Qu'est-ce que l'adolescence

Qu’est-ce que l’adolescence?

Le terme adolescence – du latin adoîescere : croître, grandir – désigne cette période de la vie de l’homme qui fait transition entre l’enfance et la vie adulte. L’entrée dans cette nouvelle phase est marquée par le phénomène physiologique qu’est la puberté. La fin, en revanche, en est plus difficile à déterminer. Et pour cause : elle ne coïncide pas avec celle de la puberté proprement dite. En effet, l’adolescence comme étape du développement de l’homme est un phénomène à la fois physique et psy-
chologique. Si ce sont les phénomènes physiques de la puberté qui l’introduisent, l’adolescence proprement dite comprend un volet psychologique et social essentiel. A cette maturité sexuelle nouvelle va correspondre la nécessité, pour l’adolescent, de devenir autonome par rapport à ses parents ou de s’y préparer. Cette autonomie nouvelle, souvent partielle et progressive, du moins de nos jours, représente un changement psychologique important et dépend fortement du contexte social et
culturel. Aujourd’hui, l’adolescence n’est pas plus comparable à ce qu’elle était aux siècles précédents qu’elle ne s’exprime pareillement dans les pays dits occidentaux, dans les pays de cultures différentes ou dans les sociétés dites primitives. Le phénomène pubertaire est pourtant
un processus toujours plus ou moins identique. Ce qui change, c’est la forme sociale et individuelle sous laquelle vont se manifester ces modifications. Ainsi l’adolescence est-elle à la fois un phénomène physique, la puberté, et un phénomène psycho-social : l’expression donnée par une culture particulière aux changements physiologiques qu’apporte la puberté à chaque individu.

Pourquoi l'adolescence débute-t-elle de plus en plus jeune

Pourquoi l’adolescence débute-t-elle de plus en plus jeune?

On constate, en effet, que la puberté commence de plus en plus tôt. Ainsi l’âge moyen d’apparition des premières règles est passé de 17 ans au milieu du XIXe siècle à 15 ans vers 1930; il est actuellement de 12 ans et demi. Beaucoup déjeunes accèdent, du fait de la libération des mœurs, de plus en plus précocement à la sexualité. Ils ont aussi une facilité d’accès inédite à des connaissances qui leur ouvrent le monde et développent leur esprit critique. Mais s’ils sont en avance sur ce plan-là, par rapport à leurs parents au même âge, sur le plan matériel et affectif, ils demeurent très dépendants de leur famille. On voit même se développer des comportements « pseudo-adolescents » chez déjeunes prépubères adoptant des attitudes qui miment celles de leurs aînés. Ces velléités d’imitation semblent favorisées par les images télévisées et les effets d’entraînement de groupe.

Néanmoins, on peut considérer qu’il s’agit plus d’une «pseudo-adolescence» que d’une véritable adolescence. Celle-ci nécessite l’intégration psychologique des effets des changements corporels de la puberté sur l’individu lui-même et sur ses relations avec les autres, notamment avec ses parents. Ce démarquage de comportements adolescents par des préadolescents est souvent passager. Il est habituellement sans conséquences et disparaît avec les premiers effets de la puberté. Cependant, il ne faut pas l’encourager, car un comportement «faux» n’est jamais bénéfique. Il peut parfois avoir des effets négatifs en piégeant l’enfant dans des attitudes de provocation, voire de séduction pseudo-sexuelle. Ces comportements l’empêchent de satisfaire les besoins affectifs correspondant à son âge, bloquent ses apprentissages et le figent dans l’image négative de lui-même que lui ren-
voient les adultes. Un enfant qui commence son adolescence trop précocement et adopte ce type d’attitudes peut être manipulé par un adulte à des fins perverses ou intégré dans une bande dont il deviendra éventuellement la mascotte. Cette situation lui donne un status qui, certes, le valorise sur le moment, mais qui se fait au détriment des acquisitions scolaires, affectives et morales, et qui compromet son avenir.

Quand l'adolescence commence-t-elle et quand se termine-t-elle

Quand l’adolescence commence-t-elle et quand se termine-t-elle?

Le début de l’adolescence est relativement facile à déterminer : il correspond aux premières manifes-
tations de la puberté, c’est-à-dire aux premières expressions des caractères sexuels dits secondaires.
En revanche, la fin de l’adolescence est beaucoup plus difficile à délimiter. On ne la détermine plus en référence à un phénomène physiologique, la puberté, mais à un phénomène psychologique, individuel et social.
Elle varie donc avec le temps, les modes d’organisation sociale et les cultures. Il faut faire appel à l’histoire pour illustrer la constance de la puberté opposée à la diversité de l’adolescence proprement dite, expression psycho-sociale de la première. On ne peut qu’être frappé par la permanence avec laquelle les sociétés ont pris soin d’encadrer soigneusement ce passage de l’enfance à l’âge adulte, comme si toutes pressentaient ce que cette période de mutation, de flottement, comporte d’ouverture possible et donc de danger potentiel pour la transmission de la culture. Elles
ont cherché à l’organiser en offrant aux adolescents un modèle «initiatique», à la fois balisage du chemin à parcourir et figuration de la transformation qui les affecte. Pendant longtemps, l’entrée dans la vie active et l’engagement conjugal ont scellé la fin de l’adolescence. Jusqu’à ces dernières décennies, un certain nombre d’épreuves et de cérémonies venaient scander les étapes de l’adolescence et avaient valeur de rites initiatiques : la communion solennelle, préfiguration du mariage
– surtout pour les filles -, le service militaire pour les garçons, mais aussi certains examens scolaires, comme le certificat d’études qui, dans la première moitié du XX’ siècle, équivalait, pour une majorité d’élèves, à une entrée immédiate dans la vie professionnelle, rôle du baccalauréat par la suite.

