Faut-il accepter les amours à la maison

Faut-il accepter les amours à la maison?

Savoir s’il faut accepter que son fils ou sa fille dorme sous le toit familial avec sa ou son petit(e) ami(e) est typiquement une question nouvelle, liée à révolution des mœurs. Car cela ne fait qu’une ou deux décennies que certains adolescents mènent une vie de couple, régulière ou intermittente, chez leurs parents. Auparavant, cela ne pouvait avoir heu que de manière clandestine.

Que répondre quand son enfant en fait la demande ?
A partir de quel âge peut-on l’accepter? Dans quelles conditions et avec qui ? Autant de questions auxquelles il serait bien hasardeux de vouloir donner une réponse unique. En effet, elle ne peut être donnée qu’au cas par cas, selon la situation familiale de chaque adolescent et les valeurs qui servent de référence à ses parents. Même si une évaluation « objective » et statistique des effets de
cette pratique sur le développement des adolescents ne saurait exister, on peut apporter aux parents, souvent dépassés par les événements et perplexes quant à l’attitude à adopter, quelques repères susceptibles de les aider :
— Vouloir avoir des relations sexuelles au domicile familial est une façon pour l’adolescent de les faire cautionner par ses parents.
— C’est également souvent un moyen inconscient de chercher à exciter leur curiosité, leur jalousie et, inversement, une manière d’exprimer l’intensité de sa propre curiosité à l’égard de leur vie de couple. Qu’ils le veuillent ou non, qu’ib en soient ou non conscients, les parents sont placés en situation de témoins et de ce fait engagés dans leur responsabilité, ce qui représente pour l’adolescent la caution morale dont nous avons parlé plus haut.
— La proximité parentale, justifiée par des raisons de commodité, de contraintes matérielles et financières, peut également être une façon d’imiter les parents. Il n’est cependant pas souhaitable d’aborder la question sous cet angle avec son enfant.
— Ses parents peuvent aider l’adolescent à se montrer prudent et à ne pas adopter trop aisément, comme s’ils étaient naturels et sans incidences, des comportements qui ne le sont pas. Accepter trop rapidement les choix amoureux de son enfant peut amener celui-ci à répondre en multipliant les ruptures, pour provoquer ses parents, ou, au contraire, à s’engager prématurément… Ou encore, accepter immédiatement le nouveau venu peut empêcher l’adolescent de revenir sur son choix. Cela peut aussi susciter sa jalousie, s’il a le sentiment que ses parents l’apprécient plus que lui-même, trouvent en lui le fils ou la fille qu’ils n’ont pas eus.
— Il apparaît donc plus sage de garder ses distances avec ces pratiques, d’éviter qu’elles ne soient trop précoces ou qu’elles ne deviennent normales et routinières. Poser quelques limites acceptables devrait suffire : par exemple, demander à l’adolescent d’attendre un certain âge, d’avoir déjà fait la preuve d’une certaine autonomie et d’une certaine maturité, de faire en sorte que cela n’ait de retentissement ni sur son travail personnel ni sur l’espace privé de chacun, que ce soit le sien, quand il veut se retrouver seul, ou celui de ses parents.

Évidemment, la façon dont les parents de l’autre adolescent vont réagir risque de compliquer la situation en introduisant des comparaisons et donc des rivalités parfois difficiles à gérer. Il pourra dans ce cas être judicieux de maintenir ses propres positions sans pour autant dramatiser, disqualifier ou diaboliser celles des autres parents s’ils adoptent une attitude différente…

C'est un égoïste. Il ne pense qu'à lui...Cela va-t-il passer avec le temps

C’est un égoïste. Il ne pense qu’à lui…Cela va-t-il passer avec le temps ?

L’égoïste est défini, de façon humoristique, comme «celui qui ne pense pas à moi»… Sous la boutade
se cache une certaine vérité. La personne qui reproche à l’adolescent son égoïsme l’exprime souvent d’une façon qui lui laisse à penser qu’il ne tient pas suffisamment compte d’elle. Le reproche risque alors d’installer une relation sadomasochiste de harcèlement réciproque entre l’adolescent et l’un de ses parents, si ce n’est les deux. La fréquence de cette situation fait apparaître l’égoïsme comme une forme de défense par laquelle l’adolescent tente d’échapper à ce qu’il ressent, à tort ou à raison, et souvent un peu les deux, comme une emprise parentale. Il crée une barrière protectrice, un rempart qui le protègent d’une soumission passive aux désirs de l’entourage.

