 6 ans, au moment où l’enfant est tiraillé entre son désir de relation privilégiée avec sa
mère et l’envie de plaire et de séduire d’autres personnes, dont son père, mais avec la crainte que ces désirs nouveaux ne lui fassent perdre l’amour maternel, qu’il voudrait exclusif.

La timidité représente un compromis entre ces désirs contradictoires qui le conduisent à faire le contraire de ce dont il aurait envie : se mettre en retrait là où il aimerait être le premier et faire la conquête de ce monde nouveau qui le tente. Ce retrait attire l’attention, mais sur un mode masochiste : l’enfant attend inconsciemment de l’autre qu’il agisse comme il aurait aimé le faire, vienne vers lui et fasse preuve d’une attitude conquérante. Ce mouvement d’inversion du désir en son contraire est bien illustré par le fait que lorsque le timide arrive à dépasser sa timidité (parce qu’il a un peu bu, que l’ambiance s’y prête, qu’il a été mis en confiance ou pour toute autre raison), il est habituel qu’il, ou elle, se montre particulièrement prolixe, expansif, qu’il lui soit
même parfois difficile de trouver les limites, la bonne distance.

Il y a dans cette attente et cette mise en scène masochiste de la timidité quelque chose de plus spécifiquement féminin et désigné comme tel par notre culture : l’effarouchement qui s’accompagne d’une séduction faussement dissimulée. Peut-être est-ce pour cela que la question est venue naturellement sous la forme : « Ma fille est timide », et non pas « Mon fils est timide ». Chez la jeune fille, toute poussée de timidité correspond en général à des moments d’attrait accru pour le
père alors même que cet attrait apparaît contradictoire avec une importante dépendance affective à la mère.
Mais la timidité existe aussi chez le garçon ! Elle est d’ailleurs souvent ressentie comme quelque chose de féminin, sentiment qui ne fait que l’aggraver par ce qu’il implique de position passive d’attente. Ce sentiment s’explique probablement aussi parce que, pour l’adolescent, cette timidité s’adresse aux autres hommes, auxquels il aimerait plaire, pour recevoir d’eux ou leur dérober la force et le pouvoir qu’il leur prête.

L’adolescence est un moment privilégié d’expression de la timidité : la puberté vient exacerber l’ambivalence des sentiments ainsi que les désirs de séduction et de pouvoir. La sexualisation du corps ne fait qu’accroître désirs et craintes. Elle contribue à une implication particulière du corps qui se manifeste sous une forme spécifique à cet âge, même si elle peut perdurer bien au-delà : la rougeur.
Celle-ci est symbolique de la problématique de la timidité. Elle vient révéler au grand jour et aux yeux de tous ce que l’adolescente voulait cacher : qu’elle est affectée par la situation. Alors qu’elle voulait paraître froide et indifférente, la rougeur, mais aussi la gêne et la gaucherie propres à cet âge, viennent signaler à quel point elle se sent en réalité concernée par le regard des
autres. Et si elle se sent concernée, c’est bien parce qu’elle est en attente de ce regard. Mais au lieu d’être triomphale, cette attente se transforme de façon masochiste en désastre. Désastre qu’elle s’exagère, évidemment, mais que cette exagération ne fait qu’accentuer. De se sentir rougir aggrave le rougissement. La honte, autre émotion liée à la timidité et elle aussi spécifique à l’adolescence, est la traduction psychique du malaise physique.
La timidité est l’expression de la conscience par le Moi de sa faillite à maîtriser ses émotions et la révélation de sa faiblesse et de son impuissance à répondre aux exigences de ses idéaux. Ceux-ci se sont construits à partir de l’image idéalisée que l’adolescent a de la personne à laquelle il est le plus attaché et qui lui sert de modèle de référence.

Attention, cependant : il ne faut surtout pas dramatiser la timidité, réaction relativement naturelle qui a ses avantages, puisqu’elle aide l’adolescente à contrôler ses élans. A condition que celle-ci puisse progressivement dépasser sa gêne. Le meilleur moyen est qu’elle prenne confiance en elle et s’autorise à s’affirmer sans craindre pour autant de perdre l’estime, la protection et l’amour
de la ou des personne(s) dont elle redoute le jugement. Ces personnes étant le plus souvent ses parents, le dépassement est plus aisé à l’extérieur de la famille. C’est pourquoi il est utile d’inciter les timides à sortir du cocon familial. La surprotection, qui se veut bienveillante et compréhensive, est toujours néfaste et ne fait qu’aggraver la situation, renforçant la dépendance de l’intéressé(e). La meilleure aide que sa famille puisse apporter à un enfant timide est de savoir parfois, avec tact et mesure, forcer les choses et, en quelque sorte, lui prescrire de sortir pour se donner l’occasion du plaisir et de la valorisation qu’il désire mais qu’il n’ose pas s’accorder de lui-même.

