La fac lui fait peur. Que faire

La fac lui fait peur. Que faire ?

L’entrée en faculté, que permet l’obtention du baccalauréat, est l’un des derniers «rites» du passage de l’adolescence à l’âge adulte que comporte notre société. De par cette portée symbolique, signe d’une ouverture vers une plus grande autonomie, elle demeure plus importante que sa banalisation ne pourrait le faire penser, surtout si l’on en juge par le nombre de réactions anxieuses et dépressives que ce passage semble engendrer. Autonomie certes toute relative, car la plupart des étudiants demeurent très dépendants de leurs parents. Mais autonomie tout de même, parfois marquée par une séparation physique, un début d’autonomie financière, et surtout le commencement d’une réelle indépendance de la pensée. Car la faculté représente l’accession à des modes d’enseignement, des façons de penser, un esprit critique, des rencontres, qui opèrent une rupture notable avec le lycée. Les classes préparatoires sont beaucoup moins facteurs d’une telle rupture, ce qui d’ailleurs contribue, parfois inconsciemment, au choix qu’en font certains parents et adolescents.

Le principe même du fonctionnement de la faculté fait beaucoup plus appel à l’initiative de l’étudiant, le laissant seul, parfois trop, s’organiser dans la façon dont il gère son travail. Aussi les adolescents les plus vulnérables vont-ils se trouver confrontés aux contradictions propres à leur âge : la crainte d’être livrés à eux-mêmes sans contraintes autres que celles qu’ils se donnent et
sans repères ni exigences pédagogiques tels qu’ils étaient formulés au lycée se doublant de l’irritation, voire du désarroi, que provoque le fait de s’apercevoir des attentes qu’ils ont envers les adultes, attention et soutien qu’ils ont bien du mal à accepter, en particulier de leurs parents.

L’entrée en fac représente ainsi à elle seule la nécessaire rupture avec l’enfance, l’ouverture vers le monde et ses différences, la sortie du cocon familial, mais aussi la pénible confrontation avec les exigences de performance et la crainte de chacun de devoir faire face à ses insuffisances. Désirée et redoutée tout à la fois, il n’y a rien d’étonnant à ce qu’elle puisse être source de déstabilisation.
Il est important d’en être conscient pour ne pas laisser l’adolescent s’enfoncer dans la déprime, se décourager et aggraver ses difficultés en créant lui-même les conditions de son échec. Un adolescent en difficulté peut aussi être tenté de chercher à reprendre le contrôle de la situation en abandonnant prématurément des études pour lesquelles il avait pourtant un potentiel au profit d’un travail qui a le mérite de le rassurer sur ses possibilités en lui offrant des résultats immédiats. Il s’agira alors de le rassurer concernant le potentiel en question sans s’opposer à sa décision, mais en lui suggérant que sa décision n’est peut-être pas motivée par de bonnes raisons.

Enfin, si l’entrée en fac peut s’accompagner de difficultés liées à la confrontation de l’adolescent aux réalités extra-familiales, la fin des études représente souvent le deuxième temps de cette confrontation. L’ex-adolescent doit alors assumer la portée de ses choix professionnels et ce qu’ils représentent de confrontation symbolique avec ses parents. Que le jeune adulte réussisse mieux ou moins bien, peu importe : dans les deux cas, il ne peut pas éviter la comparaison avec son père ou sa mère, sans parler de ses frères ou sœurs aînés.

Ses professeurs préconisent le redoublement

Ses professeurs préconisent le redoublement.

Le redoublement est un fréquent sujet de conflit entre enseignants et parents. Il est vrai qu’il est difficile à résoudre. La tendance des orientations scolaires actuelles est plutôt d’éviter le redoublement. Mais elle peut conduire à orienter par la suite l’adolescent vers une filière qui ne correspond plus ni à ses projets ni à ceux de sa famille. Inversement, le fait de redoubler, et
la blessure d’amour-propre qu’il entraîne, sont démotivants.
La réponse ne peut donc être que ponctuelle, chaque cas étant différent. Le redoublement doit faire l’objet d’une discussion approfondie entre enseignants, parents et adolescents. La façon dont la décision onlinegamblinglobby.com/casino-online-uk est préparée, les conditions dont elle est assortie, le sens qu’elle prend de ce fait pour l’adolescent tout comme les espérances que peuvent faire naître la promesse de meilleurs résultats contribuent à le projeter dans un avenir qui ne soit pas synonyme d’échec mais de réussite future.

Il est stressé à cause du bac. Que faire

Il est stressé à cause du bac. Que faire?

