Il joue aux jeux vidéo. Est-ce bon pour lui

Il joue aux jeux vidéo. Est-ce bon pour lui?

L’es adolescents se servent pour leurs jeux, comme pour le reste de leurs activités, des moyens d’ex-
pression de leur époque. Aussi utilisent-ils et utiliseront-ils de plus en plus les jeux vidéo ainsi que tous les jeux liés aux nouvelles technologies – et c’est tant mieux ! Tant mieux parce qu’ils vont peu à peu se familiariser avec ces technologies nouvelles et y acquérir une certaine dextérité ainsi qu’une ouverture d’esprit. Ces jeux ne deviennent vraiment préoccupants que lorsqu’ils sont utilisés avec excès. Excès qui vont exacerber certaines de leurs particularités, comme leur
caractère souvent solitaire et virtuel. Or solitude et virtualité risquent de conjuguer leurs effets pour isoler l’adolescent et le couper de la réalité. Certains s’enferment ainsi dans un monde de plus en plus irréel, propice à l’éclosion d’un sentiment de toute-puissance. Ils y fuient les contacts humains, source de frustrations, et vivent par procuration des situations qui ne sont ni purement imaginaires – comme les rêveries inspirées de lectures, par exemple — ni réellement concrètes. Bien
sûr, les adolescents qui y perdent le sens de la réalité avaient, en général, déjà quelques prédispositions. Par contre, d’autres adolescents, présentant souvent des troubles de la petite enfance et de grandes difficultés de contact avec la réalité, vont paradoxalement y trouver un moyen de sortir de leur isolement en apprenant à jouer d’une manière tolérable pour eux, c’est-à-dire à la fois parfaitement maîtrisable et considérablement distanciée des personnes réelles qui leur font peur.

On l’aura compris : c’est à l’entourage de faire de ce moyen d’expression un outil pour apprivoiser progressivement les jeunes et les ouvrir à l’échange, par exemple en discutant avec eux des jeux qu’ils préfèrent ou même en y participant. Ce n’est pas en interdisant les jeux vidéo que l’on
pourra aider les adolescents à ne pas s’y enfermer. C’est bien plutôt en les sortant de leur isolement, c’est-à-dire en partageant leur intérêt pour les ouvrir peu à peu à d’autres formes d’expression, et ce en leur proposant d’autres expériences génératrices de plaisir.

Watching TV

Elle regarde la télé. Est-ce la meilleure des distractions à l’adolescence?

Il devient vraiment difficile pour un adolescent de ne pas passer son temps devant la télévision, en particulier lorsque ses parents sont absents. C’est en effet une façon de se raccrocher à une présence adulte, avec l’avantage de pouvoir la taire apparaître, disparaître et changer à sa guise. En somme, une présence potentiellement toujours accessible, à disposition, et sur laquelle l’adoles-
cent a tout pouvoir : le rêve ! Mais le rêve, aussi utile soit-il, a besoin de s’allier à
la réalité. Car si l’on reste dans le rêve, il n’y a pas d’apprentissage. Et sans apprentissage, il n’y a pas d’acquisitions et, par conséquent, pas d’autonomie possible. L’adolescent ne pourra alors que se sentir dénué de valeur et de toute confiance en soi, mais pas nécessairement vide de tout. Car cette absence d’acquis exacerbe l’envie de se remplir ; or il est possible de se gaver d’images comme on se gave d’autres substituts tels que la nourriture, les cigarettes ou autres drogues. Pourtant, la télévision est un incomparable moyen d’apprentissage et d’ouverture sur le monde. Comme les livres, mais différemment, parce qu’elle sollicite davantage une certaine forme de passivité : la seule suc-
cession des images fascine et nourrit celui ou celle qui regarde. Il convient donc d’en faire un usage tempéré. Pour cela, l’adolescent ne saurait se passer de limites et de repères ; il conviendra de lui apprendre à sélectionner ce qu’il regarde, à limiter le temps qu’il passe devant la télévision, à confronter ce qu’il y voit à d’autres sources d’information. Se laisser captiver par la télévision est une fuite, voire une évasion, qui risque d’éloigner l’adolescent des véritables enjeux de son âge et le rendre ainsi plus vulnérable à la dépression. Il revient donc aux parents d’en
apprendre le bon usage à leurs enfants – et ce dès leur plus jeune âge – afin qu’une fois adolescents, ils n’en soient pas l’esclave. Pour ce faire, le petit écran ne doit pas être destiné à un usage privé, une pratique solitaire, mais doit être un moyen d’échange avec les adultes.

