On se moque de lui au lycée. Que faire

On se moque de lui au lycée. Que faire?

C’est une plainte de plus en plus fréquemment exprimée que le fait d’être victime de moqueries,
peut-être parce que les enfants sont plus sensibles, les parents plus réactifs, mais aussi parce que les jeunes sont plus cruels les uns avec les autres ou du moins expriment leur cruauté plus facilement et plus directement qu’autrefois. Beaucoup d’enfants et d’adolescents, sinon tous, sont
un jour ou l’autre l’objet de moqueries. Mais certains y sont plus sensibles, et cette sensibilité peut malheureusement les conduire à réagir d’une façon qui excite les moqueries de leurs camarades. Il se crée dès lors un cercle vicieux qui se renforce lui-même. Pourquoi un adolescent est-il susceptible de réagir de cette façon? Parce que ces moqueries viennent le confirmer dans sa tendance à se dévaloriser lui-même et/ou le sentiment que le monde extérieur (les autres) est hostile et que l’on ne peut lui faire confiance. Ce sentiment est habituellement conforté, et parfois même causé, par un certain type de climat familial ou d’attitudes parentales qui ne font que renforcer la conviction de l’adolescent.

La solution est rarement de changer l’adolescent d’établissement, sauf cas particulier, car les moqueries se reproduiront ailleurs. La trouver nécessite souvent d’avoir recours à une consultation spécialisée, car cette situation peut être le symptôme d’un certain nombre de difficultés psychopathologiques, allant du trouble de la personnalité de type sensitif, affectant les adolescents
en quête d’une relation forte, quête susceptible de tourner à la persécution en cas de déception, à la schizophrénie débutante, en passant par des troubles dépressifs graves. La meilleure prévention vient des parents : ils doivent éviter de conforter l’enfant puis l’adolescent dans ce vécu en le dramatisant et en le cautionnant. Il est tout à fait possible à la fois d’être attentifs et même com-
préhensifs à son égard et de l’inviter à prendre du recul, en le rassurant sur ses capacités à trouver en lui les ressources nécessaires pour dépasser cette situation.

Il faut être conscient que la majorité de ces plaintes sont formulées par des adolescents en grande difficulté, très dépendants affectivement de leurs parents. Elles ont pour fonction essentielle de rassurer l’adolescent et ses parents sur le fait que ceux-ci demeurent les personnes les plus importantes de la vie de leur enfant ; car ni les camarades, ni les enseignants, appartenant à un monde jugé hostile par l’adolescent, ne seront en mesure de susciter un intérêt suffisant pour compromettre la relation qu’il entretient avec ses parents.

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