Il est normal d’être sujet au stress face à des échéances importantes. C’est la façon de le gérer qui peut poser problème. Le stress n’étant en fin de compte qu’un mécanisme d’adaptation, les parents devraient se rassurer et éviter de surenchérir sur l’anxiété supposée de l’adolescent face à l’examen à venir en s’alarmant à l’avance de ses soi-disant effets ravageurs. Le stress n’est pas une maladie. Il n’appelle donc pas en lui-même de traitement. Poser d’emblée que l’adolescent ne peut qu’en être
perturbé et débordé, c’est mettre en doute ses capacités à y faire face et donc le mettre en situation d’insécurité.
Faire acte de présence, en manifestant sa propre tranquillité, dans la gestion, au quotidien, d’une certaine dose de stress est, au contraire, le meilleur moyen de l’aider. Le stress ne doit inquiéter que du fait de ses conséquences éventuelles : insomnie sévère et prolongée, incapacité à travailler, dépression, etc. Mais elles sont exceptionnelles, et si la seule perspective du bac suffit à les provoquer, il est clair que cet examen n’est en tau que le révélateur de difficultés sous-jacentes.
Le vrai problème des parents est en général qu’ils sont plus stressés que l’adolescent lui-même. En effet, il peut leur être difficile de gérer une situation face à laquelle ils ne sont que spectateurs passifs, sur laquelle ils n’ont aucune maîtrise. L’adolescent, lui, est actif et dispose de moyens
d’agir sur les événements, de la présence de ses amis, qui souvent partagent la même épreuve, de l’aide de ses professeurs. A défaut de pouvoir agir par eux-mêmes, bien des parents cherchent à avoir une certaine prise sur les événements : s’inquiéter pour l’adolescent et vouloir à tout prix lui apporter une aide est alors une réponse à leur propre stress, et non à celui de l’adolescent…

Les classes «prépa». Comment faut-il les aborder

Les classes «prépa». Comment faut-il les aborder?

Survalorisées ou diabolisées, les classes préparatoires sont généralement considérées comme une spécificité française. Moyen d’ascension sociale censé permettre à tout élève qui en a les compétences d’accéder aux écoles puis aux postes les plus importants, elles ne laissent indifférents ni les parents, ni les enseignants, ni certains adolescents. Entre idéalisation et dénigrement, il convient probablement de les remettre à leur juste place. Elles témoignent avant tout de la capacité de travail et de concentration de ceux qui y ont été admis, leur offrant les avantages d’une formation à une méthode de travail. Elles ne sont qu’un outil pouvant servir de révélateur à des qualités qui, pour n’être pas forcément apparentes, étaient déjà propres à l’adolescent. De même que l’on surestime leur pouvoir formateur, on dramatise sans doute leurs conséquences négatives sur les élèves, rendus malades de stress par la pression que l’on exercerait sur eux. Il ne faut pas perdre de vue que cette orientation fait l’objet d’un choix, même si, comme tout choix important, il est biaisé par de nombreux facteurs et des pressions de tous ordres. Il n’empêche que ce choix correspond à certains types de personnalités qui y trouvent davantage de raisons de satisfactions ou d’intérêt que le contraire, sauf à s’y être fourvoyées. On ne peut nier que les classes préparatoires peuvent précipiter la survenue de difficultés psychiques ; c’est cependant le cas de toute confrontation à la compétition.
Inutile, donc, de craindre les classes « prépa », mais il faut être’ conscient de ce à quoi l’on s’engage. Parallèlement, il revient à l’entourage d’en dédramatiser les enjeux, sans les dévaloriser, mais en relativisant ce choix, qui n’est qu’un possible parmi d’autres. Si ce n’est pas le choix qui convient, l’adolescent pourra toujours en changer; il ne perdra pas pour autant ce qui a déjà été acquis. Ce n’est pas et ne doit pas être un drame de renoncer ou d’échouer en classe « prépa » : de cela surtout, les parents et les adolescents ont besoin de se convaincre…

Ses professeurs ne le comprennent pas. Que faire

Ses professeurs ne le comprennent pas. Que faire?

