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Quand les parents se sentent coupables...Comment s'en sortir

Quand les parents se sentent coupables…Comment s’en sortir?

Quel parent ne se sent pas coupable quand son enfant va mal ? Bien peu en fait, quoiqu’ils puis-
sent en dire et en penser. L’enfant est le fruit des parents et ses difficultés sont toujours ressenties comme les leurs. Qu’ont-ils fait ou pas fait pour qu’il en soit ainsi ? Il est difficile de ne pas se sentir coupable et encore plus d’y renoncer, ce qui pourrait revenir à reconnaître son impuissance ou à avouer son peu de pouvoir sur l’enfant. Alors les parents oscillent entre une culpabilité plus ou moins aiguë et un sentiment d’impuissance. L’important est de ne pas se laisser enfermer dans ce mouvement dépressif. Trop de culpabilité donnerait l’impression à l’adolescent que tout dépend de ses parents et qu’il n’a que peu de pouvoir sur son évolution. Mettre en avant leur impuissance reviendrait à lui dire qu’ils renoncent à l’influencer et qu’ils refusent le conflit. Or l’important en tant que parents, c’est avant tout d’être concernés par son enfant. C’est-à-dire lui
montrer qu’il est regardé, vu et entendu sans nécessairement chercher à vouloir le changer mais sans renoncer non plus à le confronter à ce qu’il a été, à ce qu’il peut être et aux projets qu’il peut avoir. Les parents sont les témoins et les garants de la continuité de leur enfant, du passé et de l’avenir comme du présent.
Les parents doivent assurer cette continuité quelles que soient leurs erreurs et même leurs « fautes » passées. Celles-ci ne justifient jamais que l’adolescent en pâtisse deux fois, en s’abîmant d’une façon ou d’une autre et en gâchant ses chances. Ils peuvent s’interroger play free retro slots sur ce qu’ils ont fait (leur passé, leur histoire), se remettre en question sans pour autant s’enfermer dans la culpabilité
ni renoncer à leurs convictions, et encore moins à continuer de défendre ce qu’ils pensent être préférable pour leur enfant.

Le meilleur service que des parents peuvent rendre à un adolescent, c’est de survivre, disait le psychanalyste et pédiatre Winnicott. Il soulignait par là l’importance de cette présence continue en arrière-fond qui, pour exister, n’a pas nécessairement besoin de maîtriser le cours des événements. Présence qui subsiste même si elle fait l’objet d’attaques ou d’apparente indifférence. Cette continuité, cette résistance, cette capacité d’accueil sont en miroir, ce qui permet à l’adolescent de se construire et de se sentir lui aussi inscrit dans une continuité, capable de résistance et d’être accueillant envers lui-même et envers ses contradictions. On retrouve dans ces caractéristiques parentales à l’adolescence celles qui dans la première enfance avaient permis au bébé de se percevoir comme une personne inscrite dans la durée et résistant aux coups, ruptures et autres traumatismes de la vie.

Ses parents viennent de se séparer...Quels vont en être les retentissements

Faut-il punir un adolescent?