Le traiter d’égoïste, c’est porter un jugement de valeur sur sa personne, en risquant de le dévaloriser et de renforcer son sentiment de persécution. Le plus souvent, la blessure narcissique que cela entraîne affaiblit le sujet et le pousse à se conforter dans son comportement. Mieux vaut tenter de déplacer le lieu du conflit en tâchant de poser des limites aux attitudes qui posent problème, plutôt que déjuger l’individu dans sa globalité. Par exemple, on peut décider en famille que les enfants participeront désormais à telle ou telle tâche, en essayant d’éviter une confrontation qui conduit en général à l’escalade entre l’adolescent et le parent le plus impliqué. Quand le blocage est trop important, faire appel à un tiers est toujours un moyen de dédramatiser
la situation. C’est l’intérêt des thérapies familiales.

L'adolescence est-elle toujours un cap difficile à passer

L’adolescence est-elle toujours un cap difficile à passer?

L’adolescence n’est jamais aussi simple qu’aiment le croire les adultes. Elle n’est pas faite que d’insouciance et d’irresponsabilité. Même si notre culture ne confronte plus les adolescents à des épreuves initiatiques pouvant mettre en danger jusqu’à leur vie même, l’adolescence demeure toujours,
sinon une épreuve, du moins un travail psychologique d’adaptation à une situation nouvelle. Adaptation d’autant plus nécessaire qu’elle concerne non seulement les relations avec l’environnement, mais aussi les changements physiques et psychologiques qui affectent l’adolescent lui-même. Il est difficile d’être à l’aise face aux adultes ou aux gens de son âge quand on est soi-même déstabilisé par un corps qui mue et une identité qui vacille, quand on est tiraillé entre la nostalgie de l’enfance et l’envie d’être ce que l’on n’est pas encore, à savoir un adulte. C’est pourquoi l’adolescence est bel et bien une crise.

Mais cette crise est beaucoup moins prise en charge par la société qu’elle ne l’était dans le passé. Le propre d’une société libérale, non pas tant sur le plan économique que sur le plan idéologique, est de laisser davantage l’individu face à lui-même en ce qui concerne l’organisation de sa vie et les valeurs auxquelles il choisit de se référer.
Simultanément, on assiste, avec la concentration de la population dans les villes, à un relâchement des liens avec la famille élargie. Tandis que la famille nucléaire (la famille restreinte) est soumise à de fortes tensions qui vont, dans près d’un cas sur deux, jusqu’à son éclatement et son éventuelle recomposition. Conjointement se multiplient les aménagements atypiques de la vie familiale et des modes de « parentalité » et de procréation. Cette implosion des modes traditionnels de la vie familiale s’accompagne, de façon en apparence quelque peu paradoxale, d’un mouvement de repli sur la famille. Mais il s’agit d’une famille reposant essentiellement sur des liens affectifs fortement individualisés qui n’est plus guère organisée par des «prêts à penser» culturels et idéologiques. Moins de famille donc, mais plus de liens familiaux. Avec des avantages : plus de richesse affective
personnalisée; et des inconvénients : plus de dépendance et l’ambivalence des sentiments que génère toute dépendance.

Du fait de ces mutations, aujourd’hui, il n’y a plus guère de consensus social sur les modalités d’éducation des enfants, la discipline, le fonctionnement de la vie familiale, les règles de vie. Il ne s’agit pas de plaider pour un retour en arrière, mais tout changement comporte ses risques. Cette absence de consensus contribue à renforcer la relation de désir, et donc de proximité, qui unit l’enfant et ses parents. Ceux-ci n’ont plus la possibilité de dire : «C’est comme ça parce que c’est
comme ça. C’est comme ça parce que ça a toujours été comme ça. Mes parents faisaient comme ça, les voisins faisaient comme ça…» Ce genre de justification approximative avait pourtant une utilité : celle de venir s’interposer entre le désir de l’enfant et celui des parents comme une limite «objective» ne dépendant du désir personnel ni des uns ni des autres. De nos jours, l’enfant va rapidement contester la position de ses parents et faire référence aux comportements différents des
parents de ses amis : «Justifie-toi. Le père de mon ami ne fait pas comme ça, pourquoi mets-tu des limites ici plutôt que là ? » L’arrière-fond de cette contestation est la croyance implicite que ce choix familial relève de