Swimming - sport

Le sport lui prend tout son temps. Que faire?

Il n’est pas rare qu’un adolescent consacre la plus grande partie de son temps à une activité, par
exemple, le sport. Cette activité monopolise toute sa disponibilité, son intérêt et la majeure partie de son énergie. Comme tout excès, cela traduit pour partie un doute, des inquiétudes, voire des difficultés plus ou moins sérieuses dans les autres domaines négligés. Comme si l’adolescent, peu sûr de lui, trouvait ainsi un moyen de se rassurer sur sa valeur, un moyen de maîtriser une partie de sa vie alors qu’il peut craindre par ailleurs de perdre pied, de se sentir débordé par des ambitions qu’il ne peut réaliser.
Ce surinvestissement dans le sport, ou dans d’autres activités, offre l’avantage de permettre à l’adolescent de se valoriser dans une activité concrète, ancrée dans la réalité, qui peut faciliter les échanges avec les jeunes de son âge. Toutefois, il peut également présenter l’inconvénient, étant excessif, d’enfermer l’adolescent plus qu’il ne l’ouvre aux autres et de lui interdire d’autres
intérêts scolaires et sociaux. On sait, par exemple, que l’anorexie mentale peut se manifester, au début et pendant toute la durée de la maladie, par un besoin frénétique d’activité (marche ou jogging, notamment) qui progressivement tourne à vide, l’adolescent ayant pour seul but de se dépenser sans limites au détriment de tout échange ou de tout partage avec les autres.

C’est aux parents de poser les limites que l’adolescent ne peut trouver lui-même afin d’éviter que le sport ne devienne pour lui une sorte de drogue. Comme toute passion se déclenchant à l’adolescence,
celle-ci gagne à être inscrite dès le début dans une démarche qui ne soit pas solitaire, mais au contraire la plus socialisée possible. Il sera d’autant plus facile pour les parents d’y veiller qu’ils le feront tôt, parce que l’adolescent est alors plus sensible à leurs conseils et, surtout, parce qu’il ne sera pas encore enfermé dans sa solitude. Il n’est pas rare, cependant, que ce soient les parents qui favorisent l’engouement frénétique pour un sport. Dans l’incessante course aux performances qui régit actuellement notre société, certains même préparent dès leur plus jeune âge leurs enfants à entrer dans la compétition. Ce n’est certes pas une démarche solitaire, mais elle peut enfermer l’adolescent dans le seul objectif de la réussite, le rendre captif d’un projet parental qui n’est pas le sien, au détriment de son développement affectif et intellectuel. L’adolescence peut être un moment de révolte et de rupture dans cette marche programmée vers un destin conçu par d’autres. Ce n’est pas condamner la préparation de jeunes gens à un sport
de haut niveau que d’attirer l’attention de leurs parents sur les enjeux et les risques d’une démarche qui, aussi bien intentionnée soit-elle, peut être lourde de conséquences.

Il dort le jour. Que faire

Il dort le jour. Que faire ?

L’inversion du rythme biologique fait partie des plaisirs et des aspirations de l’adolescence. C’est un rêve que les vacances permettent de réaliser. C’est même devenu, dans certains pays, un phénomène de masse auquel il est bien difficile de résister : phénomène appelé «movida» en Espagne par exemple, où, toutes les fins de semaine, les adolescents passent la nuit à discuter et à boire dans les rues.
Bien des raisons favorisent cette prédilection des adolescents pour la nuit. La première, et non des moindres, est qu’elle s’oppose au rythme des adultes. Le jour est associé aux exigences de l’adaptation à la réalité, du travail et de l’école. C’est le monde de la clarté, de la raison, de l’obéissance auquel s’oppose point par point le monde de la nuit, celui de l’obscurité, du rêve, de l’imaginaire, des angoisses et des fantômes, mais aussi de l’amour. Puisque interdite – parce qu’il devrait dor-
mir comme un enfant sage -, l’adolescent a le sentiment que la nuit lui appartient et qu’il y échappe au regard des adultes.