Punir un adolescent n’a rien d’absurde. En effet, pourquoi échapperait-il à toute punition? Si on
laisse de côté celles données par des tiers extérieurs à la famille – école ou justice, par exemple —, les punitions au sein de la famille doivent avant tout obéir à des règles de cohérence. Cohérence par rapport aux règles propres à l’adolescence : on ne commence pas à punir un enfant quand il débute son adolescence. Cohérence aussi par rapport à l’âge : une punition n’aura pas le même sens à 13 ans ou à 16 ans, et elle ne pourra pas prendre la même forme. Cohérence, enfin, par rapport au milieu de vie :
l’adolescent pourra la ressentir comme une violence intolérable s’il la perçoit comme humiliante et infantilisante…
La règle d’or en matière d’éducation est de savoir poser des limites, contenir, et parfois sanctionner, sans humilier. En effet, punir ne consiste pas à humilier mais à poser une limite à une attitude ou un comportement, à sanctionner une faute et à demander réparation pour un dommage commis. Il est important qu en miroir l’adolescent puni ait la conviction qu’il en aurait été de même pour un autre que lui.
Dans la punition, le jugement porte sur l’acte et non pas directement sur l’adolescent qui l’a commis. Elle laisse même entendre que celui-ci pourrait et aurait dû agir autrement et donc qu’il a les qualités requises pour le faire. Elle peut irriter sur le moment, voire provoquer un sentiment d’humiliation parce qu’il faut s’y soumettre et qu’elle est de ce fait subie. Mais, en général, elle ne laisse guère de traces… Tout au plus un acte ou un propos fâcheux qu’il aurait mieux valu éviter.
En revanche, tout autre est l’humiliation. Elle prend son origine dans la volonté de celui qui humilie de blesser l’autre. Le jugement ne concerne plus seulement les actes et les paroles, mais la valeur de l’adolescent lui-même, jugé incapable d’agir autrement, indigne de confiance, d’estime ou d’intérêt. La blessure est portée au cœur même du jeune, qui risque d’en garder une trace durable. Et celle-ci alimentera, tant qu’elle persistera, violence et rancune…
Dans le contexte éducatif actuel, la punition au sens strict a moins de place qu’elle n’avait autrefois. De ce fait, elle prend facilement un aspect humiliant, car justement en porte à faux par rapport aux autres jeunes. En fait, la punition est rarement nécessaire quand le lien éducatif, fait d’autorité mais aussi de confiance, existe de manière continue et cohérente depuis l’enfance. Le
rappel des limites, plus ou moins conflictuel et objet de discussions, est alors suffisant. Le recours à la punition traduit le plus souvent un débordement des parents, en général parce qu’eux-mêmes n’ont pas suffisamment confiance en eux pour penser pouvoir imposer leurs limites sans recourir à la punition.

Ma fille a des phobies...Comment en parler avec elle

Ma fille a des phobies…Comment en parler avec elle?

On appelle « phobie » la peur irraisonnée de situations, d’objets, de personnes ou d’animaux parti-
culiers. Les phobies peuvent être très localisées – la peur des araignées, par exemple – ou beaucoup plus larges – la peur de la foule, la peur des contacts avec des personnes nouvelles. Les phobies sont très fréquentes, peu de personnes n’en ont pas souffert à un moment ou à un autre de leur vie. Elles font partie du développement normal de l’enfant et disparaissent souvent par la suite, mais elles peuvent réapparaître et prendre des formes nouvelles et plus importantes à l’adolescence.
Contrairement aux TOC (troubles obsessionnels compulsifs), les phobies affectent davantage les filles que les garçons.
Plus les phobies sont localisées, moins elles sont gênantes, car elles ont peu de répercussions sur la vie sociale. C’est le cas des phobies les plus courantes (celles qui concernent les petits animaux, par exemple). D’autres phobies également fréquentes, telle la phobie des espaces clos (appelée « claustrophobie ») ou son contraire, la phobie des espaces vides (appelée « agoraphobie ») sont déjà plus gênantes. Les phobies les plus contraignantes sont les phobies étendues, comme la peur du noir, de la foule, du téléphone, des contacts même temps, il a toujours peur de faire du mal à ceux qu’il aime, comme s’il pressentait ce que son désir de se dégager de l’emprise de l’anxiété parentale peut avoir d’agressif. C’est pourquoi il est non seulement nécessaire d’avoir recours à une aide extérieure pour soigner un adolescent qui souffre de TOC mais que ses parents eux-mêmes ont souvent également besoin de l’accompagner dans cette démarche.

Je fais des confidences à mon enfant. Cela peut-il le perturber

Je fais des confidences à mon enfant. Cela peut-il le perturber ?

La situation d’adolescent confident n’a heureusement pas toujours des effets néfastes, mais on peut dire qu’elle n’est jamais bénéfique. Les parents sont trop importants pour l’enfant et celui-ci naturellement trop dépendant d’eux pour qu’il ne soit extrêmement sensible a ce qu’ils n’empiètent pas trop sur son espace privé et qu’ils lui laissent des bases personnelles suffisantes pour une autonomie toujours difficile à conquérir. Traiter trop rapidement un adolescent comme un adulte, c’est lui imposer un rythme de développement trop rapide, qui ne s’adapte pas à la réalité de ses besoins propres. C’est lui voler son enfance et l’obliger à exclure ses désirs d’enfant du reste de son développement. La résurgence de ces désirs à l’adolescence risque de le désorienter en lui faisant ressentir comme enfantin, donc déplacé et inconvenant, ce qui n’est qu’infantile, c’est-à-dire à ce qui demeure de l’enfant en lui. Il risque aussi de se fermer sur lui-même, secret et isolé derrière les remparts qu’il s’est construits pour se mettre à l’abri des adultes, avec une vie affective en circuit
fermé, coupé des échanges avec les autres.