l’arbitraire et du désir du plus fort. L’enfant est donc impliqué très précocement dans les liens de désir qui existent entre ses parents et lui, avec la richesse que cela représente, mais au ssi avec l’inconvénient que les choix personnels des en fants et des parents sont sollicités directement – peut-être trop. Cela renforce la dépendance affective réciproque et l’enchevêtrement des liens. Ils ne sont plus protégés par l’effet médiateur, peut-être limité, m tais efficace, de la nécessité consensuelle qui venait s’intterposer entre eux.

Il ne faut pas voir dans cette dépendance un état pathologique en lui-même. On peut totit au plus y
reconnaître une sorte de vulnerabilité. Un certain nombre de créateurs et de self-madle men, cependant, ont ce même type de vulnérabilité. ILs tentent de reprendre leur destin en main, de se protéger de leurs besoins affectifs et de la dépendance qu’ils génètent en «s’autocréant» à travers leurs créations. Comme s’ils devenaient leurs propres géniteurs et : se passaient ainsi de leurs parents. C’est à l’adolescenc e que s’opère souvent ce basculement, qui peut donner lieu soit à un remarquable succès, soit à une conduite d’échec. Car à défaut d’être grands dans la réussite, certains adolescents peuvent choisir de le devenir dans l’échec:. Cela dépend pour beaucoup des rencontres, de leur qualité et de la façon dont l’adolescent les accueille. L »échec risque de le conduire à s’enfermer dans le refus, attitude devenue l’ultime défense d’une identité menacée d’effondrement. C’est là un des dangers majeurs qui guettent les laissés-pour-compte de notre société. Leur seul moyen d’exister réside dans cette carapace nihiliste, dans cette capacité de dire non, non plus seulement à leurs parents mais à l’ensemble des adultes. Cette attitude recouvre
des réalités psychiques très différentes, mais qui se dissolvent dans la permanence du refus de l’échange. L’insatisfaction chronique est alors le contrepoint de l’intensité de leur désir déçu.

Je fais des confidences à mon enfant. Cela peut-il le perturber

Je fais des confidences à mon enfant. Cela peut-il le perturber ?

La situation d’adolescent confident n’a heureusement pas toujours des effets néfastes, mais on peut dire qu’elle n’est jamais bénéfique. Les parents sont trop importants pour l’enfant et celui-ci naturellement trop dépendant d’eux pour qu’il ne soit extrêmement sensible a ce qu’ils n’empiètent pas trop sur son espace privé et qu’ils lui laissent des bases personnelles suffisantes pour une autonomie toujours difficile à conquérir. Traiter trop rapidement un adolescent comme un adulte, c’est lui imposer un rythme de développement trop rapide, qui ne s’adapte pas à la réalité de ses besoins propres. C’est lui voler son enfance et l’obliger à exclure ses désirs d’enfant du reste de son développement. La résurgence de ces désirs à l’adolescence risque de le désorienter en lui faisant ressentir comme enfantin, donc déplacé et inconvenant, ce qui n’est qu’infantile, c’est-à-dire à ce qui demeure de l’enfant en lui. Il risque aussi de se fermer sur lui-même, secret et isolé derrière les remparts qu’il s’est construits pour se mettre à l’abri des adultes, avec une vie affective en circuit
fermé, coupé des échanges avec les autres.