C’est parfois vrai, mais le plus souvent exagéré et dramatisé. Le problème, cependant, ne réside pas tant dans la réalité de l’attitude des professeurs que dans ce que signifie pour l’adolescent le fait que ses parents puissent faire endosser aux professeurs la responsabilité de ses difficultés. Un professeur est toujours important : ce qu’il est, ce qu’il dit, ce qu’il fait et l’image qu’il renvoie à l’adolescent de lui-même ont des retentissements sur celui-ci. Surtout quand l’adolescent est particulièrement dépendant du regard des autres sur lui pour conforter son estime de lui-même. A ce titre, l’attitude des professeurs peut jouer un rôle déterminant dans les motivations de l’adolescent, son investissement dans une matière et, en conséquence, sa réussite scolaire. Mais la meilleure attitude de parents qui cherchent à soutenir un adolescent vulnérable n’est pas de l’encourager à incriminer les autres dans ses difficultés, car cela accentue son manque de confiance en lui, lui laissant à penser qu’il n’a pas les ressources nécessaires pour régler son différend avec le professeur en question. Une chose est d’être d’accord avec lui sur le jugement qu’il porte sur l’attitude d’un professeur ; une autre est de chercher à intervenir à sa place ou d’en admettre trop facilement les conséquences négatives sur le comportement et les résultats de l’adolescent. Aussi la réponse la mieux adaptée de la part des parents est de faire comprendre à l’adolescent que, s’ils sont (éventuellement) d’accord sur le fait que l’attitude du professeur en question n’est pas la
plus appropriée et peut même paraître surprenante, c’est l’adolescent qui compte, et non pas le professeur. Son objectif doit être l’apprentissage de la matière : le professeur n’en étant que le médiateur, il ne doit pas venir au premier plan, surtout s’il est mauvais. Il est nécessaire que l’adolescent apprenne qu’il ne rencontrera pas toujours les interlocuteurs qu’il aurait souhaités, qu’il sache composer avec cela et s’en faire une force. Surtout, les parents doivent signifier à l’adolescent qu’ils sont persuadés qu’il a en lui-même les moyens de gérer la situation. Si ce n’est pas le cas, cela veut dire qu’elle entre en résonance avec d’autres problèmes. Une aide extérieure peut alors aider à la clarifier.
Mais si cette situation n’est pas révélatrice d’autres problèmes majeurs, elle doit pouvoir être résolue en insistant sur le fait que l’adolescent ne doit attendre des autres qu’ils le motivent, mais avant tout le faire lui-même. Ne pas être clair dans la transmission de ce message, c’est encourager sa dépendance à l’égard des adultes.
Même si la tache éducative des adultes est d’aider à créer les conditions de cette motivation, l’adolescent doit être l’acteur de son propre destin. Créer ces conditions, ce n’est ni lui éviter les obstacles, ni lui laisser croire qu’il ne peut qu’être une victime impuissante, dépourvue de moyens de réaction face aux défaillances des adultes.

Mon enfant a de mauvais résultats scolaires. Est-il paresseux

Mon enfant a de mauvais résultats scolaires. Est-il paresseux?

Le qualificatif de «paresseux» est plus souvent appliqué aux garçons qu’aux filles. Est-ce le bon qualificatif? On peut penser que non, car il relève davantage d’un jugement moral que d’une vérité psychologique. Une personne jugée paresseuse ne l’est plus quand elle est motivée. Elle peut même se révéler passionnée et ardente au travail.
Plutôt que de traiter un enfant ou un adolescent de « paresseux », il vaut mieux se demander d’où vient son manque de motivation. Lui coller une étiquette péjorative peut favoriser son identification à l’image qu’on lui renvoie de lui-même, surtout à cet âge.

Pourquoi un adolescent semble-t-il manquer totalement de motivation pour travailler ? Même si sa désinvolture apparente pourrait le laisser croire, ce n’est jamais un signe de bien-être et d’épanouissement, mais un signe de manque de confiance en soi dont les raisons sont complexes et variables. Elles peuvent aussi bien être liées à la peur de l’adolescent de décevoir, à un manque de confiance dans ses capacités à répondre à ce qu’on lui demande, qu’à sa peur de s’affirmer et de montrer son envie d’occuper la première place, voire d’écraser les autres de sa supériorité.
Car, en réalité, sentiments d’infériorité et de supériorité ne sont que les deux faces de l’envie d’occuper une place unique, d’être au centre de l’attention. Mais si la réussite est aléatoire, dépend de l’opinion des autres et n’est jamais acquise, l’échec, surtout quand on en est soi-même responsable, est toujours sûr et entièrement maîtrisé. C’est-à-dire que l’adolescent peut penser
inconsciemment : «Si je travaille et que je n’ai pas les résultats escomptés, on va penser, et moi le premier, que je ne suis pas aussi capable que je l’espérais. Si je ne travaille pas, il n’y a rien d’étonnant à ce que je ne réussisse pas, et on peut toujours penser que si je travaillais, je réussirais… »
La paresse apparente protège de la déception d’un échec possible, surtout quand l’idéal de réussite est très élevé – peut-être trop -, qu’il paraît donc hors de portée et fait, par contraste, se sentir inférieur. Un sentiment d’infériorité est toujours relatif; il se nourrit d’exigences excessives et de désirs de grandeur. Les idéaux familiaux tiennent une place importante dans la façon dont l’adolescent conçoit sa réussite ; il se positionnera différemment selon celle des autres membres de la famille, d’une façon d’ailleurs souvent imprévisible, car très différente selon les circonstances.
Tel adolescent se sentira soutenu et même tiré vers le haut par la réussite de ses parents et/ou de ses frères et sœurs tandis que tel autre refusera la concurrence et choisira, souvent inconsciemment, de prendre le parti du dilettantisme.

