Il m'a volé de l'argent dans mon porte-monnaie. Faut-il sévir

Il m’a volé de l’argent dans mon porte-monnaie. Faut-il sévir?

Ce type de comportement est plus fréquent chez les garçons que chez les filles. Il survient volontiers juste avant ou au début de l’adolescence, quand le garçon, qui n’a pas encore totalement quitté l’enfance, veut jouer au grand et pouvoir «se payer» ce dont il a envie. C’est en général dans le porte-monnaie maternel qu’il va puiser, peut-être parce qu’il est plus aisément accessible que le portefeuille du père, plus familier aussi. Ce choix est révélateur du fait que l’enfant se différencie mal de sa mère, qu’il se considère en quelque sorte comme une sorte de prolongation du corps mater-
nel. S’il lui manque quelque chose, il lui suffit d’aller se servir dans ce prolongement symbolique de la mère qu’est son porte-monnaie. Ce choix exprime donc combien le préadolescent reste encore dépendant de sa mère. On dirait que le pouvoir et la force qu’il cherche à acquérir demeurent pour lui des attributs maternels qu’il ne pourrait s’approprier sans les dérober. A cet âge, le père apparaît encore trop lointain, plus ou moins inaccessible, et s’en prendre à lui, plus transgressif et plus dangereux. Quand ce type de comportement survient plus tard chez l’adolescent, celui-ci se sert dans le portefeuille paternel, et dérobe des sommes nettement plus conséquentes que dans le porte-monnaie maternel.
Du fait de l’importance du lien de dépendance qui l’unit à ses parents, l’enfant a du mal à concevoir qu’il grandit, prend son autonomie et peut avoir des choses à lui, les demander et en discuter avec ses parents. Dans son esprit, ce qui est aux adultes, notamment l’argent, doit le rester et n’est pas pour lui. Pour le posséder, il ne peut que le voler, le prendre en cachette de ses parents. Il peut également avoir honte de désirer avoir de l’argent à lui et se sentir incapable d’en manifester le désir devant sa mère comme si c’était faire preuve d’une audace best online casino coupable et d’une impudeur qui appelaient un châtiment.

Un vol précoce, éventuellement répétitit, est un vol infantile, c’est-à-dire lié à la persistance d’un lien de dépendance infantile à la mère. Celle-ci peut l’encourager sans s’en rendre compte en maintenant une trop grande proximité physique avec son enfant, ce qui l’infantilise, ou en voulant trop le gâter, notamment en multipliant petits cadeaux et friandises qui donnent à l’enfant le sentiment que sa mère est comme une corne d’abondance, pleine de bonnes choses qu’elle peut
indéfiniment distribuer mais à son gré, comme elle le veut et quand elle le veut. Le père n’est guère consulté et se trouve très marginalisé dans ce type d’échanges. Un parent qui se rend compte que son enfant a volé de l’argent dans son porte-monnaie doit bien sûr ne pas accepter ce comportement et l’interdire, mais, simultanément, il doit aider l’adolescent à acquérir une réelle autonomie. Le rôle du père est alors primordial : c’est de lui que doit venir la double confirmation de l’inter-
dit et du droit de l’adolescent à désormais disposer d’attributs et de territoires qui soient à lui. Pour donner à l’adolescent le sentiment qu’il est assez grand pour commencer à gérer ses affaires et concrétiser ce changement, son père peut lui attribuer de l’argent de poche. Si ce type de comportement semble déjà s’être mué en habitude, il ne disparaîtra pas nécessairement dès la pre-
mière intervention. Il faut pouvoir rattraper les dérapages de l’adolescent, voire les sanctionner, tout en valorisant par ailleurs ce qui peut conforter sa confiance en lui. Il faudra surtout que ses parents s’interrogent sur la façon dont eux-mêmes se comportent dans la vie quotidienne et sur l’existence éventuelle d’une trop grande complicité entre l’adolescent et eux. Une thérapie familiale peut alors apparaître comme l’aide la plus appropriée.

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