Il n'y a plus que la musique qui l'intéresse. Cela peut-il nuire à ses études

Il n’y a plus que la musique qui l’intéresse. Cela peut-il nuire à ses études?

La musique est certainement l’art qui touche le plus grand nombre de personnes et qui peut avoir sur
elles l’impact le plus grand. La musique peut ne solliciter aucun effort particulier : il n’y a qu’à se laisser pénétrer par elle, et elle suscite immédiatement de puissantes résonances. Elle est une présence extérieure à soi, mais avec laquelle on peut fusionner, qu’elle soit un plaisir solitaire ou partagé par une foule, sans compromettre son identité personnelle, qu’elle peut même au contraire contribuer à exalter. Avec elle, les limites s’effacent : rêve et réalité se mélangent, comme le dedans et le dehors, soi et les autres. Il n’est pas surprenant qu’enfants et adolescents y soient si sensibles. C’est une chance, mais aussi un risque potentiel, notamment pour l’adolescent. Associée au
tabac, à l’alcool ou aux drogues, elle peut concourir à l’enfermer dans un univers irréel où sa présence lancinante et répétitive agit comme un bercement et remplace les relations humaines. La force de son rythme et les effets de groupe qu’elle favorise peuvent également le pousser à commettre des actions plus ou moins violentes.

Ce n’est pas la musique par elle-même qui crée l’enfermement, mais elle peut l’accompagner et le rendre plus tolérable chez les sujets vulnérables. Elle est alors une compensation idéale, toujours à portée de la main et de l’oreille, sans exigences, tellement intense et merveilleuse, échappant à toute limite, qu’elle peut amener l’adolescent à penser qu’il en est de même pour lui et qu’il participe de sa magie.

Mais l’adolescent ne fait pas qu’écouter. Il peut souhaiter devenir lui-même musicien. Le succès de certains jeunes groupes qu’il admire lui sert de modèle. Bien des adolescents oublient le travail intense et continu qui précède tout succès, et le nombre des échecs comparé à celui des réussites.
Le fait que l’adolescent soit «accro» à la musique et qu’il veuille en faire à tout prix n’est pas survenu sans raison. La violence de cette « addiction » est le plus souvent proportionnelle aux déceptions qu’il a subies dans d’autres domaines, le domaine scolaire notamment, et aux difficultés de communication qu’il rencontre dans sa famille. Une fois qu’elle est née, il est difficile de contrer cette passion, et probablement pas nécessaire. Mieux vaut l’accompagner, tâcher d’éviter que l’adolescent n’entre dans la logique du tout ou rien, afin de lui permettre de poursuivre ses études, lui expliquer qu’avoir le plus de choix possibles, c’est avoir plus de liberté. Mais les ado-
lescents ne sont pas toujours prêts à le comprendre ; il est vrai que sans passion et sans un travail intense, il ne faut pas espérer percer dans ce domaine. Il sera alors difficile de faire accepter à l’adolescent d’en rester à un hobby agréable, perfectible, mais qui ne se substitue pas aux exigences de la vie quotidienne et de la scolarité.

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