Il dort encore avec nous. Est-ce normal

Il dort encore avec nous. Est-ce normal?

L’intrusion d’un préadolescent ou même d’un adolescent dans la chambre de ses parents est plus fré-
quente qu’on ne le pense. Les prétextes en sont nombreux, que ce soit une impossible cohabitation
avec les frères et sœurs, des difficultés d’endormissement, des cauchemars à répétition ou des soins qu’il faut prodiguer. La réponse à cette question est pourtant simple : dormir régulièrement dans la chambre de ses parents, à côté, avec eux ou à la place de l’un des parents n’est jamais bénéfique et peut avoir des conséquences négatives. Et ce quel que soit l’âge de l’enfant. Pourquoi ? La dépendance mutuelle de l’enfant et de ses parents est trop importante pour que ceux-ci ne fassent pas extrêmement attention à ce que les conditions d’une séparation minimale soient respectées. Que la chambre des parents et celle des enfants soient séparées est la première de ces conditions. La chambre est par
excellence le lieu du domicile familial qui représente l’intimité de la personne. Dans le cas des parents, cette intimité est aussi celle du couple et de sa vie sexuelle. La présence de l’enfant ou de l’adolescent dans leur chambre ne peut qu’accroître sa curiosité à cet égard et, dans le même temps, l’obliger à la réprimer massivement. Cette promiscuité contribue à atténuer la différence entre les générations et à accentuer les difficultés de différenciation parents/enfants et de leurs
rôles respectifs. L’enfant ou l’adolescent s’installe d’ailleurs souvent à la place de l’un des parents, le plus souvent le père, absent de la maison ou amené à dormir dans une autre pièce.
Or cet enchevêtrement des générations est souvent d’autant plus important que c’est un fait acquis et admis par les parents qui révèle un problème de couple. L’enfant ou l’adolescent sert de compensation à ce malaise ou ce conflit en empêchant toute intimité sexuelle et/ou en protégeant un de ses parents de la solitude. Mais en se rassurant, ce parent place son enfant dans une situation d’insécurité ; il inverse les rôles en le mettant au service de ses besoins et en accroît d’autant plus la dépendance que cette situation commence par faire plaisir à l’enfant avant de le gêner. Ces différents paramètres rendent d’autant plus difficile le travail d’acquisition de son autonomie par l’adolescent.
Il est, en outre, facile d’imaginer que la puberté, et la façon dont elle sexualise le corps et les relations, rend la situation plus difficile encore à gérer pour un adolescent que pour un enfant.

Commentaires

Commentaires