En outre, beaucoup d’adolescents anxieux ont du mal à s’endormir. Ils ont peur de s’abandonner au sommeil, comme ils craignent, en s’abandonnant à une relation de trop grande proximité avec les adultes, de s’en trouver captifs. Le sommeil est assimilé à une perte de contrôle qui se concrétise par le surgissement de rêves qui, chez eux, tournent si facilement au cauchemar. Il est alors plus facile de dormir le jour, sous la protection lointaine des adultes vigilants, et de veiller
la nuit. Us prolongent ainsi ce que font les enfants inquiets qui ne peuvent s’endormir qu’avec une
lumière allumée. Parallèlement, inversant la situation qui veut que les parents veillent sur le sommeil de leurs enfants, ils ont l’impression de contrôler l’activité nocturne de leurs parents.

C’est avec le début de la puberté, et davantage chez les garçons que chez les filles, que naît ce besoin de changer le rythme du sommeil. L’adolescent éprouve à nouveau des difficultés à se coucher, comme dans sa petite enfance, et, parallèlement, des difficultés à se lever le matin. Lui qui, le dimanche matin, allait très tôt réveiller ses parents pour se glisser dans leur lit, se trouve péniblement réveillé vers 11 heures ou midi par une mère irritée de cette paresse nouvelle. Le contact qu’il fuit en évitant désormais une trop grande proximité corporelle avec ses parents, il le retrouve au fond de son lit, dans lequel il se blottit, ayant autant de mal à le quitter qu’il en a eu à le gagner.
Que faire? Faut-il laisser un adolescent se coucher quand il veut ? Quand et comment réagir à cette inversion du rythme sommeil/veille? Il est préférable de ne pas le laisser gérer seul une situation dont il ne mesure pas les enjeux. Son équilibre physique et psychique exige qu’il dorme suffisamment et qu’il se couche en conséquence. C’est à ses parents d’y veiller en tenant compte de son âge. Même
passés 18 ans, sauf exception, il est déconseillé de dormir moins de 8 heures, certaines personnes ayant même besoin de plus d’heures de sommeil. Quant à dormir le jour, il ne peut en être question, sauf éventuellement le dimanche et pendant les vacances, sans que ce qui est une possibilité laissée à l’adolescent ne devienne pour autant une habitude contraignante.
Car si cette pratique déborde sur Tannée scolaire, elle peut avoir un retentissement scolaire immédiat et marginaliser rapidement l’adolescent. En outre, elle est parfois le signe de difficultés psychologiques qui appellent une réponse rapide et spécifique.

Laisser se prolonger tant soit peu cette conduite, c’est handicaper l’adolescent dans sa scolarité, le couper de ses camarades, le laisser s’enfoncer dans la dépression. Certains parents sont parfois enclins à penser qu’il ne faut surtout pas le brusquer, qu’il a besoin de compréhension et qu’en s’opposant à lui, ils prendraient le risque de provoquer un conflit qui ne ferait que renforcer la solitude de l’enfant. « Quand il ira mieux », pensent-ils, « il se reprendra de lui-même. »
C’est toujours un mauvais calcul. Les adultes doivent être conscients que choisir le repli et la fuite va laisser l’adolescent encore plus démuni et angoissé. Ce n’est plus un choix mais une contrainte qui s’impose à lui. Alors même que des aides appropriées, comme la consultation d’un spécialiste, existent. Plus on laissera la situation s’installer, plus elle s’aggravera. Toute situation qui se clôt sur elle-même se dégrade et conduit à un processus d’autodestruction. Le fait que ses parents réagissent immédiatement est toujours rassurant pour l’adolescent, parce qu’il lui
prouve à la fois la confiance qu’ils ont dans son aptitude à sortir de cette situation et leur capacité à faire face, même au prix d’un conflit avec lui. Toute autre attitude sera perçue comme un abandon et une soumission qui ne peuvent que renforcer les angoisses de l’adolescent.

Il s'est saoulé pour la première fois. Va-t-il recommencer

Il s’est saoulé pour la première fois. Va-t-il recommencer?

Les ivresses collectives partagées entre jeunes, et même entre très jeunes préadolescents, semblent
prendre aujourd’hui une valeur de rite initiatique. Un bien mauvais rite cependant, que certains risquent de payer cher, car, au lieu de les aider à s’intégrer à la société adulte, ce type de comportement peut au contraire les marginaliser. Et le danger est d’autant plus grand que l’adolescent est plus vulnérable, psychiquement mais aussi biologiquement, comme c’est le cas pour toutes les drogues à effets psychotropes.

