Il se sent déprimé. Comment l'aider

Il se sent déprimé. Comment l’aider?

La dépression, la déprime ou la morosité sont certainement les signes de souffrance psychique les plus fréquents de l’adolescence. Au point qu’on a voulu y voir une de ses caractéristiques inévitables. Mais cela est faux, même si environ un quart des garçons, et plus encore des filles, seront déprimés à un moment ou à un autre de leur adolescence. Il est vrai que le terme « déprimé » recouvre des réa-
lités bien différentes, qui vont des petits coups de cafard (qui font partie de l’ajustement normal à la réalité) à la dépression majeure, véritable maladie psychiatrique ayant souvent un soubassement biologique et génétique. La dépression peut s’exprimer par un fond dépressif chronique, mais aussi par une façon d’organiser sa vie, non sans un certain plaisir romantique à le faire savoir et à le montrer, dans la nostalgie, par des pensées dépressives se cachant derrière des plaintes répétées concernant le plus souvent le corps, par des troubles du comportement ou par une agitation inquié-
tante. La majeure partie, sinon la totalité, des troubles psychopathologiques est en effet l’indication d’une possible dépression.
L’adolescent et, peut-être plus encore, ses parents doivent apprendre à tolérer les moments de déprime sans en faire pour autant le signe évident qu’il est déprimé, voire malade. A l’inverse, il appartient aux parents de savoir repérer un état dépressif qui s’installe, s’organise et perdure et d’y réagir par la consultation d’un généraliste ou d’un psychiatre. Cela est encore plus nécessaire quand existent des antécédents familiaux de dépression, sans pour autant que cela ne suscite des
inquiétudes exagérées ou n’éveille l’idée d’une fatalité familiale à laquelle l’adolescent ne pourrait pas échapper. La présence d’antécédents sévères ou de suicides dans sa famille ne veut pas dire que l’adolescent suivra forcément le même chemin s’il est déprimé. L’influence génétique est complexe et partielle ; elle ne joue qu’en association avec la part environnementale, liée à l’his-
toire de la vie de l’intéressé, de la dépression. Cela veut simplement dire qu’une certaine vulnérabilité génétique contribuera à donner aux pensées et aux émotions dépressives d’un adolescent ayant de tels antécédents une résonance et une ampleur plus facilement importantes que chez un autre. La prescription d’antidépresseurs et/ou de régulateurs de l’humeur a visée préventive peut le libérer de ces handicaps et le laisser plus libre de résoudre ses problèmes, facteurs de dépres-
sion. La prescription de médicaments ne veut cependant pas non plus dire qu’il a une maladie dépressive et qu’il devra les prendre toute sa vie, mais plutôt qu’ils peuvent être à certains moments un outil susceptible de l’aider à se donner les moyens de résoudre ses problèmes.

La maladie dépressive proprement dite a un caractère périodique, des épisodes d’excitations, appelés manies, alternant avec des épisodes dépressifs (maladie maniacodépressive). Certaines formes purement dépressives de la maladie ont souvent une durée plus longue. Toutes ces formes de maladie dépressive répondent bien à un traitement curatif (antidépresseurs et/ou calmants) et, désormais, à un traitement préventif. Les médicaments n’empêchent pas mais, au contraire, facilitent une
approche psychothérapeutique individuelle et familiale. Entre ces formes majeures de dépression, tous les intermédiaires et toutes les variétés de manifestations dépressives existent, auxquels une réponse peut être apportée par les thérapeutiques déjà citées.

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