Le contexte social des dernières décennies a beaucoup changé et a contribué à donner aux adolescents
une place de plus en plus importante. Il correspond à l’adolescence des enfants du « baby-boom» de l’après-guerre et à l’émergence d’une « classe des jeunes» : les teen-agers. En effet, cette explosion démographique coïncide avec un allongement du temps de l’adolescence et une dissociation croissante entre adolescence et temps physiologique de la puberté. Si la puberté s’annonce, sinon toujours comme une crise, du moins comme le point de départ d’un indéniable changement, la fin de l’adolescence serait plutôt, à l’opposé, l’affirmation progressive, à l’instar des traits physiques, des traits de caractère et des assises affectives et professionnelles. Cette affirmation, en tant qu’elle est réduction des multiples possibilités qu’offre l’adolescence, sera toujours plus ou moins bien vécue.
L’adolescence aura donc une forte propension à s’étirer dans une postadolescence qui prolonge indûment ce moratoire entre la dépendance de l’enfant et les engagements de l’adulte. On assiste, en effet, à une prolongation de ce que l’on a appelé «les statuts transitoires», qui concernent aussi bien les études, le mariage, le premier enfant que le logement. Ces postadolescents, de plus en
plus nombreux, restent au domicile parental de plus en plus longtemps. Selon l’INED (Institut national des études démographiques), à 18-19 ans, la grande majorité des jeunes vivent toujours au domicile familial. Entre 20 et 24 ans, 50% des filles et 60% des garçons habitent encore chez leurs parents, et 14% des jeunes se réinstallent dans leur famille au cours des cinq années qui suivent le départ de la maison familiale (chiffres pour l’année 2000). L’allongement de la scolarité, l’entrée de plus en plus tardive dans la vie professionnelle et/ou maritale participent également de cette tendance. Mais le facteur le plus déterminant paraît être le moratoire imposé par le flou et l’indétermination du mode de vie futur de l’adolescent. Car c’est la première fois, dans l’histoire de l’humanité, qu’à une si grande échelle, le destin d’une génération n’est pas perçu comme devant être pour l’essentiel une répétition à l’identique du mode de vie de la génération précédente.

L’allongement de l’adolescence conduirait donc à une dissociation de plus en plus marquée entre la
puberté, étape physiologique de la maturation corporelle dont l’importance se relativiserait, et le phénomène essentiellement psychosocial qu’est l’adolescence proprement dite. Simultanément, les rapports parents-enfants changent profondément ; les barrières intergénérationnelles s’effacent. La plus grande liberté des mœurs, la fragilisation des limites et des interdits, la dilution des valeurs
conjuguent leurs effets avec ceux de l’accroissement des exigences de réussite individuelle. Cet ensemble de facteurs expose davantage l’adolescent, confronté à ses seules ressources personnelles, et l’empêche de trouver, dans la soumission aux contraintes ou l’adhésion aux valeurs de la société, une voie toute tracée d’expression de ses besoins de dépendance et de sécurité. Besoins qui vont, de ce fait, s’exprimer au grand jour d’autant plus violemment.

