Il s'est saoulé pour la première fois. Va-t-il recommencer

Il s’est saoulé pour la première fois. Va-t-il recommencer?

Les ivresses collectives partagées entre jeunes, et même entre très jeunes préadolescents, semblent
prendre aujourd’hui une valeur de rite initiatique. Un bien mauvais rite cependant, que certains risquent de payer cher, car, au lieu de les aider à s’intégrer à la société adulte, ce type de comportement peut au contraire les marginaliser. Et le danger est d’autant plus grand que l’adolescent est plus vulnérable, psychiquement mais aussi biologiquement, comme c’est le cas pour toutes les drogues à effets psychotropes.

Pour certains, la rencontre avec l’ivresse a un rôle révélateur, leur ouvrant les portes d’un nouveau monde du fait de l’intensité des phénomènes psychiques qu’elle provoque. Ces adolescents-là auront du mal à abandonner une source d’excitation qui efface, d’un seul coup, toutes les émotions et pensées dépressives, les désinhibe et leur donne un sentiment de liberté et de relation fiisionnelle avec tout ce qui leur manque d’ordinaire dans la vie quotidienne, et auquel ils ont soudain l’impression d’avoir magiquement accès. Fusion avec un monde idéal, oubli de leurs peines et de leurs
insuffisances, exaltation et libération des freins et entraves habituels… tout cela se fond en un mélange qui leur paraît détonnant et dont il peut être très vite difficile de se passer. Ajoutons à cela que les adolescents et jeunes adultes ont tendance à passer outre les prises de risque excessives que cet état favorise, notamment en voiture ou à moto…

Car l’alcool demeure la source principale d’accidents à l’adolescence. Comme pour la cigarette, la toxicomanie et les troubles du comportement en général, la prévention doit essentiellement porter sur l’insécurité affective, le malaise et l’état dépressif de l’adolescent. Il est aisé de voir combien ces ivresses, plus ou moins liées à une vie de groupe ou de bande, sont un moyen de trouver à l’extérieur ce qu’il n’est plus possible ou n’a pas été possible de trouver au sein de la famille. A savoir une communication vécue comme intense et un sentiment de force collective dont l’adolescent a d’autant plus besoin qu’il se sent plus seul et plus exposé dans ce monde extra-familial où il est tenu de faire ses preuves et de montrer de quoi il est capable… C’est dire l’importance de trouver auprès des adultes, parents et/ou adultes-relais, des occasions nombreuses d’intérêts et de plaisirs partagés qui soient suffisamment motivants pour l’adolescent mais lui restent tolérables.

Toutefois, il faut se garder de dramatiser. Une première «cuite» n’est pas une catastrophe. Elle n’est que le signe du besoin de l’adolescent de trouver appui chez les autres. Aux adultes, donc, d’y être attentifs et d’aider l’adolescent à rencontrer des soutiens valorisants et bénéfiques. L’exemple des adultes qui l’entourent, et en particulier de leur façon de boire de l’alcool, a également toujours beaucoup d’impact.

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