Le besoin de vérité concerne souvent ce qui fait l’essentiel de la vie des adultes, de leurs passions et de leurs échanges, c’est-à-dire leur vie amoureuse et les conflits familiaux. Vouloir dire toute la vérité, c’est faire de l’enfant le témoin de ce qu’il n’est pas à même d’accueillir avec les moyens de juger et le recul suffisants ; c’est aussi lui demander implicitement, ou souvent
explicitement, de prendre parti, notamment entre ses parents ou entre d’autres membres de la famille. C’est le déchirer dans ses attachements et ses fidélités et l’aliéner à des conflits qui ne devraient pas l’impliquer. C’est, de la part des parents, l’utiliser dans des règlements de comptes entre adultes.
C’est également l’amener à désidéaliser brutalement ses parents. Ceux-ci ne sont plus perçus comme la figure d’autorité qui lui donne confiance, protection et valorisation, et dont l’union, avec certes ses conflits, ses différences et ses oscillations, le rassure quant à ses propres possibilités de contenir ses tensions et ses conflits. Par exemple, le faire participer aux difficultés du couple
revient souvent à le confronter brutalement à un tableau caricatural avec, d’un côté, le bon parent, loyal, fidèle, représentant du devoir, et, de l’autre côté, le mauvais parent, volage, adepte du plaisir et du laisser-aller. C’est en l’adolescent lui-même que ce conflit, auquel nul n’échappe, risque de se rejouer d’une façon violente et destructive, comme si aucun compromis n’était possible.
Mais la vérité ne concerne pas que les conflits familiaux et les secrets de famille. Elle est aussi sollicitée par la question de la maladie et de la mort. Ce peut être celles des parents ou de membres de la famille, mais cela peut toucher l’adolescent lui-même. Le contexte est totalement différent des situations précédentes. Partager la vérité rapproche plus que cela ne divise. Il apparaît inutile de chercher à protéger particulièrement l’adolescent en lui cachant la réalité. Cela l’infantilise et montre que l’on doute de ses capacités à faire face et à gérer sa souffrance et ses inquiétudes. Le faire participer, avec tact et nuances, mais en l’associant à la démarche des adultes, est une forme d’initiation à la vie adulte. Cela lui donne un rôle actif et valorisant, tout en facilitant un échange plus vrai avec les adultes, ce qui lui permet de bénéficier efficacement de leur soutien.

Il se met en colère pour un rien. Comment réagir

Il se met en colère pour un rien. Comment réagir?

Cela n’est pas nécessairement bien grave, et pourtant tout parent pressent vite que cette colère
incontrôlable est le signe d’une souffrance et d’un échec préoccupants. L’impossibilité de se contenir est révélatrice de deux choses : si l’on ne peut pas se maîtriser, c’est que l’on est à bout, et si l’on est en colère, c’est que l’on est malheureux. Deux bonnes raisons pour que les parents s’en
préoccupent et n’abandonnent pas leur enfant à sa solitude. Il n’est bon ni pour l’entourage ni pour l’intéressé de supporter cette situation sans mot dire, sous prétexte que l’adolescent est comme cela, ou que c’est passager, ou encore qu’il souffre déjà suffisamment lui-même sans que l’on vienne en rajouter. Aucune tyrannie n’est bénéfique, ni pour le tyran ni pour ses victimes. L’adolescent est lui-même victime de ce qu’il ne peut contrôler en lui. Il n’est pas acceptable qu’un adolescent soit toujours en colère : s’il ne peut se contrôler, il doit être aidé et accepter d’aller cher-
cher les réponses adaptées à ses difficultés. Derrière la colère se cachent toujours des conflits.
Mais des conflits qui, en général, ne peuvent être formulés clairement; des conflits qui se nourrissent des paradoxes exacerbés par cet âge et des contradictions perçues comme impossibles à résoudre par l’adolescent. C’est aux parents de poser les limites que l’adolescent ne peut trouver lui-même et de chercher avec lui et avec l’aide de tiers appropriés les solutions qui s’impo-
sent : explications familiales, psychothérapie individuelle et/ou familiale, antidépresseurs ou calmants, éloignement de la famille, etc.

Mon enfant a de mauvaises fréquentations. Est-ce grave

Mon enfant a de mauvaises fréquentations. Est-ce grave?