En ce qui concerne la famille, l’évitement des conflits et la perte de la médiation que représentait le consensus social sur les règles de vie favorisent la création d’une ambiance familiale pseudo-consensuelle et l’enchevêtrement des générations. S’y ajoutent les effets du contrôle de la procréation, qui permettent de programmer la naissance et de choisir le nombre d’enfants. Dès lors, l’enfant voulu, presque choisi, peut faire l’objet d’un surinvestissement de la pan de ses parents. Plus qu’autrefois, il est en contact avec leur vie privée, leurs états affectifs, et il n’est pas rare qu’une fois adolescent, il soit associé à leur intimité, voire que ceux-ci, dans un souci de transparence, le mettent au courant des aléas de leur vie privée, abolissant ainsi la différence des générations. Il s’ensuit une certaine « parentification » des enfants, utilisés à des fins de réassurance affective. Les parents peuvent chercher en eux une compensation à leurs difficultés personnelles, qu’elles soient professionnelles, amoureuses ou familiales. Tout ceci contribue à renforcer une situation d’osmose émotionnelle entre l’enfant et ses parents qui accentue la dépendance affective du premier sans qu’aucune limite ne vienne plus s’interposer. Ce phénomène est encore aggravé à l’adolescence par le fait que les parents d’adolescents sont souvent confrontés à leur propre crise, celle du milieu de la vie.
L’adulte essaie de surmonter sa dépression en reportant ses conflits sur ceux de l’adolescent, le considérant comme un prolongement de lui-même ou comme un représentant parental. Cela explique pourquoi les parents refusent de plus en plus d’entrer en conflit avec les adolescents. Ils veulent avant tout trouver en eux un soutien et la confirmation qu’ils sont de bons parents. En agissant ainsi, ils privent l’adolescent de son agressivité, empêchent sa quête, parfois violente, mais nécessaire, d’autonomie et la conquête d’un monde qui soit à lui et non pas confondu avec celui de ses parents. On l’aura compris : dans l’intérêt porté à l’adolescent se cache souvent le regard nostalgique de l’adulte qui essaie de retrouver sa propre jeunesse, voire de vivre ses désirs à travers l’adolescent, pervertissant ainsi sa relation avec lui. On peut donc considérer que l’accroissement numérique de la classe des «jeunes », comme l’évolution libérale de la société, ont mis en cause les règles éducatives qui régissaient jusqu’alors les rapports entre les générations. De nouvelles formes de médiation sont apparues pour gérer à la fois la distance relationnelle et les conflits de générations. Le domaine de la psychologie en représente une des variantes.

L'adolescence est-elle toujours un cap difficile à passer

L’adolescence est-elle toujours un cap difficile à passer?

L’adolescence n’est jamais aussi simple qu’aiment le croire les adultes. Elle n’est pas faite que d’insouciance et d’irresponsabilité. Même si notre culture ne confronte plus les adolescents à des épreuves initiatiques pouvant mettre en danger jusqu’à leur vie même, l’adolescence demeure toujours,
sinon une épreuve, du moins un travail psychologique d’adaptation à une situation nouvelle. Adaptation d’autant plus nécessaire qu’elle concerne non seulement les relations avec l’environnement, mais aussi les changements physiques et psychologiques qui affectent l’adolescent lui-même. Il est difficile d’être à l’aise face aux adultes ou aux gens de son âge quand on est soi-même déstabilisé par un corps qui mue et une identité qui vacille, quand on est tiraillé entre la nostalgie de l’enfance et l’envie d’être ce que l’on n’est pas encore, à savoir un adulte. C’est pourquoi l’adolescence est bel et bien une crise.

Mais cette crise est beaucoup moins prise en charge par la société qu’elle ne l’était dans le passé. Le propre d’une société libérale, non pas tant sur le plan économique que sur le plan idéologique, est de laisser davantage l’individu face à lui-même en ce qui concerne l’organisation de sa vie et les valeurs auxquelles il choisit de se référer.
Simultanément, on assiste, avec la concentration de la population dans les villes, à un relâchement des liens avec la famille élargie. Tandis que la famille nucléaire (la famille restreinte) est soumise à de fortes tensions qui vont, dans près d’un cas sur deux, jusqu’à son éclatement et son éventuelle recomposition. Conjointement se multiplient les aménagements atypiques de la vie familiale et des modes de « parentalité » et de procréation. Cette implosion des modes traditionnels de la vie familiale s’accompagne, de façon en apparence quelque peu paradoxale, d’un mouvement de repli sur la famille. Mais il s’agit d’une famille reposant essentiellement sur des liens affectifs fortement individualisés qui n’est plus guère organisée par des «prêts à penser» culturels et idéologiques. Moins de famille donc, mais plus de liens familiaux. Avec des avantages : plus de richesse affective
personnalisée; et des inconvénients : plus de dépendance et l’ambivalence des sentiments que génère toute dépendance.

Du fait de ces mutations, aujourd’hui, il n’y a plus guère de consensus social sur les modalités d’éducation des enfants, la discipline, le fonctionnement de la vie familiale, les règles de vie. Il ne s’agit pas de plaider pour un retour en arrière, mais tout changement comporte ses risques. Cette absence de consensus contribue à renforcer la relation de désir, et donc de proximité, qui unit l’enfant et ses parents. Ceux-ci n’ont plus la possibilité de dire : «C’est comme ça parce que c’est
comme ça. C’est comme ça parce que ça a toujours été comme ça. Mes parents faisaient comme ça, les voisins faisaient comme ça…» Ce genre de justification approximative avait pourtant une utilité : celle de venir s’interposer entre le désir de l’enfant et celui des parents comme une limite «objective» ne dépendant du désir personnel ni des uns ni des autres. De nos jours, l’enfant va rapidement contester la position de ses parents et faire référence aux comportements différents des
parents de ses amis : «Justifie-toi. Le père de mon ami ne fait pas comme ça, pourquoi mets-tu des limites ici plutôt que là ? » L’arrière-fond de cette contestation est la croyance implicite que ce choix familial relève de

l’arbitraire et du désir du plus fort. L’enfant est donc impliqué très précocement dans les liens de désir qui existent entre ses parents et lui, avec la richesse que cela représente, mais au ssi avec l’inconvénient que les choix personnels des en fants et des parents sont sollicités directement – peut-être trop. Cela renforce la dépendance affective réciproque et l’enchevêtrement des liens. Ils ne sont plus protégés par l’effet médiateur, peut-être limité, m tais efficace, de la nécessité consensuelle qui venait s’intterposer entre eux.