Là où l’adolescent(e) craint inconsciemment l’interdit parental, la prescription du parent vient transformer en obligation ce qui est désiré. Le désir, paradoxalement, en devient plus acceptable.

Pourquoi déteste-t-il son corps

Pourquoi déteste-t-il son corps?

C’est un fait : un certain nombre d’adolescents n’aiment pas leur corps et ne sont pas à l’aise avec lui. Ce malaise peut aller jusqu’au rejet complet, voire jusqu’à une véritable haine soit du corps dans son ensemble, soit de l’une de ses parties. Cette focalisation du rejet est bien connue des psychiatres qui l’appellent dysmorphophobie, c’est-à-dire phobie (qui signifie peur mais aussi rejet) de l’apparence, de la forme. Les appendices naturels du corps (nez, oreilles, bouche, mains, pieds) ou les parties plus nettement sexualisées (seins, fesses, hanches) sont l’objet privilégié de ces rejets. L’acné, fréquente à cet âge, peut servir de point de départ à une réaction de rejet du visage et parfois du corps dans son ensemble. Il faut la traiter et éviter qu’elle ne devienne une obsession, souvent aggravée par le comportement paradoxal des adolescents, qui ne peuvent s’empêcher de toucher à leurs boutons tout en s’en reprochant les conséquences. Mais la silhouette, le poids, la taille peuvent également être l’objet de critiques qui prennent souvent un caractère obsédant. Les adolescents qui rejettent tout ou partie de leur corps ont le sentiment qu’ils ne pourront mener une vie heureuse tant que persistera ce qui leur apparaît comme une anomalie. L’intervention chirurgicale est de plus en plus souvent vécue par ces adolescents comme le seul recours possible. Mais le malaise est souvent plus difiiis : il se traduit par le besoin de cacher ses formes sous des vêtements trop
amples, la difficulté de se mettre en maillot de bain ou encore le besoin de porter les tenues les plus neutres possibles. Comme toujours, la réaction contraire peut être, en réalité, le signe du même malaise : les adolescents qui cherchent à attirer l’attention par une tenue vestimentaire, une coiffure ou des accessoires provocants n’acceptent pas mieux leur corps que ceux qui le camouflent. Il apparaît d’ailleurs plus maltraité que mis en valeur. Ce type d’attitude vise à provoquer l’étonnement, la gêne et la désapprobation, voire la peur. Ce n’est pas un hasard, mais bien l’expression du besoin de faire naître chez l’autre, celui qui regarde l’adolescent, un regard négatif sur son physique. Ce transfert permet à l’adolescent d’éviter de prendre à son compte le rejet de son propre corps.
Sous une forme plus atténuée, l’apparence de bien des adolescents éveille la perplexité ou l’irritation : c’est, là encore, un écho de leur malaise et de l’image qu’ils ont d’eux-mêmes. Font partie de cette difficile acceptation de leur corps en mutation la prédilection des adolescents pour le noir, couleur de deuil, les vêtements déchirés, les chaussures aux semelles démesurées. Sans
parler du goût pour les vêtements de coupe militaire que partagent même des antimilitaristes convaincus.

Le corps est le reflet des transformations psychiques de l’adolescence. Il est le révélateur de changements, concernant notamment la sexualité, qu’il n’est plus possible de nier. Cette « trahison » du corps, qui donne à voir plus qu’il ne serait souhaitable aux yeux de l’adolescent, sollicite particulièrement les tendances exhibitionnistes de l’individu. Le regard, le jeu de ce que l’on
montre et de ce que l’on cache, s’en trouvent surinvestis. C’est en général pour tenter de contrôler ce qui lui échappe que l’adolescent va choisir la fuite en avant et exhiber outrageusement un corps qui, dans l’excès même qu’il affecte, est une caricature de lui-même. Ce simulacre d’une fete du corps, qu’illustrent bien les modes adolescentes, n’est pas pour autant nécessairement négatif. Il est un aménagement possible, s’il se prête à une évolution ultérieure. Ce qu’il comporte
d’actif est préférable au retrait et au désinvestissement de l’adolescent vis-à-vis de son corps.
Mais le malaise peut aller au-delà de la seule tenue vestimentaire. L’adolescence est une période de la vie où se multiplient plus particulièrement toutes sortes d’attaques directes ou indirectes envers le corps : scarifications, brûlures de cigarettes, anorexie ou boulimie, et, bien sûr, tentatives de suicide. Remarquons que ces attaques du corps sont plus fréquentes chez les jeunes filles (trois fois plus de tentatives de suicide, dix fois plus de cas d’anorexie, quatre fois plus de plaintes concer-
nant des douleurs physiques, céphalées, maux de ventre, etc., que chez les adolescents de sexe masculin), mais plus graves chez les garçons (trois fois plus de suicides réussis, par exemple, chez les adolescents que chez les adolescentes).