Selon son sexe, la rivalité jouera différemment entre un enfant et ses parents. Un père brillant et une mère en retrait, par exemple, peuvent tout autant servir de modèle que de contre-modèle aux enfants du même sexe. La fille peut vouloir ressembler à son père ou se l’interdire par peur de dépasser sa mère. De même pour un garçon; tous les positionnements sont possibles et peuvent se succéder en fonction des événements et de l’évolution personnelle de chacun. Une des situations types de l’adolescent en échec scolaire est celle du garçon ayant vécu jusqu’alors porté par l’admiration et l’attention soutenue de sa mère. Avec la puberté, l’adolescent se sent obligé de prendre de la distance, gêné par cette proximité affective et physique et désireux de s’affirmer par lui-même. Mais cette distance, la relative solitude qu’elle implique, le fait que personne ne puisse vraiment remplacer cette mère et son regard admiratif, contribuent à déprimer le jeune homme. Seul, il a du mal à travailler et à se concentrer. Il s’évade dans des rêveries, va rechercher des appuis divers : télévision, musique, lectures, amis, ou autres passe-temps moins anodins. La chute de ses résultats scolaires n’arrange rien : il se déçoit et pense décevoir ses parents. Il va chercher la compréhension qu’il pense ne pas trouver chez lui auprès d’amis qui lui ressemblent, ayant le sentiment d’être accepté par eux pour lui-même, quoi qu’il arrive, comme autrefois avec sa mère. Il peut arriver que cette recherche d’un réconfort mutuel dérive progressivement, les adolescents s’entraînant les uns les autres à consommer haschich ou alcool. L’échec de l’adolescent se confirme : ses résultats scolaires lui barrant la route de ses ambitions, autant être grand dans l’échec, à défaut de l’être dans la réussite.

Sa mère ou son père veulent l’aider, le faire travailler, ce qui ne fait qu’empirer la situation, transformer la vie familiale en une série d’incessants conflits. Tout plaisir partagé avec ses parents l’exaspère, comme si ceux-ci n’étaient capables de l’aimer qu’en vertu des satisfactions qu’il peut leur procurer. Avoir une bonne note équivaut pour lui à se soumettre à ses parents, à redevenir l’enfant choyé et adulé d’autrefois qu’il rejette d’autant plus violemment qu’il sait qu’il en garde une nostalgie inguérissable. Il ne se sent lui-même, menant une existence propre, différente de celle de ses parents, que dans ce qui les navre. Plus ceux-ci essaient de cacher leur déception, de se montrer compréhensifs, plus il a envie et besoin de les décevoir et de les provoquer.

Alors que l’on constate souvent que, si les parents acceptent de mettre une distance entre eux et l’adolescent avant que la situation d’échec ne soit définitive, elle est susceptible de s’inverser. Un séjour en pensionnat, par exemple, peut permettre à l’adolescent, encouragé par le rythme de la vie en groupe, de retrouver goût au travail, lui évitant certaines des tentations auxquelles il était difficile de résister. De plus, il ressentira sa réussite, obtenue hors du regard parental, comme lui
appartenant réellement. Rassuré, il pourra alors nouer avec ses parents des liens plus positifs, et d’autant mieux apprécier leur présence qu’il les verra moins souvent.