Il ne faut pas voir dans cette dépendance un état pathologique en lui-même. On peut totit au plus y
reconnaître une sorte de vulnerabilité. Un certain nombre de créateurs et de self-madle men, cependant, ont ce même type de vulnérabilité. ILs tentent de reprendre leur destin en main, de se protéger de leurs besoins affectifs et de la dépendance qu’ils génètent en «s’autocréant» à travers leurs créations. Comme s’ils devenaient leurs propres géniteurs et : se passaient ainsi de leurs parents. C’est à l’adolescenc e que s’opère souvent ce basculement, qui peut donner lieu soit à un remarquable succès, soit à une conduite d’échec. Car à défaut d’être grands dans la réussite, certains adolescents peuvent choisir de le devenir dans l’échec:. Cela dépend pour beaucoup des rencontres, de leur qualité et de la façon dont l’adolescent les accueille. L »échec risque de le conduire à s’enfermer dans le refus, attitude devenue l’ultime défense d’une identité menacée d’effondrement. C’est là un des dangers majeurs qui guettent les laissés-pour-compte de notre société. Leur seul moyen d’exister réside dans cette carapace nihiliste, dans cette capacité de dire non, non plus seulement à leurs parents mais à l’ensemble des adultes. Cette attitude recouvre
des réalités psychiques très différentes, mais qui se dissolvent dans la permanence du refus de l’échange. L’insatisfaction chronique est alors le contrepoint de l’intensité de leur désir déçu.

L'adolescence est-elle une période de crise

L’adolescence est-elle une période de crise?

Oui, l’adolescence est nécessairement une période de crise : on ne peut plus être après comme on
était avant. Elle impose un changement physique, mais aussi psychologique, à chacun. Changement important puisque l’enfant dispose désormais d’un corps adulte capable, en particulier, de procréer. Changement rapide également, parfois spectaculaire. Le caractère inéluctable de ce changement et la pression psychologique qui en découle donnent à l’adolescence ce caractère de crise. Il est nécessaire qu’aux changements corporels correspondent des modifications psychiques. L’adolescent doit à la fois intégrer son nouveau corps et modifier ses relations avec ses parents. Si son caractère et son com-
portement étaient les mêmes à la fin de l’adolescence qu’au début, cela représenterait une régression à une situation infantile.

Mais crise ne veut pas dire nécessairement manifestations spectaculaires, bruyantes ou violentes, ni même situation de conflits répétés. Elle n’est pas plus synonyme de souffrance inévitable. Le changement n’est pas nécessairement douloureux. Il s’accompagne même souvent, à cet âge, d’un sentiment de liberté, de délivrance des carcans de l’enfance, d’enthousiasme devant les possibilités et les plaisirs nouveaux qui s’offrent à l’adolescent, notamment en matière d’amitiés et de relations amoureuses.
II faut cependant reconnaître que ce changement forcé vers un état adulte, qui, à notre époque, tarde de plus en plus à venir, comporte trop d’incertitudes sur l’avenir, trop de sentiments contradictoires concernant le présent pour être vécu aussi heureusement que les adultes aimeraient le croire, oublieux de leur propre mal-être à cet âge. Mais les moments de doute, de flottement, de malaise ne sont pas un drame, et encore moins une maladie. Certes, la majorité des adolescents
auront à vivre une crise qui durera quelques années, avec des moments plus critiques que d’autres. Car ils vont subir une mutation physique, psychologique et sociale qui va changer leur façon d’être, leur image d’eux-mêmes et leurs relations à eux-mêmes, aux autres et au monde. Ces mutations, cependant, se dérouleront, pour la plupart d’entre eux, sans «crise» majeure, que ce soit pour eux ou aux yeux des autres. Que se passe-t-il par contre pour les 15 à 20% d’adolescents qui vont vivre une adolescence «difficile»? L’enquête européenne quadriennale, réalisée auprès des jeunes âgés de 11 à 15 ans et conduite en France par le CFES (Centre français des études sociales), a montré la
remarquable constance de leurs opinions et attitudes ces deux dernières décennies. Ils expriment en moyenne une impression de bien-être, se disent à 87 % heureux et ont confiance en eux à 73%. Mais il ne s’agit là que d’une moyenne ; en réalité, l’indice de confiance chute sensiblement — de près de 20% – entre l’âge de 11 ans et celui de 15 ans.

