Elle rougit dès qu'elle est émue. Est-ce normal

Elle rougit dès qu’elle est émue. Est-ce normal?

Rougir n’a rien d’anormal, mais celui ou celle qui rougit peut en éprouver une gêne. Bien que plus
fréquent chez les filles, qui d’ailleurs le tolèrent mieux, ce phénomène concerne aussi les garçons.
Le rougissement est une des manifestations typiques de la puberté et apparaît spécifiquement avec elle. Il est un des exemples de cette trahison du corps qui, pour l’adolescent, dévoile aux yeux du monde les pensées et désirs de son monde intérieur. Il est devenu la scène sur laquelle ses rougeurs sont en quelque sorte le phare qui révèle ses émois intimes.
Le rougissement – et la honte qui l’accompagne – sont l’une des manifestations les plus remarquables de la crainte, si centrale à l’adolescence, de perdre le contrôle de ses émotions et, au-delà, de tout ce qui est intérieur. Cette crainte contribue à la peur et au rejet d’émotions que l’adolescent associe à la fois à une régression infantile et à une perte de contrôle qui expose au regard des autres son intimité corporelle.

L’important est que l’adolescent(e) ne se focalise pas sur sa rougeur et n’en fasse pas un élément déterminant de sa relation aux autres. Moins il (ou elle) y attachera d’importance et plus elle disparaîtra rapidement; elle pourra même être un charme plus qu’une entrave. Malheureusement, l’adolescent risque de lui accorder d’autant plus d’importance qu’il a moins confiance en lui et se trouve donc davantage en quête du regard des autres. L’intensité même de l’envie d’être regardé(e) et
du plaisir qu’il (ou elle) pourrait en tirer peut se transformer en une source de déplaisir.
L’adolescent(e) pense que tout le monde le (ou la) regarde et, à cause de sa rougeur, il (ou elle) peut ressentir un sentiment de honte, de ridicule, voire même de persécution. Si l’adolescent(e) a conscience que sa gêne est proportionnelle à son envie d’être regardé(e), il (ou elle) peut et doit chercher à se donner les moyens d’être vu(e) et apprécié(e) comme il (ou elle) le souhaite, c’est-à-dire pour ses qualités et non pour son malaise.

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