Le résultat d’un tel éloignement n’est bien entendu jamais acquis d’avance et dépend en grande partie de la qualité des rencontres que peut faire l’adolescent. Néanmoins, une mise à distance, quelle qu’elle soit, paraît susceptible d’avoir des effets positifs. Les plus difficiles à convaincre sont souvent les parents, qui la vivent comme une punition et un abandon. Ce faisant, ils confirment chez l’adolescent le sentiment qu’il est incapable de se prendre lui-même en charge. Aux parents de comprendre que leur plus grande réussite est de faire en sorte que l’adolescent puisse faire la preuve de ses capacités d’autonomie. Même s’il les a construites à partir de ce qu’il a reçu d’eux, ses réussites lui appartiennent en propre, et il doit s’en persuader. C’est alors seulement qu’il peut revenir vers eux suffisamment sûr de lui pour pouvoir s’en rapprocher sans crainte.

Faut-il aider un adolescent à faire ses devoirs à la maison

Faut-il aider un adolescent à faire ses devoirs à la maison?

La place du travail scolaire à la maison est sujette à débats. Et c’est très bien ainsi, car il est peu probable qu’il existe une solution idéale. Ce qui est sûr, c’est que les parents occupent déjà une place trop importante dans la vie de l’adolescent, et que les adolescents sont déjà trop en attente à leur égard, pour qu’il soit sain de rajouter la fonction d’enseignants à celle de parents.
En ce qui concerne le travail scolaire, leur rôle se limite – et c’est déjà beaucoup – à veiller au maintien du cadre de travail réclamé par les enseignants et à organiser en conséquence la vie à la maison. Ils peuvent apporter à l’adolescent une aide ponctuelle, participer à un échange d’idées, suggérer l’usage de ressources possibles, mais guère plus. Aider l’adolescent à organiser son temps, veiller à ce que les devoirs soient faits est possible ; aller plus loin, en revanche, c’est prendre des risques excessifs.
Il reste important que les parents s’intéressent aux résultats et aux conditions de travail de leurs enfants, valorisent l’école et les enseignants, mais ils n’ont toutefois pas à jouer les professeurs. Si l’adolescent a besoin d’une aide, elle doit venir d’un tien qualifié et moins directement impliqué affectivement que ses parents. S’il n’arrive pas à travailler seul, on peut envisager de recourir à un professeur particulier ou encore le mettre à l’étude, à condition qu’une telle structure existe dans son école. D’autant que travailler avec d’autres (camarades ou tierces personnes) est à même d’assurer le compromis qui permet à l’adolescent à la fois de se sentir soutenu et d’apprécier ses progrès, voire ses bons résultats scolaires, sans s’en sentir redevable à ses parents.

Alors que faire travailler l’adolescent risque de déclencher un cercle vicieux incontrôlable. En effet, cela ne peut que renforcer le sentiment qu’il a de ne pas posséder les capacités nécessaires, de dépendre, dans tous les domaines de sa vie, de ses parents qui, eux, ont ces capacités, et d’être malgré lui obligé d’affirmer sa différence par une plus ou moins subtile mise en échec
des efforts parentaux (soit en cherchant la confrontation et en se butant, soit, évitant tout conflit apparent, en s’enfonçant doucement dans une « passivité active » qui le fait stagner à un niveau inférieur à ses capacités). Tout le monde finit alors par s’énerver. Si l’on veut que l’enfant développe sa confiance en lui, il faut qu’il exerce lui-même ses compétences et qu’il se perçoive
le plus tôt et le plus complètement possible comme l’auteur de ses œuvres. C’est particulièrement vrai pour le travail de réflexion et le travail de création.

Il peut y avoir des exceptions, surtout si l’adolescent est par ailleurs autonome. Mais si une connivence particulière naît entre un parent et un adolescent sur le plan scolaire, elle se paie souvent d’une difficulté, plus ou moins retardée, sur un autre plan : apparition d’un trouble alimentaire, épisode dépressif, isolement affectif… Comme si cette proximité obligeait à trouver, à
un autre niveau, une manière de mettre à distance ce parent. En revanche, les parents peuvent avoir un rôle important en stimulant la curiosité intellectuelle de leur enfant : par exemple, en discutant avec lui des sujets culturels les plus divers. Ils peuvent pour ce faire s’appuyer sur des émissions de télévision, de radio ou encore sur la lecture de magazines et la visite d’expositions.
Autrement dit, le temps que l’adolescent passe à la maison n’est pas forcé d’être exclusivement partagé entre ses devoirs et ses loisirs, laissés à sa seule discrétion. Prendre le temps de partager le plaisir d’un échange ou d’une émotion esthétique s’inscrit entre les deux.

Il est surdoué. Faut-il s'en inquiéter

Il est surdoué. Faut-il s’en inquiéter?

