Il est victime de racket au lycée. Comment l'aider

Il est victime de racket au lycée. Comment l’aider?

Ce qui paraît le plus intolérable dans le racket lorsqu’il a lieu entre adolescents, c’est ce qu’il signifie de démission de la part d’adultes qui ne sont plus capables de protéger leurs propres enfants. Et ce dans un lieu, l’école, qui se veut le temple de l’éducation. Le racket est générateur d’une insupportable violence qui s’exerce a un triple niveau : celui du vol lui-même qui dépouille l’adolescent de ce qui lui appartient, celui de la honte ressentie par l’adolescent contraint de subir
passivement ce vol et confronté à son impuissance, et enfin celui de l’impuissance des adultes. On ne peut banaliser le racket sous prétexte que la valeur des objets dérobés n’est pas très importante. C’est la situation en elle-même qui est grave. Les parents d’un adolescent victime de racket doivent le lui affirmer et partager avec lui ce qu’il peut ressentir, en le verbalisant au besoin pour lui s’il ne peut y parvenir seul. Il faut cependant faire attention à ce que l’on nomme racket : un conflit entre jeunes au cours duquel sont pris à l’un d’entre eux quelques billes, un jeu sans grande valeur ou quelques babioles n’en est pas un. Si ce conflit s’est déroulé entre copains, il doit se résoudre entre eux. Par contre, tout autre est la situation où un enfant plus grand et plus fort
que lui, voire un groupe, usent de cette position dominante pour menacer l’enfant et le prendre en otage, même si la valeur de ce qui lui est demandé n’est pas élevée. La violence qui lui est faite est inacceptable. De même, il faut mettre un terme, et faire en sorte qu’elle soit sanctionnée
le plus vite possible, à toute situation où l’enfant serait contraint de faire quelque chose qu’il ne souhaite pas faire ou placé dans une position de bouc émissaire. Cette situation est toujours blessante pour celui qui en est victime, comme peuvent l’être certains bizutages, et à ce titre constitue un risque potentiel de traumatisme.

Mais comment, le soutien et la compréhension étant indispensables mais pas suffisants, réagir plus vivement ? Puisque cette situation doit cesser au plus vite, comment procéder? Car il est de notoriété publique que les parents sont pratiquement démunis et que leurs tentatives d’action peuvent se retourner contre l’enfant. L’école elle-même ne sait pas toujours comment procéder, les racketteurs pouvant venir de l’extérieur. Certains parents en sont réduits à changer l’adolescent d’établissement, ce qui peut apparaître comme une démission devant la violence, mais ce qui est sûrement préférable à sa perpétuation. Pour résoudre cette situation, il faut certainement qu’ait
lieu une concertation entre adultes : parents, école et police. C’est la fermeté et la cohérence de ce travail de groupe qui peuvent seules mettre un terme à une pratique assimilable en dernière instance à une forme de terrorisme.

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