Mon enfant a de mauvaises fréquentations. Est-ce grave

Mon enfant a de mauvaises fréquentations. Est-ce grave?

C’est d’autant plus triste que les adolescents les plus influençables sont souvent ceux dont les attentes à l’égard de leurs parents, et des adultes en général, sont particulièrement importantes. Leur vulnérabilité, liée à leur sentiment intrinsèque d’insécurité et à la mauvaise image qu’ils ont d’eux-mêmes, les rend à la fois extrêmement dépendants de l’attitude des autres et complètement intolérants aux conseils et aux attentions de ceux auxquels ils sont le plus attachés, leurs parents. Car l’intensité même de ces attentes les fait réagir à tout rapprochement avec eux comme s’ils n’allaient plus être capables d’exister par eux-mêmes. Laissés libres, ils se sentent abandonnés; sollicités par leurs proches, ils se sentent envahis et même persécutés. Aussi vont-ils chercher hors de leur famille le soutien qu’ils ne peuvent y trouver, soit parce que les réponses y sont inadéquates, soit – et les deux ne sont pas incompatibles – parce que cette dépendance affective leur est intolérable.

Paradoxalement, ces adolescents vont bien souvent retrouver avec leurs amis cette dépendance qu’ils
fuyaient à la maison. Mais cela peut les entraîner à perdre leur libre arbitre, à se laisser influencer par un groupe ou un individu ayant un fort ascendant sur eux. Comment aider son enfant à sortir de ce type de relation? En privilégiant la confiance au sein de la famille. Plus des liens familiaux respectueux de la personnalité de l’adolescent et de sa singularité auront été établis, plus les conflits pourront être atténués et plus les possibilités de trouver une réponse adéquate à ses demandes affectives seront importantes.
Il vaut mieux également essayer de réagir rapidement, mais calmement, sans dramatiser et en faisant confiance à l’adolescent — à toute tentative d’accaparement excessif de ses amis. De quelle façon? D’abord par la discussion, une demande d’informations sur ce qui se passe, l’échange des points de vue et la mobilisation progressive de l’ensemble des membres de la famille. Par la suite, il peut se
révéler bénéfique d’avoir recours à des mesures d’éloignement et/ou de faire appel à la médiation d’un tiers, n’appartenant pas à la famille et de ce fait moins engagé affectivement dans la relation. Si cela ne suffit pas, on peut envisager de demander conseil à un psychologue, d’entreprendre une thérapie familiale, voire de faire intervenir la justice. Dans ce cas, toutefois, les parents doivent
être sûrs que leurs craintes ne sont pas l’expression d’une inquiétude compréhensible mais sans bases concrètes : elles doivent reposer sur des faits et des comportements qui mettent réellement l’adolescent en danger.
Si les mauvaises fréquentations sont une menace qui concerne les deux sexes, les adolescentes se révèlent souvent plus vulnérables. En effet, leurs attentes affectives se traduisent volontiers par une relation passionnelle hétéro- ou homosexuelle qui peut les rendre totalement dépendantes d’une personne parfois nettement plus âgée qu’elles. Cette relation passionnelle externe à la famille peut être la contrepartie, dans la famille, d’une relation très forte avec l’un des parents. La puberté rend ce lien impossible à gérer pour l’adolescente et peut la précipiter dans les bras d’un étranger. Ce qu’elle cherche, sans le voir, dans la relation sexuelle, plus que l’acte sexuel lui-même, c’est un contact presque primaire, de l’ordre d’un agrippement inquiet, qui n’est que l’ersatz d’impossibles retrouvailles avec le parent dont elle demeure si dépendante, trop dépendante.

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