C’est une notion à la mode que celle des « enfants surdoués». Mais ce phénomène de mode, comme
c’est habituellement le cas, repose sur un malentendu. «Surdoué» signifie en général que l’adolescent a un quotient intellectuel nettement supérieur à la moyenne de ceux des adolescents de son âge.
Toutefois, ces chiffres sont le résultat de tests qui ont certes fait la preuve de leur validité statistique et peuvent fournir une indication pertinente pour la poursuite d’études futures, mais qui ne rendent pas compte pour autant de l’intelligence d’un individu, étant davantage susceptibles d’en souligner les déficits que les performances. Car la performance est une notion complexe. Obtenir de bons résultats aux tests de Q.I. ne garantit pas l’individu de difficultés, voire même d’une certaine inadaptation, dans la vie courante. Pour affiner leurs résultats, les tests se subdivisent d’ailleurs en deux catégories : les tests verbaux et les tests pratiques, orientés plus spécifiquement sur les aptitudes pratiques et le repérage des formes dans l’espace. Le chiffre global peut alors recouvrir en réalité des résultats aux écarts relativement importants.
Il existe ainsi des enfants dont les résultats sont supérieurs à la moyenne sur l’ensemble des épreuves, que l’on peut qualifier de «surdoués harmonieux», et d’autres qui ont des scores très élevés dans certains domaines mais moins brillants, voire franchement médiocres, dans d’autres, que l’on appellera les «surdoués dysharmoniques ». Ces derniers ont souvent de graves problèmes d’intégration, notamment scolaire.
Certains présentent, depuis la petite enfance, des troubles du développement qui compliquent encore
leur adaptation. C’est le plus souvent le cas des enfants appelés «calculateurs prodiges», qui développent des compétences exceptionnelles dans le calcul mental mais peuvent simultanément être incapables de relations sociales et d’apprentissages adaptés à la réalité.

Ce déséquilibre peut être mal interprété par les parents, avec de lourdes conséquences. Car ils préfèrent ne retenir que les performances extraordinaires et mettre sur le compte de ces compétences hors normes les difficultés d’adaptation de l’enfant. L’école et les programmes scolaires sont jugés responsables de son inadaptation; en réagissant de la sorte, les parents refusent de voir les difficultés, notamment relationnelles, de leur enfant. Ce type de déni peut être fait à propos d’en-
fants agités, affectés de troubles de l’attention, d’une instabilité motrice et de désordres plus ou moins sévères de la personnalité et de l’humeur : on préférera mettre cet ensemble de troubles sur le compte de la supériorité intellectuelle de l’enfant, censé de ce fait s’ennuyer dans une classe normale et se sentir incompris et persécuté par des observations et des sanctions jugées injustes.
Mais le propre d’un enfant surdoué et équilibré est de savoir très vite s’adapter aux situations et de compenser par un travail personnel et des intérêts propres ce que les apprentissages scolaires ne peuvent apporter. Il peut sauter une classe ou développer des compétences spécifiques sans pour autant se sentir à part, s’agiter, faire assumer à d’autres ses difficultés propres. Ces comportements sont en réalité les symptômes de difficultés de la personnalité.
Il convient d’admettre celles-ci pour ce qu’elles sont : non pas une tare, mais une réalité à laquelle il faut apporter une réponse. Cette réponse passe souvent par la valorisation des compétences spécifiques de l’enfant, que ce soit en lui offrant des cours particuliers ou en le
scolarisant dans une institution à petits effectifs, dont les aménagements doivent toutefois favoriser par ailleurs sa socialisation. Le risque est grand dans le cas contraire que l’enfant ne s’enferme dans une mégalomanie qui le conduira inévitablement à rejeter sur les autres les difficultés qu’il ne peut assumer seul.

La très grande majorité des surdoués que nous avons appelés « dysharmoniques » exercent leurs compétences exceptionnelles dans des domaines très limités ou trop originaux, sans lien avec la réalité concrète. Ils sont victimes de graves difficultés relationnelles, en général présentes dès la petite enfance, que la puberté révèle au grand jour. Il est nécessaire d’aider ces adolescents à sur-
monter leurs peurs et leurs difficultés en se servant de leur potentiel, au besoin en ayant recours à des structures adaptées, mais en veillant toujours à ce que forces et faiblesses ne se masquent pas les unes les autres. Etre surdoué est une chance que, toutefois, les difficultés d’insertion de l’adolescent, si elles ne sont pas prises en compte à leur juste valeur, peuvent transformer en poids trop lourd à porter.