Il est instable. Que faire

Il est instable. Que faire ?

L’instabilité concerne plus souvent les garçons que les filles. Elle se traduit par l’impossibilité de tenir en place, par le besoin incessant de s’occuper, par la difficulté à écouter et à se concentrer sur des activités sédentaires. S’y ajoute habituellement le besoin de houspiller l’entourage et de le provoquer. L’adolescent instable ne tolère pas les remarques et les réprimandes, éprouve un sentiment d’injustice, n’accepte pas d’être en faute et en rejette la responsabilité sur les autres, a besoin de se faire remarquer et ne supporte pas la solitude. Bref, on a le sentiment que derrière cette agitation se cachent une grande vulnérabilité, un enfant malheureux et seul, qui
n’arrive pas à trouver une place qui soit bien à lui où il puisse s’installer. L’instabilité associe à une agitation motrice, qui peut être le besoin de parler tout le temps, des caractéristiques psychologiques qui, toutes, dénotent une impossibilité d’attendre, de contenir les tensions et de tolérer les conflits et les émotions à tonalité dépressive qui pourraient mettre en cause l’adolescent lui-même. Cette double dimension de l’instabilité montre qu’à côté de facteurs qui peuvent être liés au tempérament (ayant éventuellement une cause héréditaire), il existe des facteurs psychologiques, peut-être favorisés par les premiers, révélant l’hypersensibilité de ces jeunes à leur environnement et, par là même, leur vulnérabilité : ils ne trouvent pas en eux les moyens de contenir et de gérer les tensions qui les affectent, qu’elles viennent de l’extérieur ou de l’intérieur.

Le soutien que peut apporter l’entourage à ces adolescents est important. Il leur sert d’enveloppe protectrice et les aide à penser et à élaborer leurs tensions. A contrario, si ces adolescents sont instables, c’est aussi parce que leur enfance a été marquée par un manque, notamment dans la capacité de l’entourage à les aider à faire face à des situations données. Il n’est pas rare, d’ailleurs, que l’on retrouve des situations familiales difficiles, des conditions d’éducation chaotiques, des traumatismes sexuels ou autres derrière une adolescence instable. Ou encore, plus simplement mais plus difficilement détectable, il peut s’agir d’une relation de « surstimulation » de l’entourage, qui n’a pas su s’accorder aux besoins de l’enfant pour installer une relation apaisante.
Il est ainsi fréquent que le petit garçon ait fait l’objet d’une attention particulière de sa mère, exprimée davantage sur le mode de l’inquiétude et de la réprimande que de la sollicitude tranquille. En grandissant, l’enfant développe une relation dans laquelle il sollicite sans cesse l’attention de sa mère par son agitation ou par ses bêtises. L’insatisfaction réciproque devient un moyen de gérer une relation trop intime et trop excitante pour être supportable dans le plaisir et la satisfac-
tion partagés.
L’instabilité est toujours un eut à prendre au sérieux car, une fois installée, elle est lourde de conséquences. Elle en vient rapidement à se renforcer elle-même. Elle conduit à l’échec scolaire, est source de réprimandes et de rejet qui ne font que déstabiliser encore davantage l’enfant et le conforter dans son comportement. Aussi, le plus tôt possible, faut-il tenter d’inverser la situation
en élaborant des stratégies d’apaisement et de valorisation de l’enfant.

Les formes majeures d’instabilité peuvent déboucher sur des difficultés d’apprentissage invalidantes pour l’adolescent qui risque, s’il en souffre, d’être renvoyé de partout. Dans ce genre de situation, et après un bilan hospitalier préalable obligatoire, il est possible d’envisager la prescription de Ritaline. Ce médicament peut avoir des effets positifs sur les capacités de concentration et les résultats scolaires, mais, attention, il s’agit d’une amphétamine, c’est-à-dire d’un produit psychotrope qui habituellement a des effets excitants. Paradoxalement, ce médicament calme l’hyperactivité, mais il n’est pas sans risque de dépendance.

Aussi la prise de médicament ne doit-elle pas remplacer une aide psychothérapeutique individuelle ou
familiale, bien souvent indispensable.

Commentaires

Commentaires