Elle vole dans les magasins. Comment en parler avec elle

Elle vole dans les magasins. Comment en parler avec elle?

Le vol est plus fréquent qu’on ne le croit, bien qu’il passe souvent inaperçu. Qu’il soit ou non découvert, il peut devenir envahissant et correspondre à une véritable contrainte compulsive chez certains adolescents : c’est ce qu’on appelle la «cleptomanie». Ce trouble du comportement peut s’accompagner d’autres troubles qui témoignent de sa sévérité, en particulier la boulimie, mais aussi la prise de toxiques, la mythomanie, les conduites suicidaires. Qu’une adolescente ait pris l’habitude de voler peut parfois être le résultat d’une éducation laxiste, sans compter qu’elle a pu se laisser entraîner par des camarades. Les grands magasins sollicitent l’envie, d’autant que les biens qui y sont proposés ne semblent plus lies à une personne privée, particulière, comme c’est le cas chez les commerçants, mais à une entité générale et impersonnelle. Pour des parents qui apprennent que leur fille vole ou qui la surprennent à voler, la question est de savoir si cela ne constitue qu’un comportement occasionnel et circonstanciel (auquel cas ils peuvent provoquer une explication et poser un interdit, le plus souvent avec succès) ou s’il s’agit réellement de cleptomanie, c’est-à-dire
d’une conduite à la fois plus organisée et plus difficile à contrôler. La cleptomanie se rencontre plus fréquemment chez les filles, alors que le vol, quand il devient une habitude chez le garçon, est davantage associé à un comportement impulsif, délinquant et plus ou moins violent. Comme tout comportement déviant, le vol appelle une réponse immédiate des parents qui doivent à la fois
rappeler l’importance des limites et aider l’adolescent à mieux évaluer les enjeux de ses actes. Dès qu’il se révèle être un comportement répétitif de l’adolescent(e), que ce soit sous une forme cleptomaniaque ou sous une forme délinquante, il devient nécessaire de faire intervenir un psychiatre, voire, par la suite, un éducateur.

Elle a des idées suicidaires. Comment renouer le dialogue avec elle

Elle a des idées suicidaires. Comment renouer le dialogue avec elle?

Pas plus que la dépression, les idées suicidaires ne sont propres à l’adolescence ni l’un de ses passages obligés. Seule une vision romantique faussée de cet âge peut faire croire que tout adolescent a, un jour ou l’autre, pensé au suicide. Pour autant, avoir des idées suicidaires n’est pas en soi une pathologie mais reflète une vulnérabilité à la dépression et une insatisfaction de soi, et des autres, qu’il ne faut pas négliger. L’évocation d’idées suicidaires n’appelle pas nécessairement la consultation immédiate d’un psychiatre ou d’un psychologue. Ce ne serait le cas que si elles per-
sistaient et s’accompagnaient de manifestations dépressives franches : repli sur soi, indifférence ou angoisse, absence de désirs et de projets, troubles du sommeil et de l’alimentation… En revanche, les parents doivent répondre à toute expression d’une idée dépressive en établissant, pour le moins, un échange approfondi et un dialogue vrai, sans faux-fuyant et sans tabou. Il leur faut d’abord écouter ce qui ne va pas et aider l’adolescent à trouver les mots pour l’exprimer avant de lui donner
leur point de vue, de chercher à présenter la situation sous un angle plus positif et à lui redonner espoir.
Dans certains cas, l’idée du suicide peut s’ancrer et devenir chez l’adolescent une façon régulière de se plaindre, ce qui n’est pas sain et réclame un avis qualifié extérieur. Ce n’est pas nécessairement le signe que le risque d’une tentative de suicide est important, ni que la dépression est profonde. Il ne faut cependant ni le banaliser sous prétexte qu’en parler suffit à ne pas passer
à l’acte, ce qui est faux, ni dramatiser la situation de sorte que l’adolescent va favoriser l’utilisation de la menace de suicide comme moyen d’entrer en relation avec son entourage. Car, à cet âge, la plainte peut facilement devenir pour l’adolescent un moyen de réguler la distance relationnelle et affective qui le sépare de ses parents. Réguler cette distance
en menaçant constamment de se suicider finirait par faire des adultes et de l’adolescent les otages les uns des autres. Il faut faire en sorte que la communication se déplace sur un autre registre, ce qui nécessite généralement d’entreprendre une thérapie familiale et/ou individuelle.

Il se sent déprimé. Comment l'aider

Il se sent déprimé. Comment l’aider?