Le besoin de vérité concerne souvent ce qui fait l’essentiel de la vie des adultes, de leurs passions et de leurs échanges, c’est-à-dire leur vie amoureuse et les conflits familiaux. Vouloir dire toute la vérité, c’est faire de l’enfant le témoin de ce qu’il n’est pas à même d’accueillir avec les moyens de juger et le recul suffisants ; c’est aussi lui demander implicitement, ou souvent
explicitement, de prendre parti, notamment entre ses parents ou entre d’autres membres de la famille. C’est le déchirer dans ses attachements et ses fidélités et l’aliéner à des conflits qui ne devraient pas l’impliquer. C’est, de la part des parents, l’utiliser dans des règlements de comptes entre adultes.
C’est également l’amener à désidéaliser brutalement ses parents. Ceux-ci ne sont plus perçus comme la figure d’autorité qui lui donne confiance, protection et valorisation, et dont l’union, avec certes ses conflits, ses différences et ses oscillations, le rassure quant à ses propres possibilités de contenir ses tensions et ses conflits. Par exemple, le faire participer aux difficultés du couple
revient souvent à le confronter brutalement à un tableau caricatural avec, d’un côté, le bon parent, loyal, fidèle, représentant du devoir, et, de l’autre côté, le mauvais parent, volage, adepte du plaisir et du laisser-aller. C’est en l’adolescent lui-même que ce conflit, auquel nul n’échappe, risque de se rejouer d’une façon violente et destructive, comme si aucun compromis n’était possible.
Mais la vérité ne concerne pas que les conflits familiaux et les secrets de famille. Elle est aussi sollicitée par la question de la maladie et de la mort. Ce peut être celles des parents ou de membres de la famille, mais cela peut toucher l’adolescent lui-même. Le contexte est totalement différent des situations précédentes. Partager la vérité rapproche plus que cela ne divise. Il apparaît inutile de chercher à protéger particulièrement l’adolescent en lui cachant la réalité. Cela l’infantilise et montre que l’on doute de ses capacités à faire face et à gérer sa souffrance et ses inquiétudes. Le faire participer, avec tact et nuances, mais en l’associant à la démarche des adultes, est une forme d’initiation à la vie adulte. Cela lui donne un rôle actif et valorisant, tout en facilitant un échange plus vrai avec les adultes, ce qui lui permet de bénéficier efficacement de leur soutien.

L'adolescence est-elle toujours un cap difficile à passer

L’adolescence est-elle toujours un cap difficile à passer?

L’adolescence n’est jamais aussi simple qu’aiment le croire les adultes. Elle n’est pas faite que d’insouciance et d’irresponsabilité. Même si notre culture ne confronte plus les adolescents à des épreuves initiatiques pouvant mettre en danger jusqu’à leur vie même, l’adolescence demeure toujours,
sinon une épreuve, du moins un travail psychologique d’adaptation à une situation nouvelle. Adaptation d’autant plus nécessaire qu’elle concerne non seulement les relations avec l’environnement, mais aussi les changements physiques et psychologiques qui affectent l’adolescent lui-même. Il est difficile d’être à l’aise face aux adultes ou aux gens de son âge quand on est soi-même déstabilisé par un corps qui mue et une identité qui vacille, quand on est tiraillé entre la nostalgie de l’enfance et l’envie d’être ce que l’on n’est pas encore, à savoir un adulte. C’est pourquoi l’adolescence est bel et bien une crise.