Cette enquête illustre parfaitement ce qu’observent médecins et psychologues : l’effet négatif sur l’image de soi et, en miroir, du monde qu’induit la puberté. L’adolescence réactive plus particulièrement ce qui demeure en nous d’insécurité intérieure et de dépendance affective aux parents. L’enfant arrive en effet à la puberté avec des besoins de dépendance plus ou moins importants selon la nature de son sentiment de sécurité intérieur et de sa confiance en lui. Certes, confiance et sécurité sont toujours relatives : nous avons tous besoin d’un apport extérieur qui vienne soutenir nos ressources intérieures. Mais chez ceux qui vont être massivement tributaires d’une présence extérieure pour assurer leur équilibre interne, cette présence, en particulier celle des parents, devient l’enjeu de nombreux conflits au moment de l’adolescence. Ces conflits nais-
sent parce que cette présence se sexualise et parce que la dépendance affective à l’entourage est contradictoire avec la nécessité de devenir autonome. C’est à ce moment-là que les adolescents vont ressentir le besoin des autres comme une pression et une contrainte d’autant plus insupportables qu’ils vont souvent les percevoir comme venant de l’entourage.
L’expression la plus commune de ce changement concerne les relations d’intimité avec l’entourage
proche. Tout se passe comme si on assistait à une soudaine réduction de la distance entre l’adolescent et ses parents. L’adolescent a l’impression que son espace est brutalement envahi par leur omniprésence. Il a le sentiment d’une invasion et d’une promiscuité permanentes, comme si le seul fait qu’ils soient là impliquait un contact physique, source de réactions de rejet, voire
de dégoût. On dirait que l’adolescent vient juste de remarquer que ses parents sont pourvus d’un corps, dont il se met à percevoir ce qu’il juge être les défauts, et dont la seule pesanteur ou, par exemple, les odeurs qui en émanent sont volontiers source d’irritation, jugées intolérables. Du jour au lendemain, l’adolescent refuse les câlins et les baisers, même de convention, dont il pouvait jadis être si demandeur.
C’est l’époque où le familier est volontiers synonyme de repoussant. Cette mise à distance physique va souvent se traduire, au sein même du territoire familial, par une redistribution de l’espace : évitement de la chambre parentale, fuite des espaces communs, recherche d’un espace privé, enfermement dans la chambre, utilisation d’espaces extra-familiaux (domicile des amis, lieux publics, etc.).

Les proches de l’adolescent sont ainsi l’objet d’un phénomène d’attraction-répulsion d’autant plus marqué que la relation antérieure était plus intense et plus chargée d’attente. Ce phénomène peut concerner directement la personne investie (en général un parent) ou porter sur des attributs de cette personne, métier, valeurs, idéaux… On retrouve au minimum ce type de comportement dans les conduites d’opposition ordinaires. Mais il suffît d’un éloignement, même minime, pour que l’adolescent se laisse aller et exprime au grand jour ce qu’il est obligé de réprimer avec le parent incriminé, comme le prouvent la disparition de toute opposition et la serviabilité dont il fait preuve chez les parents de ses amis, ou encore la spontanéité de l’expression de ses émotions lorsqu’il se trouve avec l’un de ses grands-parents.

Les conduites d’opposition sont, en effet, une des formes privilégiées de ce nouvel aménagement de l’espace familial. Elles occupent toute la gamme des comportements possibles, de la simple bouderie de l’adolescent à l’agression directe de l’un ou des deux parents. Ces conduites d’opposition s’étendent aussi du besoin de se créer un espace préservé plus ou moins secret, du désir de s’enfermer dans sa chambre ou de saisir toutes les occasions pour quitter la maison familiale, à la fugue ou à l’errance dans les cas extrêmes. À côté de ces comportements plus ou moins provisoires, l’adolescence est riche d’attitudes contrastées qui ont donné naissance à des comportements suffisamment stables et durables pour être à l’origine de modèles identitaires de l’adolescent. On connaît les stéréotypes de l’adolescent romantique, rêveur, secret et passionné, de l’ascète, du révolté refusant tout compromis et bien décidé à faire triompher ses idéaux. En fait également
partie celui de l’adolescent qui s’enfonce avec acharnement dans la délinquance, le vandalisme, la drogue, comportements auto- et hétérodestructeurs. Ou encore ceux de 1 adolescent toujours en quête de nouveaux risques, qui ne se sent exister qu’en mettant enjeu ses acquis, sa santé, voire sa vie elle-même ; de l’adolescent qui fuit la confrontation avec la réalité, s’évade dans la mythomanie ou qui ne peut trouver plaisir et intérêt qu’en cachette des autres. Les adolescents se trouvent confrontés au paradoxe qui est au cœur même de cette période de la vie, et qui peut se formuler ainsi: « Ce dont j’ai besoin, cette force que je n’ai pas et que je prête aux adultes, est – justement parce que j’en ai besoin — ce qui menace mon autonomie naissante. » Comme tout paradoxe, il a un effet d’inhibition sur la pensée et peut donner le sentiment de devenir fou. C’est ce que traduisent les adolescents quand ils disent : «J’ai la tête prise ; ma mère me prend la tête; mon prof me prend la tête…» Seulement, ce que l’adolescent ne peut percevoir, c’est que ce personnage est toujours investi et important pour lui, et que «la tête est prise» parce qu’elle est ouverte. C’est-à-dire que l’adolescent est dans une situation d’attente et de demande. C’est un des drames
de l’adolescence : il n’y a pas pire ennemi que soi-même, et le pire ennemi ici, ce sont les attentes inconscientes qu’on a pour l’autre.