Pourquoi le corps est-il l’objet privilégié de ces attaques? On perçoit aisément à quel point le corps joue un rôle de premier plan à l’adolescence, puisque son processus même est intimement lié aux transformations physiologiques de la puberté. Si l’adolescent peut se croire maître de ses pensées et
de ses idéologies, il subit son corps. Car il assiste, impuissant, à ses transformations, qu’il suit ou, au mieux, qu’il accompagne, mais dont il ne décide pas. Règles et premières éjaculations peuvent dès lors apparaître comme autant d’événements traumatiques. D’autre part, l’adolescent se voit contraint d’assumer un physique qu’il n’a pas choisi : il n’a pas choisi de naître garçon ou fille, d’être grand ou petit, brun ou blond, d’avoir des yeux, un nez, une bouche, des oreilles, etc., qui lui plaisent plus ou moins. Non seulement il ne l’a pas choisi, mais il en hérite. Le corps est en effet le fruit de l’union des parents : les ressemblances qu’on y devine sont la marque d’une appartenance familiale avec laquelle l’adolescent peut être en révolte. Chaque partie du corps, et surtout du visage, va faire l’objet de commentaires qui ont souvent pour effet d’exaspérer l’adolescent : « Tu as le nez de ta mère, les yeux de ton père, le sourire de ta grand-mère…» Y a-t-il quelque chose qui lui soit propre dans tout cela? Cet héritage peut être bien vécu si l’adolescent l’accepte et ne souffre pas de complexes trop importants. Mais s’il en est insatisfait, s’il a trop de comptes à régler avec ses parents, s’il a trop peu d’assurance, la tentation sera grande de vouloir se réapproprier ce corps hérité et subi, non pas en le mettant en valeur, ce qui supposerait que l’adolescent accepte sa filiation, mais en l’attaquant, en l’abîmant, en le déformant par le biais d’un « look » provocant (vêtements, coiffure), ou par ces marquages identitaires que sont les tatouages et le piercing, ou encore par toute autre forme d’agression. En attaquant ce qu’il a reçu de ses parents, l’adolescent se réapproprie un pouvoir égal au leur. En s’acceptant tel qu’il est, il signifie qu’il accepte aussi ses parents et ce qu’ils lui ont donné en héritage.

Cependant, dans le bouleversement que constitue l’adolescence, le corps demeure également un repère
tangible de la continuité du sujet. On se trouve alors devant ce paradoxe que le corps, du fait des modifications pubertaires, est le facteur principal des transformations qui affectent l’adolescent mais aussi un repère qui lui offre une certaine constance et demeure un garant de sa continuité.
Par ailleurs, le corps est tout à la fois ce qu’il y a de plus personnel et de plus intime, et ce qui demeure toujours quelque peu extérieur et étranger. Il obéit à l’individu, constitue son enveloppe protectrice, l’individualise et témoigne de sa continuité. Cependant, il constitue également une entrave aux désirs mégalomanes, limite et trahit celui auquel il appartient car il révèle par ses émois ce que ce dernier aurait voulu tenir secret. Il demeure le heu privilégié d’expression des
émotions. Il est langage et moyen de communication. Il donne à voir et contribue par là à assurer l’identité. Il est d’ailleurs remarquable que toute angoisse comporte une expression somatique.
En cas de conflit majeur d’identité, le corps peut servir à assurer le maintien d’une unité défaillante. La revendication du droit à la différence est un des moyens privilégiés dont dispose l’adolescent pour affermir une identité que ses conflits et sa profonde dépendance aux parents menacent constamment. Ce droit à la différence s’est essentiellement exprimé dans les années 50 et 60
par le biais de la revendication d’une sexualité différente. Actuellement, ce thème s’est déplacé sur le droit à disposer de son corps à sa guise, jusques et y compris dans ces formes extrêmes que sont le droit à le maîtriser ou à le détruire : le suicide, l’anorexie mentale, la mode punk, les multiples formes de soumission et d’offrande du corps à des fins sadiques, etc.