La dépression, la déprime ou la morosité sont certainement les signes de souffrance psychique les plus fréquents de l’adolescence. Au point qu’on a voulu y voir une de ses caractéristiques inévitables. Mais cela est faux, même si environ un quart des garçons, et plus encore des filles, seront déprimés à un moment ou à un autre de leur adolescence. Il est vrai que le terme « déprimé » recouvre des réa-
lités bien différentes, qui vont des petits coups de cafard (qui font partie de l’ajustement normal à la réalité) à la dépression majeure, véritable maladie psychiatrique ayant souvent un soubassement biologique et génétique. La dépression peut s’exprimer par un fond dépressif chronique, mais aussi par une façon d’organiser sa vie, non sans un certain plaisir romantique à le faire savoir et à le montrer, dans la nostalgie, par des pensées dépressives se cachant derrière des plaintes répétées concernant le plus souvent le corps, par des troubles du comportement ou par une agitation inquié-
tante. La majeure partie, sinon la totalité, des troubles psychopathologiques est en effet l’indication d’une possible dépression.
L’adolescent et, peut-être plus encore, ses parents doivent apprendre à tolérer les moments de déprime sans en faire pour autant le signe évident qu’il est déprimé, voire malade. A l’inverse, il appartient aux parents de savoir repérer un état dépressif qui s’installe, s’organise et perdure et d’y réagir par la consultation d’un généraliste ou d’un psychiatre. Cela est encore plus nécessaire quand existent des antécédents familiaux de dépression, sans pour autant que cela ne suscite des
inquiétudes exagérées ou n’éveille l’idée d’une fatalité familiale à laquelle l’adolescent ne pourrait pas échapper. La présence d’antécédents sévères ou de suicides dans sa famille ne veut pas dire que l’adolescent suivra forcément le même chemin s’il est déprimé. L’influence génétique est complexe et partielle ; elle ne joue qu’en association avec la part environnementale, liée à l’his-
toire de la vie de l’intéressé, de la dépression. Cela veut simplement dire qu’une certaine vulnérabilité génétique contribuera à donner aux pensées et aux émotions dépressives d’un adolescent ayant de tels antécédents une résonance et une ampleur plus facilement importantes que chez un autre. La prescription d’antidépresseurs et/ou de régulateurs de l’humeur a visée préventive peut le libérer de ces handicaps et le laisser plus libre de résoudre ses problèmes, facteurs de dépres-
sion. La prescription de médicaments ne veut cependant pas non plus dire qu’il a une maladie dépressive et qu’il devra les prendre toute sa vie, mais plutôt qu’ils peuvent être à certains moments un outil susceptible de l’aider à se donner les moyens de résoudre ses problèmes.

La maladie dépressive proprement dite a un caractère périodique, des épisodes d’excitations, appelés manies, alternant avec des épisodes dépressifs (maladie maniacodépressive). Certaines formes purement dépressives de la maladie ont souvent une durée plus longue. Toutes ces formes de maladie dépressive répondent bien à un traitement curatif (antidépresseurs et/ou calmants) et, désormais, à un traitement préventif. Les médicaments n’empêchent pas mais, au contraire, facilitent une
approche psychothérapeutique individuelle et familiale. Entre ces formes majeures de dépression, tous les intermédiaires et toutes les variétés de manifestations dépressives existent, auxquels une réponse peut être apportée par les thérapeutiques déjà citées.

Il a peur de devenir fou. Que faire

Il a peur de devenir fou. Que faire?

C’est une crainte qui est loin d’être exceptionnelle à l’adolescence, même si elle ne se formule pas toujours aussi clairement. Elle correspond à une peur caractéristique des enfants de cet âge : celle de perdre le contrôle de soi. Elle reflète bien les fortes pressions auxquelles est soumise la personnalité de l’adolescent du fait de la puberté : pression de la montée en puissance des désirs et des appétits en tous genres; pression des contraintes externes et de la nécessité de ménager l’amour des parents; pression liée aux contradictions dont l’adolescent est porteur, à son besoin des autres qui s’oppose à son désir de se suffire à lui-même. Ses contradictions peuvent aisément lui donner le sentiment qu’il ne peut plus les contenir et qu’il va exploser : c’est ce qu’il nomme «folie». L’adolescent aura d’autant plus tendance à exprimer son malaise par une forme de violence explosive qu’il aura plus de mal à mettre des mots sur ce qu’il vit, et donc à le comprendre.

On appelle généralement folie ce que l’on ne comprend pas. C’est dire si cette peur relativement banale est, dans la majorité des cas, bien éloignée de la folie comme maladie. Ce n’est pas une raison pour prendre la crainte de l’adolescent à la légère; la meilleure réponse que l’on puisse lui fournir est de l’aider à comprendre ce qui se passe en lui et à mettre des mots sur ce qu’il ne fait que subir pour enfin l’apprivoiser.