Il est difficile pour un adolescent de ne pas ressentir les transformations de la puberté comme une sorte de violence subie, du fait même qu’il ne les choisit pas, alors qu’après la phase de latence — «l’âge de raison» (qui se situe entre 6 ou 7 ans et la puberté) – qui ouvre à la maîtrise des apprentissages, il pouvait penser qu’il avait désormais le contrôle de son développement. Mais la puberté est aux antipodes de la phase de latence : quand celle-ci a permis le développement de la maîtrise (des connaissances mais aussi de la motricité), la puberté vient introduire le trouble, le doute, l’indéfini. Autant de questions liées à l’impuissance de l’adolescent face aux changements corporels qu’il n’a pas choisi, comme il n’a pas choisi son corps, son sexe, ni tout ce dont il hérite et qui le confronte aux lois naturelles. Elle le renvoie à sa soumission infantile aux désirs de ses parents. C’est ce qu’expriment les adolescents quand ils disent : «Je n’ai pas choisi de naître » et dont le contrepoint n’est autre que le «Je peux choisir de mourir» de la tentative de suicide… Une fois de plus, la violence se présente (en l’occurrence celle de l’autodestruction)
comme l’ultime moyen de maîtriser quoi que ce soit face à une situation qui dépasse l’adolescent. Le choix de la vie, du succès, du plaisir est toujours aléatoire et dépend beaucoup de facteurs que l’on ne maîtrise pas, l’opinion et les sentiments des autres, par exemple. De plus, le plaisir a toujours une fin et confronte les anxieux aux angoisses de perte et de séparation, alors qu’ils peuvent toujours être maîtres de leurs échecs, du refus d’utiliser leurs potentialités, de leurs comportements d’autosabotage et d’autodestruction.

Une véritable fascination pour le négatif est donc le danger qui guette nombre d’adolescents peu sûrs d’euxmêmes. Paradoxalement, le renoncement leur confère un pouvoir que la recherche de la réussite ne leur donnerait pas. Le plaisir qu’ils ressentent est lié à l’emprise qu’ils ont sur leurs désirs et non à la satisfaction de ces derniers. C’est le prix à payer par l’adolescent pour se rassurer et se prouver qu’il a les moyens de contrôler et ses désirs et leurs objets, qu’il n’est pas sous leur
dépendance. On comprend alors l’effet de soulagement des comportements autodestructeurs, l’apaisement qui peut accompagner la décision de se suicider ou l’effet anxiolytique que peuvent avoir brûlures et scarifications du corps. Mais il est important de repérer ce que ces comportements révèlent de désir d’affirmation, de déception et de colère. Le plus souvent, ils n’expriment pas tant un désir de mourir qu’un besoin d’autodestruction qui est à la fois rejet catégorique de ce qui est attendu d’eux, notamment par les parents, et besoin, souvent largement méconnu, d’être vus et d’exister pour ceux-ci, ne serait-ce que dans l’inquiétude suscitée. Ces adolescents ne peuvent s’abandonner au plaisir partagé, vécu comme humiliant. En réalité, ils sont fortement tributaires de leur entourage. Cette dépendance les rend particulièrement sensibles à la déception. Plutôt que d’être déçus, il leur semble préférable de ne plus avoir d’intérêt. L’attente se transforme alors en rejet. Et la recherche d’un plaisir partagé fait place à l’attaque contre soi-même, dont l’intensité sera proportionnelle
à celle de l’attente.

C’est le moment où les adolescents abandonnent ce qui les valorisait aux yeux de leurs parents, surtout de celui dont ils ont envie d’être les plus proches. Même s’ils brillent dans la danse, le piano ou la gymnastique, ils décident brutalement que cela ne les intéresse plus. La véritable raison en est que l’enjeu est devenu trop important. Avec ce refus, ils prennent de la distance par rapport au parent auquel ils voulaient plaire, se prémunissent en même temps d’une déception possible et
souvent ont le bénéfice de provoquer l’attention désolée et apitoyée de celui-ci (cf. question 79, p. 201). Le moyen pour l’adolescent d’introduire une distance avec ceux dont il a le plus besoin, c’est donc de souffrir et d’inquiéter d’une façon ou d’une autre. Il n’est alors ni coupable de plaisir excessif avec un des parents au détriment de l’autre, ni sous la coupe de ce parent, sans cependant être seul, puisqu’il suscite l’inquiétude et que la situation de proximité, évitée dans le plaisir, va se retrouver dans l’insatisfaction réciproque.

Quand l'adolescent devient-il adulte

Quand l’adolescent devient-il adulte?

S’il est aisé de repérer le début de l’adolescence, marqué par les changements physiques de la puberté, sa fin est bien plus délicate à déterminer. Nous n’avons plus les repères des rites d’initiation qui accompagnaient l’entrée dans le monde des adultes. Quand cesset-on d’être adolescent? La difficulté de la réponse conduit à utiliser de plus en plus les termes flous de «jeunes» ou de « postadolescence ».