Pour certains, la rencontre avec l’ivresse a un rôle révélateur, leur ouvrant les portes d’un nouveau monde du fait de l’intensité des phénomènes psychiques qu’elle provoque. Ces adolescents-là auront du mal à abandonner une source d’excitation qui efface, d’un seul coup, toutes les émotions et pensées dépressives, les désinhibe et leur donne un sentiment de liberté et de relation fiisionnelle avec tout ce qui leur manque d’ordinaire dans la vie quotidienne, et auquel ils ont soudain l’impression d’avoir magiquement accès. Fusion avec un monde idéal, oubli de leurs peines et de leurs
insuffisances, exaltation et libération des freins et entraves habituels… tout cela se fond en un mélange qui leur paraît détonnant et dont il peut être très vite difficile de se passer. Ajoutons à cela que les adolescents et jeunes adultes ont tendance à passer outre les prises de risque excessives que cet état favorise, notamment en voiture ou à moto…

Car l’alcool demeure la source principale d’accidents à l’adolescence. Comme pour la cigarette, la toxicomanie et les troubles du comportement en général, la prévention doit essentiellement porter sur l’insécurité affective, le malaise et l’état dépressif de l’adolescent. Il est aisé de voir combien ces ivresses, plus ou moins liées à une vie de groupe ou de bande, sont un moyen de trouver à l’extérieur ce qu’il n’est plus possible ou n’a pas été possible de trouver au sein de la famille. A savoir une communication vécue comme intense et un sentiment de force collective dont l’adolescent a d’autant plus besoin qu’il se sent plus seul et plus exposé dans ce monde extra-familial où il est tenu de faire ses preuves et de montrer de quoi il est capable… C’est dire l’importance de trouver auprès des adultes, parents et/ou adultes-relais, des occasions nombreuses d’intérêts et de plaisirs partagés qui soient suffisamment motivants pour l’adolescent mais lui restent tolérables.

Toutefois, il faut se garder de dramatiser. Une première «cuite» n’est pas une catastrophe. Elle n’est que le signe du besoin de l’adolescent de trouver appui chez les autres. Aux adultes, donc, d’y être attentifs et d’aider l’adolescent à rencontrer des soutiens valorisants et bénéfiques. L’exemple des adultes qui l’entourent, et en particulier de leur façon de boire de l’alcool, a également toujours beaucoup d’impact.

Elle dépense tout son argent de poche en vêtements. Qu'est-ce que cela signifie

Elle dépense tout son argent de poche en vêtements. Qu’est-ce que cela signifie?

Une frénésie d’achats est le signe d’un besoin de compenser par l’apparence extérieure ce qui doit être perçu chez radolescent(e) comme le sentiment d’une insuffisance de valeur et un manque de confiance en soi. Mais il n’est pas toujours facile de déterminer précisément ce qui peut être jugé excessif. Les normes familiales sont très variables et, avant de les établir de façon autoritaire et définitive, il est toujours souhaitable que les parents regardent autour d’eux et les comparent
avec celles des familles des camarades de leurs enfants. Non pas pour abandonner toute référence à ses valeurs personnelles et se conformer à la moyenne, mais pour éviter de camper sur des positions trop rigides et trop absolues. Une réaction trop décalée ne ferait que conforter l’adolescent(e) dans le bien-fondé de ses choix et ôter toute crédibilité aux objections de ses parents. Comme souvent, l’âge est un facteur important. Car quand l’adolescent approche de sa majorité, c’est le moment pour lui d’assumer ses choix. Une des façons de le lui permettre peut consister à lui laisser gérer son
argent de poche, en refusant, quelles que soient ses dépenses, de lui donner plus qu’il n’était convenu.

