Il ne parle pas...Comment dois-je réagir

Il ne parle pas…Comment dois-je réagir?

Nombre de parents s’inquiètent du silence de leurs enfants à l’adolescence. Mais, du point de vue de
beaucoup d’adolescents, à quoi bon parler si Ton ne sait pas bien ce que l’on aurait a dire… Ou encore, à quoi bon parler r « on a tant de choses à expliquer que l’on ne sait pas p*r où commencer… La plupart du temps, qu’ils soient timides ou pas, les adolescents ne prennent pas la parole alors qu’ils rêvent de pouvoir enfin se confier à une personne qui les comprendrait. Une sorte de double, un grand frère ou une grande sœur… Et, à défaut, ils – et plus souvent elles – noircissent les pages
d’un carnet intime, quelquefois avec le secret espoir qu’il soit enfin découvert et lu. Nous sommes donc toujours en présence de la même contradiction : l’attente confuse d’être deviné opposée à la peur d’être transparent, à la merci des autres. Il ou elle ne parle pas, mais ne supporte pas plus qu’on lui parle et, moins encore, que les autres se parlent et qu’il se sente de ce fait d’autant plus exclu. Paradoxalement, rien n’est plus « communicatif » que le mutisme d’un adolescent. Son silence suffit à transformer l’ambiance de toute une famille. Il se crée immédiatement une tension qui fige tout le monde et empêche les parents d’être naturels. Si personne ne parle, l’adolescent se plaint de la morosité ambiante, mais si l’on parle et que l’on plaisante, il ne voit pas ce
que la situation a de drôle et relève le manque total d’intérêt de ce qui est dit. Dans ces conditions, comment trouver la bonne distance? Souvent en ayant recours à un tiers ou à toute autre forme de médiation possible. Patience et humour ont raison en règle générale de ces blocages temporaires.
En revanche, s’ils persistent, ou s’il s’agit d’un changement brutal de comportement chez un adolescent jusqu’alors volubile, il faut considérer ce mutisme comme un symptôme et chercher à le contrer par les ressources propres de la famille ou l’appel à une aide extérieure.

Cette médiation peut se trouver au sein même de la famille. Ainsi, tel adolescent qui ne parle pas en présence de sa mère se confiera plus volontiers à son père, ou à un grand-parent, ou à telle ou telle personne significative de son entourage. L’important reste que la personne avec qui le dialogue est le plus difficile ne le vive pas comme une attaque personnelle et ne réagisse pas, à l’image de
l’adolescent, en s’enfermant à son tour dans le silence. Comprendre le blocage d’un adolescent aide à
prendre de la distance par rapport à ses réactions. Cela permet de ne pas en faire une affaire personnelle et autorise quelqu’un de moins directement impliqué à intervenir plutôt que de se culpabiliser sans fin et de chercher à tout prix à changer pour se conformer au mieux aux attentes supposées de l’adolescent. Cette dernière attitude, d’ailleurs, ne fait bien souvent qu’accroître le besoin d’opposition de l’adolescent qui se renfermera encore davantage sur lui-même pour échapper à l’emprise de ses parents.

Commentaires

Commentaires