Swimming - sport

Le sport lui prend tout son temps. Que faire?

Il n’est pas rare qu’un adolescent consacre la plus grande partie de son temps à une activité, par
exemple, le sport. Cette activité monopolise toute sa disponibilité, son intérêt et la majeure partie de son énergie. Comme tout excès, cela traduit pour partie un doute, des inquiétudes, voire des difficultés plus ou moins sérieuses dans les autres domaines négligés. Comme si l’adolescent, peu sûr de lui, trouvait ainsi un moyen de se rassurer sur sa valeur, un moyen de maîtriser une partie de sa vie alors qu’il peut craindre par ailleurs de perdre pied, de se sentir débordé par des ambitions qu’il ne peut réaliser.
Ce surinvestissement dans le sport, ou dans d’autres activités, offre l’avantage de permettre à l’adolescent de se valoriser dans une activité concrète, ancrée dans la réalité, qui peut faciliter les échanges avec les jeunes de son âge. Toutefois, il peut également présenter l’inconvénient, étant excessif, d’enfermer l’adolescent plus qu’il ne l’ouvre aux autres et de lui interdire d’autres
intérêts scolaires et sociaux. On sait, par exemple, que l’anorexie mentale peut se manifester, au début et pendant toute la durée de la maladie, par un besoin frénétique d’activité (marche ou jogging, notamment) qui progressivement tourne à vide, l’adolescent ayant pour seul but de se dépenser sans limites au détriment de tout échange ou de tout partage avec les autres.

C’est aux parents de poser les limites que l’adolescent ne peut trouver lui-même afin d’éviter que le sport ne devienne pour lui une sorte de drogue. Comme toute passion se déclenchant à l’adolescence,
celle-ci gagne à être inscrite dès le début dans une démarche qui ne soit pas solitaire, mais au contraire la plus socialisée possible. Il sera d’autant plus facile pour les parents d’y veiller qu’ils le feront tôt, parce que l’adolescent est alors plus sensible à leurs conseils et, surtout, parce qu’il ne sera pas encore enfermé dans sa solitude. Il n’est pas rare, cependant, que ce soient les parents qui favorisent l’engouement frénétique pour un sport. Dans l’incessante course aux performances qui régit actuellement notre société, certains même préparent dès leur plus jeune âge leurs enfants à entrer dans la compétition. Ce n’est certes pas une démarche solitaire, mais elle peut enfermer l’adolescent dans le seul objectif de la réussite, le rendre captif d’un projet parental qui n’est pas le sien, au détriment de son développement affectif et intellectuel. L’adolescence peut être un moment de révolte et de rupture dans cette marche programmée vers un destin conçu par d’autres. Ce n’est pas condamner la préparation de jeunes gens à un sport
de haut niveau que d’attirer l’attention de leurs parents sur les enjeux et les risques d’une démarche qui, aussi bien intentionnée soit-elle, peut être lourde de conséquences.

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