Cette imprécision actuelle interroge ce qui paraissait antérieurement acquis et constituait la spécificité de la vie adulte. Cette spécificité reposait, au plan sociologique, sur les deux piliers de la vie sociale que constituaient le choix professionnel et le mariage. L’insertion dans la vie sociale par le métier et le mariage inscrivait l’individu dans le monde adulte. Etre adulte se définissait donc essentiellement par cette inscription dans l’échiquier social de façon repérable et stable. C’était poser des choix qui engageaient l’avenir et signifiaient une certaine rupture avec le passé et, avant tout, avec le monde de l’enfance. C’était, bien sûr, s’adapter à la réalité sociale, mais essentiellement pour s’y conformer, ou même s’y soumettre. C’était, au fond, devenir raisonnable et renoncer à rêver sa vie. N’oublions pas que pour beaucoup déjeunes gens, jusqu’à une période récente, l’adolescence se réduisait à bien peu de chose. Ils entraient très tôt dans le monde du travail, à 14, 15 ou 16 ans. Les garçons reprenaient le métier de leur père, sans avoir la possibilité de s’ouvrir sur un monde différent de celui de leur milieu d’origine, quand une guerre ne venait pas les écraser moralement et, bien souvent, physiquement. Quant aux filles, la maternité leur donnait de fait un statut d’adulte, et cela quelle que puisse être leur maturité réelle.

Cela signifiait-il pour autant que le travail d’intégration des changements de la puberté s’était opéré et que le deuil des aspirations et des illusions de l’adolescence et de l’enfance fut effectif? Sûrement pas. Il y avait plus écrasement qu’intégration de l’imaginaire et des désirs anciens. Une part importante des difficultés et des souffrances psychiques des adultes est marquée par les résur-
gences de ce qui a été ainsi brimé. La « crise du milieu de la vie», avec son cortège de dépressions, mais aussi de ruptures et de nouveaux choix amoureux et professionnels, en est l’illustration classique. Mais il ne faut pas méconnaître ce que cette contrainte à l’adaptation pouvait aussi avoir de sécurisant et de porteur, évitant d’avoir à faire des choix qui apparaissent plus comme une promesse de difficultés que de liberté.
Mais les deux piliers traditionnels de la vie adulte sont notablement et durablement déstabilisés. Cela veut-il dire pour autant que les adultes d’aujourd’hui sont moins adultes que ceux d’autrefois ? Il serait bien hasardeux de l’affirmer, et plus encore de généraliser une telle assertion. Force est de reconnaître que les références ont changé et que les critères antérieurs relevaient davantage de l’adaptation, reflets d’une norme sociale, que d’une maturation psychologique de la personnalité.

La relativisation des valeurs et des nonnes sociales libère l’individu de la contrainte de se conformer aux «prêts à penser» idéologiques véhiculés par la société. Mais cette liberté a pour effet de renvoyer davantage chacun à soi-même et de le confronter à ses ressources propres. L’impact sur les adolescents de cette libéralisation des mœurs et de cet assouplissement des contraintes sociales a souvent été souligné. Ils accroissent les possibilités individuelles de choix et d’expression mais sollicitent spécifiquement les possibilités personnelles de chacun, et par là même révèlent davantage les vulnérabilités individuelles que ne le faisait un cadre moral et social plus contraignant. On peut y voir la raison principale de l’accroissement des troubles de la personnalité. L’affaiblissement des limites extérieures fait ressortir le flou des repères internes. Le statut d’adulte y perd en partie sa cohérence classique, ses limites paraissent imprécises. L’adulte nouveau, celui du XXIe siècle, n’est-il pas à chercher du côté des individus capables de s’adapter à un monde changeant, protéiforme ? Mais dans ce tiraillement quasi permanent entre la prise en compte de ses besoins et désirs propres et l’adaptation aux exigences de la réalité, l’unité du sujet risque à tout moment de s’y perdre. Alors, qu’est-ce qu’être adulte? Plus qu’un état, ne vaut-il pas mieux penser que c’est un mode de fonctionnement psychique ? Comme tout fonctionnement, il exige certaines conditions pour se maintenir et peut être sujet à variations selon le contexte interne et externe. Autrement dit, chacun fonctionne de façon plus ou moins adulte selon les circonstances, les moments de la vie. Ce mode de fonctionnement ne se réfère pas tant à un idéal absolu, utopique, et à ce titre
peu adulte, qu’aux potentialités d’un sujet donné dans un environnement donné. Deux critères s’imposent pour qualifier ce «fonctionnement adulte » : une capacité d’autonomie et une activité réflexive, c’est-à-dire une double possibilité de distanciation vis-à-vis des autres et de soi-même. Ces capacités supposent elles-mêmes de savoir différer les réponses et attendre que soit venu le moment propice à la réflexion.

