Il ne veut pas nous quitter. Faut-il s'en inquiéter

Il ne veut pas nous quitter. Faut-il s’en inquiéter?

Les jeunes vivent de plus en plus longtemps au domicile familial. Selon l’INSEE, 50% des filles et 60% des garçons entre 20 et 24 ans vivent encore chez leurs parents, et 14% des jeunes se réinstallent dans leur famille au cours des cinq années qui suivent leur départ de la maison familiale. Bien sûr, ils ne manquent pas d’arguments pour justifier ce choix : les raisons économiques, l’allongement de la durée des études, la possibilité de vivre une situation quasi maritale dans la famille… Mais, au-delà de ces réalités, on sent bien que l’on se trouve face à un phénomène psychologique qui prend peu à peu une dimension sociologique.
En effet, de plus en plus déjeunes n’ont pas de motivations suffisantes pour quitter leurs parents à un âge où il était d’usage de le faire il y a encore une quinzaine d’années. Qu’est-ce qui les pousse donc à rester?
Les parents sont-ils complices ? N’ont-ils aucun mot à dire?

La majorité des cas ne pose guère problème et la séparation va se faire spontanément de façon tardive mais satisfaisante, ou va nécessiter simplement que les parents posent des limites. Mais un certain nombre de situations vont être difficiles parce que, manifestement, l’adolescent n’arrive pas à partir, s’installe dans une situation régressive de dépendance mutuelle avec ses parents et, surtout, s’enfonce dans des conduites d’échec et d’autodestruction, avec parfois des accès de violence envers ses parents…
La difficulté de parents et d’adolescents à se quitter n’est pas un signe d’amour particulièrement intense, comme aimeraient le croire certains parents. C’est plutôt l’expression d’une relation marquée par l’inquiétude, l’insécurité et le manque de confiance. Il s’agit bien sûr d’un manque de confiance en soi de l’adolescent, mais aussi d’un manque de confiance enven les parents, comme si la séparation appelait la perte et la destruction. Ce qui va finalement se manifester au grand jour quand l’agrippement des uns aux autres perdure exagérément. En effet, la dépendance affective, et l’accrochage compensateur aux parents qu’elle génère, finissent inévitablement par susciter chez l’adolescent un besoin de se différencier et de prendre de la distance en s’opposant et en s’installant dans une relation dominée par l’insatisfaction. Les parents doivent alors poser une limite et introduire un tiers pour faciliter le dialogue entre eux et leur enfant. L’ouverture est impérative pour redonner à l’adolescent une marge de manœuvre personnelle hors du regard parental. La fermeté, voire ce qui peut être vécu comme une violence, s’impose dans rétablissement de limites pour faire contrepoids à la violence autrement destructrice de la perpétuation de ce vase clos mortifère.

soit le signe d’un échec dans leur éducation. Pour être de bons parents, ils sont prêts à tout accepter. Or, si l’adolescent s’enfonce dans l’opposition et le sabotage de ses potentialités, ce n’est pas nécessairement parce qu’ils sont de mauvais parents, mais plutôt parce qu’il est trop dépendant d’eux et n’arrive pas à les quitter. Il ne peut supporter la solitude, mais ne se sent plus lui-même dès qu’ils sont proches. Le compromis qui s’installe alors est de rester près d’eux et d’afficher sa différence et une pseudo-autonomie par son insatisfaction, ses plaintes et son opposition. En réalité, il aurait besoin de tisser des liens nouveaux et de faire ses preuves à distance des parents. Comme il n’arrive pas à le faire seul, les parents doivent l’y aider en profitant du caractère insatisfaisant de la situation pour exiger qu’une solution soit trouvée à distance d’eux. C’est ce qui permettra que, dans un deuxième temps, quand l’adolescent aura pu faire la preuve de ses ressources propres, les relations redeviennent positives.

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