C’est d’autant plus triste que les adolescents les plus influençables sont souvent ceux dont les attentes à l’égard de leurs parents, et des adultes en général, sont particulièrement importantes. Leur vulnérabilité, liée à leur sentiment intrinsèque d’insécurité et à la mauvaise image qu’ils ont d’eux-mêmes, les rend à la fois extrêmement dépendants de l’attitude des autres et complètement intolérants aux conseils et aux attentions de ceux auxquels ils sont le plus attachés, leurs parents. Car l’intensité même de ces attentes les fait réagir à tout rapprochement avec eux comme s’ils n’allaient plus être capables d’exister par eux-mêmes. Laissés libres, ils se sentent abandonnés; sollicités par leurs proches, ils se sentent envahis et même persécutés. Aussi vont-ils chercher hors de leur famille le soutien qu’ils ne peuvent y trouver, soit parce que les réponses y sont inadéquates, soit – et les deux ne sont pas incompatibles – parce que cette dépendance affective leur est intolérable.

Paradoxalement, ces adolescents vont bien souvent retrouver avec leurs amis cette dépendance qu’ils
fuyaient à la maison. Mais cela peut les entraîner à perdre leur libre arbitre, à se laisser influencer par un groupe ou un individu ayant un fort ascendant sur eux. Comment aider son enfant à sortir de ce type de relation? En privilégiant la confiance au sein de la famille. Plus des liens familiaux respectueux de la personnalité de l’adolescent et de sa singularité auront été établis, plus les conflits pourront être atténués et plus les possibilités de trouver une réponse adéquate à ses demandes affectives seront importantes.
Il vaut mieux également essayer de réagir rapidement, mais calmement, sans dramatiser et en faisant confiance à l’adolescent — à toute tentative d’accaparement excessif de ses amis. De quelle façon? D’abord par la discussion, une demande d’informations sur ce qui se passe, l’échange des points de vue et la mobilisation progressive de l’ensemble des membres de la famille. Par la suite, il peut se
révéler bénéfique d’avoir recours à des mesures d’éloignement et/ou de faire appel à la médiation d’un tiers, n’appartenant pas à la famille et de ce fait moins engagé affectivement dans la relation. Si cela ne suffit pas, on peut envisager de demander conseil à un psychologue, d’entreprendre une thérapie familiale, voire de faire intervenir la justice. Dans ce cas, toutefois, les parents doivent
être sûrs que leurs craintes ne sont pas l’expression d’une inquiétude compréhensible mais sans bases concrètes : elles doivent reposer sur des faits et des comportements qui mettent réellement l’adolescent en danger.
Si les mauvaises fréquentations sont une menace qui concerne les deux sexes, les adolescentes se révèlent souvent plus vulnérables. En effet, leurs attentes affectives se traduisent volontiers par une relation passionnelle hétéro- ou homosexuelle qui peut les rendre totalement dépendantes d’une personne parfois nettement plus âgée qu’elles. Cette relation passionnelle externe à la famille peut être la contrepartie, dans la famille, d’une relation très forte avec l’un des parents. La puberté rend ce lien impossible à gérer pour l’adolescente et peut la précipiter dans les bras d’un étranger. Ce qu’elle cherche, sans le voir, dans la relation sexuelle, plus que l’acte sexuel lui-même, c’est un contact presque primaire, de l’ordre d’un agrippement inquiet, qui n’est que l’ersatz d’impossibles retrouvailles avec le parent dont elle demeure si dépendante, trop dépendante.

Swimming - sport

Le sport lui prend tout son temps. Que faire?

Il n’est pas rare qu’un adolescent consacre la plus grande partie de son temps à une activité, par
exemple, le sport. Cette activité monopolise toute sa disponibilité, son intérêt et la majeure partie de son énergie. Comme tout excès, cela traduit pour partie un doute, des inquiétudes, voire des difficultés plus ou moins sérieuses dans les autres domaines négligés. Comme si l’adolescent, peu sûr de lui, trouvait ainsi un moyen de se rassurer sur sa valeur, un moyen de maîtriser une partie de sa vie alors qu’il peut craindre par ailleurs de perdre pied, de se sentir débordé par des ambitions qu’il ne peut réaliser.
Ce surinvestissement dans le sport, ou dans d’autres activités, offre l’avantage de permettre à l’adolescent de se valoriser dans une activité concrète, ancrée dans la réalité, qui peut faciliter les échanges avec les jeunes de son âge. Toutefois, il peut également présenter l’inconvénient, étant excessif, d’enfermer l’adolescent plus qu’il ne l’ouvre aux autres et de lui interdire d’autres
intérêts scolaires et sociaux. On sait, par exemple, que l’anorexie mentale peut se manifester, au début et pendant toute la durée de la maladie, par un besoin frénétique d’activité (marche ou jogging, notamment) qui progressivement tourne à vide, l’adolescent ayant pour seul but de se dépenser sans limites au détriment de tout échange ou de tout partage avec les autres.

