La fac lui fait peur. Que faire

La fac lui fait peur. Que faire ?

L’entrée en faculté, que permet l’obtention du baccalauréat, est l’un des derniers «rites» du passage de l’adolescence à l’âge adulte que comporte notre société. De par cette portée symbolique, signe d’une ouverture vers une plus grande autonomie, elle demeure plus importante que sa banalisation ne pourrait le faire penser, surtout si l’on en juge par le nombre de réactions anxieuses et dépressives que ce passage semble engendrer. Autonomie certes toute relative, car la plupart des étudiants demeurent très dépendants de leurs parents. Mais autonomie tout de même, parfois marquée par une séparation physique, un début d’autonomie financière, et surtout le commencement d’une réelle indépendance de la pensée. Car la faculté représente l’accession à des modes d’enseignement, des façons de penser, un esprit critique, des rencontres, qui opèrent une rupture notable avec le lycée. Les classes préparatoires sont beaucoup moins facteurs d’une telle rupture, ce qui d’ailleurs contribue, parfois inconsciemment, au choix qu’en font certains parents et adolescents.

Le principe même du fonctionnement de la faculté fait beaucoup plus appel à l’initiative de l’étudiant, le laissant seul, parfois trop, s’organiser dans la façon dont il gère son travail. Aussi les adolescents les plus vulnérables vont-ils se trouver confrontés aux contradictions propres à leur âge : la crainte d’être livrés à eux-mêmes sans contraintes autres que celles qu’ils se donnent et
sans repères ni exigences pédagogiques tels qu’ils étaient formulés au lycée se doublant de l’irritation, voire du désarroi, que provoque le fait de s’apercevoir des attentes qu’ils ont envers les adultes, attention et soutien qu’ils ont bien du mal à accepter, en particulier de leurs parents.

L’entrée en fac représente ainsi à elle seule la nécessaire rupture avec l’enfance, l’ouverture vers le monde et ses différences, la sortie du cocon familial, mais aussi la pénible confrontation avec les exigences de performance et la crainte de chacun de devoir faire face à ses insuffisances. Désirée et redoutée tout à la fois, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle puisse être source de déstabilisation.
Il est important d’en être conscient pour ne pas laisser l’adolescent s’enfoncer dans la déprime, se décourager et aggraver ses difficultés en créant lui-même les conditions de son échec. Un adolescent en difficulté peut aussi être tenté de chercher à reprendre le contrôle de la situation en abandonnant prématurément des études pour lesquelles il avait pourtant un potentiel au profit d’un travail qui a le mérite de le rassurer sur ses possibilités en lui offrant des résultats immédiats. Il s’agira alors de le rassurer concernant le potentiel en question sans s’opposer à sa décision, mais en lui suggérant que sa décision n’est peut-être pas motivée par de bonnes raisons.

Enfin, si l’entrée en fac peut s’accompagner de difficultés liées à la confrontation de l’adolescent aux réalités extra-familiales, la fin des études représente souvent le deuxième temps de cette confrontation. L’ex-adolescent doit alors assumer la portée de ses choix professionnels et ce qu’ils représentent de confrontation symbolique avec ses parents. Que le jeune adulte réussisse mieux ou moins bien, peu importe : dans les deux cas, il ne peut pas éviter la comparaison avec son père ou sa mère, sans parler de ses frères ou sœurs aînés.

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