Dans tous les cas, rien n’empêche d’apprécier que radolescent(e) cherche à se mettre en valeur, mais aussi de l’aider à se convaincre que sa valeur et sa capacité à plaire ne sont pas forcément proportionnelles à l’argent dépensé ni tributaires d’accessoires extérieurs tels que les vêtements. On peut essayer de limiter ses achats sans pour autant culpabiliser sa démarche, ce que l’on ne
manquerait pas de faire si on lui faisait remarquer, par exemple, qu’il vaudrait mieux dépenser son argent autrement ou que c’est le signe d’une frivolité et d’un désir de plaire condamnables. Ce point nous paraît d’autant plus important à souligner que ce genre de comportement est souvent le fait d’une mère qui ne prend pas soin d’elle, comme si elle-même avait renoncé à chercher à plaire. Tout désir de plaire est, dans ce cas, volontiers ressenti comme coupable par l’adolescente, surtout si son père s’y montre sensible. Il est fréquent qu’elle cherche à échapper à cette culpabilité par une
attitude non seulement opposée à celle de sa mère mais outrancière, provoquant inconsciemment la critique.
Celle-ci la confirme alors à la fois dans son sentiment de culpabilité et dans la justification de sa révolte contre ce qu’elle vit comme une injustice. Un cercle vicieux qu’il sera difficile de briser se met ainsi en place.

Elle a fugué. Comment faire pour renouer le dialogue avec elle

Elle a fugué. Comment faire pour renouer le dialogue avec elle?

La fugue est la meilleure illustration du besoin qu’ont les adolescents de recourir à l’espace pour prendre une distance nouvelle avec leurs parents. Distance qu’ils n’arrivent pas à créer par leurs propres moyens psychiques. Ce besoin traduit l’enchevêtrement des états affectifs des uns et des autres au sein du cercle familial, et la difficulté pour chacun de déterminer les limites d’un territoire qui lui soit propre.
Toutefois, la fugue reste une façon bien illusoire d’échapper aux tensions familiales. Celles-ci peuvent être dues aux conflits parentaux, à des comportements inadéquats ou violents, à des attitudes sexuelles ambiguës, voire même à des abus ; mais aussi à l’importance des attentes des adolescents à l’égard de l’un ou des deux parents. Attentes qu’ils vivent comme une violence qui leur est faite et comme une véritable intrusion.

Que l’adolescent réponde par la fugue à une pression ou à une carence de communication au sein de sa
famille est un comportement à ne pas prendre à la légère. C’est en effet un indicateur réel de risques liés au suicide : la fugue fait partie des antécédents d’environ 30% des 15-25 ans ayant à leur actif une ou plusieurs tentatives de suicide.

Mais, heureusement, la fugue est le plus souvent sans graves conséquences immédiates. La plupart du temps, les jeunes qui fuguent trouvent refuge chez des proches, et ce pour un temps très limité. En ce qui concerne la réaction des parents, il peut être salutaire pour l’adolescent que ces derniers laissent paraître leurs émotions : inquiétudes, chagrin mais aussi colère. Toutefois, il faut
savoir que la fugue appelle d’abord et avant tout une réponse à ce qu’elle exprime la plupart du temps : une difficulté psychique majeure impossible à contenir par les moyens normaux d’expression. Cette difficulté nécessite toujours une évaluation psychologique et un suivi qui doit impliquer aussi bien les parents que l’adolescent. Ce qui semble ainsi ne pas pouvoir être contenu par le cercle familial et devoir nécessairement en déborder appelle une réponse d’intervenants extérieurs spéciali-
sés. Ceux-ci vont impliquer la famille tout entière dans la suite à donner à la fugue dans la mesure où cet acte traduit une certaine difficulté de l’adolescent à élaborer et à traiter les conflits non seulement dans son espace psychique interne mais également au sein de sa famille.

On se moque de lui au lycée. Que faire

On se moque de lui au lycée. Que faire?

C’est une plainte de plus en plus fréquemment exprimée que le fait d’être victime de moqueries,
peut-être parce que les enfants sont plus sensibles, les parents plus réactifs, mais aussi parce que les jeunes sont plus cruels les uns avec les autres ou du moins expriment leur cruauté plus facilement et plus directement qu’autrefois. Beaucoup d’enfants et d’adolescents, sinon tous, sont
un jour ou l’autre l’objet de moqueries. Mais certains y sont plus sensibles, et cette sensibilité peut malheureusement les conduire à réagir d’une façon qui excite les moqueries de leurs camarades. Il se crée dès lors un cercle vicieux qui se renforce lui-même. Pourquoi un adolescent est-il susceptible de réagir de cette façon? Parce que ces moqueries viennent le confirmer dans sa tendance à se dévaloriser lui-même et/ou le sentiment que le monde extérieur (les autres) est hostile et que l’on ne peut lui faire confiance. Ce sentiment est habituellement conforté, et parfois même causé, par un certain type de climat familial ou d’attitudes parentales qui ne font que renforcer la conviction de l’adolescent.