C’est aux parents de poser les limites que l’adolescent ne peut trouver lui-même afin d’éviter que le sport ne devienne pour lui une sorte de drogue. Comme toute passion se déclenchant à l’adolescence,
celle-ci gagne à être inscrite dès le début dans une démarche qui ne soit pas solitaire, mais au contraire la plus socialisée possible. Il sera d’autant plus facile pour les parents d’y veiller qu’ils le feront tôt, parce que l’adolescent est alors plus sensible à leurs conseils et, surtout, parce qu’il ne sera pas encore enfermé dans sa solitude. Il n’est pas rare, cependant, que ce soient les parents qui favorisent l’engouement frénétique pour un sport. Dans l’incessante course aux performances qui régit actuellement notre société, certains même préparent dès leur plus jeune âge leurs enfants à entrer dans la compétition. Ce n’est certes pas une démarche solitaire, mais elle peut enfermer l’adolescent dans le seul objectif de la réussite, le rendre captif d’un projet parental qui n’est pas le sien, au détriment de son développement affectif et intellectuel. L’adolescence peut être un moment de révolte et de rupture dans cette marche programmée vers un destin conçu par d’autres. Ce n’est pas condamner la préparation de jeunes gens à un sport
de haut niveau que d’attirer l’attention de leurs parents sur les enjeux et les risques d’une démarche qui, aussi bien intentionnée soit-elle, peut être lourde de conséquences.

Elle s'est fait agresser au collège. Que faire

Elle s’est fait agresser au collège. Que faire?

Une situation d’agression est en tout point semblable à une situation de racket et appelle le même type
de réponse. Ces deux cas de figures sont révélateurs d’un échec total du modèle éducatif et d’un abandon des prérogatives essentielles de la civilisation, à savoir la protection de l’individu, le respect du droit et le refus de la loi du plus fort; ils sont également générateurs d’une possible crise de confiance dans les adultes de la part des adolescents qui en sont victimes. Les laisser se
perpétuer tant soit peu serait faire un pas de plus vers une forme de barbarie.

Ma fille a des phobies...Comment en parler avec elle

Ma fille a des phobies…Comment en parler avec elle?

On appelle « phobie » la peur irraisonnée de situations, d’objets, de personnes ou d’animaux parti-
culiers. Les phobies peuvent être très localisées – la peur des araignées, par exemple – ou beaucoup plus larges – la peur de la foule, la peur des contacts avec des personnes nouvelles. Les phobies sont très fréquentes, peu de personnes n’en ont pas souffert à un moment ou à un autre de leur vie. Elles font partie du développement normal de l’enfant et disparaissent souvent par la suite, mais elles peuvent réapparaître et prendre des formes nouvelles et plus importantes à l’adolescence.
Contrairement aux TOC (troubles obsessionnels compulsifs), les phobies affectent davantage les filles que les garçons.
Plus les phobies sont localisées, moins elles sont gênantes, car elles ont peu de répercussions sur la vie sociale. C’est le cas des phobies les plus courantes (celles qui concernent les petits animaux, par exemple). D’autres phobies également fréquentes, telle la phobie des espaces clos (appelée « claustrophobie ») ou son contraire, la phobie des espaces vides (appelée « agoraphobie ») sont déjà plus gênantes. Les phobies les plus contraignantes sont les phobies étendues, comme la peur du noir, de la foule, du téléphone, des contacts même temps, il a toujours peur de faire du mal à ceux qu’il aime, comme s’il pressentait ce que son désir de se dégager de l’emprise de l’anxiété parentale peut avoir d’agressif. C’est pourquoi il est non seulement nécessaire d’avoir recours à une aide extérieure pour soigner un adolescent qui souffre de TOC mais que ses parents eux-mêmes ont souvent également besoin de l’accompagner dans cette démarche.