Ces capacités reposent sur un travail d’intégration de ce qui vient de l’enfance, qui n’est ni répression ni nécessairement satisfaction directe, mais bien transformation. Le fonctionnement adulte résiderait ainsi dans cette capacité du sujet à demeurer en contact avec ce qui demeure en chacun d’infantile (qui n’est pas nécessairement enfantin, mais est souvent ressenti ainsi par le sujet qui en a honte et le réprime), tout en s’adaptant à la réalité et avant tout à la présence d’autrui.
Le culte de la répression et de la maîtrise qui auparavant servait volontiers de référence à ce que devrait être un état adulte a fait place à une conception plus dynamique que statique. Un adulte n’est pas nécessairement un sujet rigidifié, crispé sur ses positions, mais une personne capable de se laisser surprendre par les émergences de l’infantile, d’accueillir les élans internes comme les nouveautés venues de l’extérieur sans immédiatement se sentir submergée et menacée de débordement. Être adulte ne signifie pas choisir le besoin de contrôle et de répression des é notions au détriment du plaisir de la satisfaction. Le ris< jue serait grand sinon de voir l'adulte se dessécher et < e couper de ses racines vivantes, nécessairement toujo urs liées à l'enfance. L'adolescence peut être vue comme un processus asymptotique n'ayant pas de fi n. Le problème n'est pas tant de savoir si on a vraiment fait le deuil de son enfance. Il s'agit plutôt de savoir si la peur d'être débordé n'a pas conduit le su et à élaborer des stratégies défensives trop rigides qui le coupent trop vite et trop violemment de ses liens à l'infantile, empêchant tout travail d'investigation ulté rieur. Quand c'est le cas, on a l'impression que ces personnes ont rompu de manière brutale avec une partie de la problématique adolescente. Cela peut s'en ressentir un jour, ou cela peut ne jamais réémerger de coûte une vie. Mais on voit souvent les effets d'une telle rupture au niveau de la deuxième génération. De tels cloisonnements ne sont pas en effet sans conséquences sur les liens que ces adultes établissent avec leurs propres enfants. C'est par exemple le cas de ces parents apparemment solides, qui auraient envie d'un lien chale|ureux avec leur enfant, mais qui ne peuvent qu'introduire distance et raideur. Confrontés à leurs émotions, immédiatement perçues comme infantiles, ils sont pris de panique et se sentent obligés de prendre de la distance. Une adolescence réussie est sans doute une adolescence qui n'a pas coupé les pojits avec ce qui demeure en chacun de besoins li accueillir sans être subm és à l'enfance, et qui peut les ergée par eux.

Qu'est-ce que la puberté

Qu’est-ce que la puberté ?

La puberté est un phénomène physiologique, inhérent à révolution normale de l’individu. Elle se manifeste par des transformations corporelles, l’apparition des caractères sexuels secondaires, qui accompagnent l’arrivée à maturité des glandes sexuelles et leur production d’hormones, lesquelles sont différentes chez le garçon et la fille. La procréation devient possible. L’apparition des caractères sexuels secondaires marque l’entrée dans la puberté et permet d’en repérer les différentes étapes. Ils sont, pour une part, communs aux deux sexes : c’est le cas de la pilosité pubienne et axillaire, plus étendue chez le garçon (apparition de la barbe). Chez l’adolescent, le larynx se transforme (la pomme d’Adam apparaît), la voix mue, le volume du pénis et des testicules augmente. Chez la jeune fille, les seins se développent, les sécrétions vaginales apparaissent puis les règles surviennent.

Ces signes secondaires traduisent le développement définitif des organes sexuels, qui constituent les signes sexuels primaires, existant à la naissance et se formant au cours de la gestation chez le fœtus, sous l’influence des gènes masculins et féminins. La poussée hormonale s’accompagne, au début de la puberté, d’une forte accélération de la croissance puis de son arrêt total et définitif, en fin de puberté, quand les transformations sexuelles sont terminées et que les cartilages de conjugaison des extrémités osseuses se sont soudés. Ces cartilages de conjugaison sont une partie des extrémités des os longs du corps (fémur, tibia, humérus, radius et cubitus) non ossifiée qui leur permet de continuer à grandir. Ils s’ossifient définitivement sous l’effet d’une imprégnation par les hormones sexuelles, rendant impossible toute croissance ultérieure.
La puberté chez l’homme est relativement tardive par rapport à celle des animaux les plus proches de lui dans l’échelle de l’évolution, notamment celle des singes anthropoïdes. En effet, la maturité physique et sexuelle de ceux-ci se situe vers 4 ou 5 ans. A cet âge, les glandes sexuelles de l’homme cessent de se développer pour ne reprendre leur croissance que dans un deuxième temps : la puberté. On peut penser que cette évolution en deux temps – arrêt de la croissance glandulaire tandis que le
corps continue de croître, puis reprise de la croissance sexuelle – a favorisé le développement des apprentissages ainsi que la dépendance affective de l’enfant à ses parents. A contrario, une pratique sexuelle plus précoce l’aurait davantage poussé vers l’action au détriment de la pensée et de la verbalisation.