La solution est rarement de changer l’adolescent d’établissement, sauf cas particulier, car les moqueries se reproduiront ailleurs. La trouver nécessite souvent d’avoir recours à une consultation spécialisée, car cette situation peut être le symptôme d’un certain nombre de difficultés psychopathologiques, allant du trouble de la personnalité de type sensitif, affectant les adolescents
en quête d’une relation forte, quête susceptible de tourner à la persécution en cas de déception, à la schizophrénie débutante, en passant par des troubles dépressifs graves. La meilleure prévention vient des parents : ils doivent éviter de conforter l’enfant puis l’adolescent dans ce vécu en le dramatisant et en le cautionnant. Il est tout à fait possible à la fois d’être attentifs et même com-
préhensifs à son égard et de l’inviter à prendre du recul, en le rassurant sur ses capacités à trouver en lui les ressources nécessaires pour dépasser cette situation.

Il faut être conscient que la majorité de ces plaintes sont formulées par des adolescents en grande difficulté, très dépendants affectivement de leurs parents. Elles ont pour fonction essentielle de rassurer l’adolescent et ses parents sur le fait que ceux-ci demeurent les personnes les plus importantes de la vie de leur enfant ; car ni les camarades, ni les enseignants, appartenant à un monde jugé hostile par l’adolescent, ne seront en mesure de susciter un intérêt suffisant pour compromettre la relation qu’il entretient avec ses parents.

Il fume du cannabis. Quels sont les risques pour sa santé

Il fume du cannabis. Quels sont les risques pour sa santé?

C’est l’une des grandes inquiétudes des parents d’aujourd’hui. Plus d’un adolescent sur deux aura, à un moment donné de son adolescence, fumé du cannabis.

Et mieux vaut qu’il le fasse le plus tard possible, à l’instar de son premier « flirt » avec la cigarette. Toutefois, fumer occasionnellement du cannabis n’est pas un drame et il ne faut pas le transformer en tragédie. Certes, le cannabis a des effets euphorisants proches de ceux de l’alcool, mais s’il diminue, comme ce dernier, les capacités de concentration et les réflexes, il ne provoque pas comme lui des réactions impulsives et agressives. En réalité, tout dépend de la quantité de cannabis qui a été consommée et de la fréquence de cette consommation. Enfin, il faut savoir que le dosage en produit actif peut varier de 1 à 10 selon les variétés et les mélanges opérés.Le danger est bien sûr que la consommation de l’adolescent devienne régulière et augmente. Aux effets
euphorisants du cannabis s’ajoutent alors une coupure progressive avec la réalité, des difficultés de concentration et d’apprentissage et une perte de motivation. L’adolescent s’éloigne de ses centres d’intérêt habituels, se désocialise et manifeste une indifférence inquiétante qu’il justifie de façon plus ou moins cohérente. Chez les adolescents vulnérables, des troubles psychiques peuvent de surcroît apparaître : retrait affectif et relationnel, confusion de la pensée, perplexité et, parfois, idées délirantes. Une évolution vers une psychose est également possible et ne doit pas être négligée. Par ailleurs, il faut savoir que la sensibilité au cannabis varie notablement d’un individu à l’autre, et cela pour des raisons biologiques mais aussi contextuelles (vulnérabilité de la personnalité, contexte psychologique, familial, événementiel ou environnemental défavorable). La vulnérabilité de l’adolescent facilitera sa dépendance au produit et pourra faire d’une prise occa-
sionnelle une expérience initiatrice révélatrice d’un autre mode de vie possible. Le contexte relationnel et amical a un impact important, notamment les phénomènes d’entraînement. Mieux vaut donc prévenir que guérir. Et la meilleure prévention reste la confiance que place l’adolescent dans son entourage et la qualité du sentiment de sécurité affective qui l’entoure. Ils doivent, en effet, lui permettre de gérer les risques inhérents à toute ouverture au monde. Réciproquement, les adultes doivent avoir confiance dans les capacités de l’adolescent à faire face, mais cette confiance n’exclut pas la vigilance ; ils ne doivent pas non plus hésiter à informer l’adolescent des risques qu’il encourt, voire à intervenir s’ils jugent que l’adolescent part à la dérive. Ce n’est que dans un climat de confiance que les adolescents se montreront réceptifs au discours parental sur les risques liés au fait de fumer du cannabis. Quand un adolescent commence à en consommer, mieux vaut en parler et tenter de limiter la consommation de ce produit illicite, tant en ce qui concerne sa fréquence que les lieux où l’adolescent fume et l’argent dépensé. Quand le fait de fumer du cannabis a les conséquences négatives déjà évoquées et place l’adolescent dans une situation d’échec dans un
domaine ou un autre, et notamment dans le domaine scolaire, il ne faut pas hésiter à solliciter une aide extérieure et à faire intervenir des tiers pour poser des limites et tenter de trouver une solution.