Ainsi, au travers du corps, hérité de l’union des parents, c’est la relation à ceux-ci qui se joue à nouveau. L’adolescent vit les transformations imposées de la puberté comme une actualisation de sa soumission infantile aux parents. Ceux qui ont mal résolu cette période et demeurent trop dépendants de leurs parents vont mal supporter cette confrontation et seront tentés d’y réagir d’une manière ou d’une autre.
En effet, ce corps en mutation, lieu essentiel d’expression des transformations de la puberté, effets de la physiologie et non du pouvoir du sujet, échappe à sa maîtrise, qui est un des acquis importants de « l’âge de raison » ou phase de latence. L’adolescent peut se croire maître de ses pensées et de ses idéologies, mais il subit son corps et assiste, impuissant, à ses transformations. Le corps est le représentant de la nécessité : « Tu es un garçon, tu es une fille, tu es ainsi, tu n’es pas autre-
ment. » Cette nécessité renvoie les adolescents à leur vécu de passivité et de dépendance à l’égard de leurs parents, et les conduit à les apostropher par un : «Je n’ai pas demandé à naître. » Ce corps étranger, qui perd avec l’adolescence sa familiarité, qu’il va falloir réapprendre à aimer et à accorder à son image de soi, est aussi un corps incestueux, porteur des désirs et fruit de l’union
des parents.
Pour toutes ces raisons et parce que le corps est un élément essentiel de l’identité, la question du rapport au corps est au cœur des difficultés de l’adolescence.

Il m'a volé de l'argent dans mon porte-monnaie. Faut-il sévir

Il m’a volé de l’argent dans mon porte-monnaie. Faut-il sévir?

Ce type de comportement est plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Il survient volontiers juste avant ou au début de l’adolescence, quand le garçon, qui n’a pas encore totalement quitté l’enfance, veut jouer au grand et pouvoir «se payer» ce dont il a envie. C’est en général dans le porte-monnaie maternel qu’il va puiser, peut-être parce qu’il est plus aisément accessible que le portefeuille du père, plus familier aussi. Ce choix est révélateur du fait que l’enfant se différencie mal de sa mère, qu’il se considère en quelque sorte comme une sorte de prolongation du corps mater-
nel. S’il lui manque quelque chose, il lui suffit d’aller se servir dans ce prolongement symbolique de la mère qu’est son porte-monnaie. Ce choix exprime donc combien le préadolescent reste encore dépendant de sa mère. On dirait que le pouvoir et la force qu’il cherche à acquérir demeurent pour lui des attributs maternels qu’il ne pourrait s’approprier sans les dérober. A cet âge, le père apparaît encore trop lointain, plus ou moins inaccessible, et s’en prendre à lui, plus transgressif et plus dangereux. Quand ce type de comportement survient plus tard chez l’adolescent, celui-ci se sert dans le portefeuille paternel, et dérobe des sommes nettement plus conséquentes que dans le porte-monnaie maternel.
Du fait de l’importance du lien de dépendance qui l’unit à ses parents, l’enfant a du mal à concevoir qu’il grandit, prend son autonomie et peut avoir des choses à lui, les demander et en discuter avec ses parents. Dans son esprit, ce qui est aux adultes, notamment l’argent, doit le rester et n’est pas pour lui. Pour le posséder, il ne peut que le voler, le prendre en cachette de ses parents. Il peut également avoir honte de désirer avoir de l’argent à lui et se sentir incapable d’en manifester le désir devant sa mère comme si c’était faire preuve d’une audace best online casino coupable et d’une impudeur qui appelaient un châtiment.

Un vol précoce, éventuellement répétitit, est un vol infantile, c’est-à-dire lié à la persistance d’un lien de dépendance infantile à la mère. Celle-ci peut l’encourager sans s’en rendre compte en maintenant une trop grande proximité physique avec son enfant, ce qui l’infantilise, ou en voulant trop le gâter, notamment en multipliant petits cadeaux et friandises qui donnent à l’enfant le sentiment que sa mère est comme une corne d’abondance, pleine de bonnes choses qu’elle peut
indéfiniment distribuer mais à son gré, comme elle le veut et quand elle le veut. Le père n’est guère consulté et se trouve très marginalisé dans ce type d’échanges. Un parent qui se rend compte que son enfant a volé de l’argent dans son porte-monnaie doit bien sûr ne pas accepter ce comportement et l’interdire, mais, simultanément, il doit aider l’adolescent à acquérir une réelle autonomie. Le rôle du père est alors primordial : c’est de lui que doit venir la double confirmation de l’inter-
dit et du droit de l’adolescent à désormais disposer d’attributs et de territoires qui soient à lui. Pour donner à l’adolescent le sentiment qu’il est assez grand pour commencer à gérer ses affaires et concrétiser ce changement, son père peut lui attribuer de l’argent de poche. Si ce type de comportement semble déjà s’être mué en habitude, il ne disparaîtra pas nécessairement dès la pre-
mière intervention. Il faut pouvoir rattraper les dérapages de l’adolescent, voire les sanctionner, tout en valorisant par ailleurs ce qui peut conforter sa confiance en lui. Il faudra surtout que ses parents s’interrogent sur la façon dont eux-mêmes se comportent dans la vie quotidienne et sur l’existence éventuelle d’une trop grande complicité entre l’adolescent et eux. Une thérapie familiale peut alors apparaître comme l’aide la plus appropriée.