Il n’est pas utile pour autant de traquer sur l’adolescent les signes physiques (pupilles dilatées, odeurs, yeux rouges, etc.) qui témoigneraient d’une réelle consommation de cannabis. Il est préférable d’essayer de maintenir un contact de qualité en favorisant les échanges et en étant très attentif à toute dégradation de ses capacités. Il serait vain de chercher à obtenir un sevrage total
et immédiat. Mieux vaut aider l’adolescent à restaurer un mode de vie où il retrouvera des repères et une efficience normale. Il ne faut pas laisser s’installer une consommation régulière et importante qui serait cause d’une dégradation de sa qualité de présence aux autres et de ses aptitudes. Cette dégradation est suffisamment préoccupante pour justifier que les parents exigent de l’adolescent qu’il cesse sa consommation et réorganise son mode de vie avant que l’aggravation de la situation
ne le rende imperméable à leurs réactions et à leurs demandes.

Elle rêve de chirurgie esthétique. Faut-il l'encourager dans cette voie

Elle rêve de chirurgie esthétique. Faut-il l’encourager dans cette voie?

Le corps, du fait des changements spécifiques dont il est l’objet à cet âge, cristallise une part importante des angoisses de l’adolescence. L’une des expressions privilégiées de ce phénomène en est l’inquiétude portant sur certaines parties du corps en particulier. C’est ce que l’on appelle, en psychopathologie, les dysmorphophobies : la peur que certaines formes de son corps soient anormales, monstrueuses, ou simplement trop disgracieuses pour être supportables. L’adolescente se déteste et pense que sa vie va en être affectée. D’où son aspiration à avoir recours à la chirurgie esthétique.
Ces craintes sont le plus souvent focalisées sur des zones précises : le nez, les oreilles, les seins, etc. Mais il n’est guère de parties du corps qui ne puissent servir de points de fixation à ces inquiétudes. Ces préoccupations peuvent prendre un caractère envahissant et obsédant. Il n’est pas impossible qu’elles s’appuient sur une réalité plus ou moins fondée, mais elles n’atteignent une telle ampleur que du fait de leur fonction de cristallisation d’inquiétudes plus générales. Ces inquiétudes sont le reflet de l’écart entre la mauvaise image que l’adolescente a d’elle-même et l’importance de ses aspirations à être la première.

Faut-il recourir à la chirurgie esthétique et quand? On s’accorde généralement à penser qu’il faut prendre son temps et ne pas se précipiter dans une intervention dont les effets et les suites ne sont pas toujours conformes aux espoirs qu’elle avait suscités. Cela est d’autant plus nécessaire que les préoccupations paraissent plus exagérées, qu’elles sont plus obsédantes et s’accompagnent de manifestations psychopathologiques : dépression, délire de persécution, préoccupations cou-
pées de la réalité… Dans ce cas, il paraît toujours souhaitable d’envisager, avant toute intervention, une psychothérapie, quoique celle-ci ne soit pas toujours souhaitée. L’adolescente, en effet, se cramponne à sa demande et vit très mal toute tentative d’aide, qu’elle perçoit comme une volonté de la faire changer d’avis. Mais ce délai de réflexion peut également se justifier
du fait de l’inachèvement de la croissance et des transformations corporelles qu’elle est encore susceptible d’induire.

Il faut remarquer, en dernier lieu, que les filles ne sont pas les seules à souhaiter recourir à la chirurgie esthétique. Les garçons s’en révèlent également demandeurs, peut-être même plus fréquemment qu’autrefois. Leur volonté d’y faire appel apparaît souvent moins justifiée, sans doute en raison de préjugés sociaux qui veulent que les garçons soient moins sensibles que les filles à leur apparence, laquelle est supposée être un moindre enjeu dans leur capacité à plaire.