Mais cette crise est beaucoup moins prise en charge par la société qu’elle ne l’était dans le passé. Le propre d’une société libérale, non pas tant sur le plan économique que sur le plan idéologique, est de laisser davantage l’individu face à lui-même en ce qui concerne l’organisation de sa vie et les valeurs auxquelles il choisit de se référer.
Simultanément, on assiste, avec la concentration de la population dans les villes, à un relâchement des liens avec la famille élargie. Tandis que la famille nucléaire (la famille restreinte) est soumise à de fortes tensions qui vont, dans près d’un cas sur deux, jusqu’à son éclatement et son éventuelle recomposition. Conjointement se multiplient les aménagements atypiques de la vie familiale et des modes de « parentalité » et de procréation. Cette implosion des modes traditionnels de la vie familiale s’accompagne, de façon en apparence quelque peu paradoxale, d’un mouvement de repli sur la famille. Mais il s’agit d’une famille reposant essentiellement sur des liens affectifs fortement individualisés qui n’est plus guère organisée par des «prêts à penser» culturels et idéologiques. Moins de famille donc, mais plus de liens familiaux. Avec des avantages : plus de richesse affective
personnalisée; et des inconvénients : plus de dépendance et l’ambivalence des sentiments que génère toute dépendance.

Du fait de ces mutations, aujourd’hui, il n’y a plus guère de consensus social sur les modalités d’éducation des enfants, la discipline, le fonctionnement de la vie familiale, les règles de vie. Il ne s’agit pas de plaider pour un retour en arrière, mais tout changement comporte ses risques. Cette absence de consensus contribue à renforcer la relation de désir, et donc de proximité, qui unit l’enfant et ses parents. Ceux-ci n’ont plus la possibilité de dire : «C’est comme ça parce que c’est
comme ça. C’est comme ça parce que ça a toujours été comme ça. Mes parents faisaient comme ça, les voisins faisaient comme ça…» Ce genre de justification approximative avait pourtant une utilité : celle de venir s’interposer entre le désir de l’enfant et celui des parents comme une limite «objective» ne dépendant du désir personnel ni des uns ni des autres. De nos jours, l’enfant va rapidement contester la position de ses parents et faire référence aux comportements différents des
parents de ses amis : «Justifie-toi. Le père de mon ami ne fait pas comme ça, pourquoi mets-tu des limites ici plutôt que là ? » L’arrière-fond de cette contestation est la croyance implicite que ce choix familial relève de

l’arbitraire et du désir du plus fort. L’enfant est donc impliqué très précocement dans les liens de désir qui existent entre ses parents et lui, avec la richesse que cela représente, mais au ssi avec l’inconvénient que les choix personnels des en fants et des parents sont sollicités directement – peut-être trop. Cela renforce la dépendance affective réciproque et l’enchevêtrement des liens. Ils ne sont plus protégés par l’effet médiateur, peut-être limité, m tais efficace, de la nécessité consensuelle qui venait s’intterposer entre eux.

Il ne faut pas voir dans cette dépendance un état pathologique en lui-même. On peut totit au plus y
reconnaître une sorte de vulnerabilité. Un certain nombre de créateurs et de self-madle men, cependant, ont ce même type de vulnérabilité. ILs tentent de reprendre leur destin en main, de se protéger de leurs besoins affectifs et de la dépendance qu’ils génètent en «s’autocréant» à travers leurs créations. Comme s’ils devenaient leurs propres géniteurs et : se passaient ainsi de leurs parents. C’est à l’adolescenc e que s’opère souvent ce basculement, qui peut donner lieu soit à un remarquable succès, soit à une conduite d’échec. Car à défaut d’être grands dans la réussite, certains adolescents peuvent choisir de le devenir dans l’échec:. Cela dépend pour beaucoup des rencontres, de leur qualité et de la façon dont l’adolescent les accueille. L »échec risque de le conduire à s’enfermer dans le refus, attitude devenue l’ultime défense d’une identité menacée d’effondrement. C’est là un des dangers majeurs qui guettent les laissés-pour-compte de notre société. Leur seul moyen d’exister réside dans cette carapace nihiliste, dans cette capacité de dire non, non plus seulement à leurs parents mais à l’ensemble des adultes. Cette attitude recouvre
des réalités psychiques très différentes, mais qui se dissolvent dans la permanence du refus de l’échange. L’insatisfaction chronique est alors le contrepoint de l’intensité de leur désir déçu.

Il a peur de devenir fou. Que faire

Il a peur de devenir fou. Que faire?

C’est une crainte qui est loin d’être exceptionnelle à l’adolescence, même si elle ne se formule pas toujours aussi clairement. Elle correspond à une peur caractéristique des enfants de cet âge : celle de perdre le contrôle de soi. Elle reflète bien les fortes pressions auxquelles est soumise la personnalité de l’adolescent du fait de la puberté : pression de la montée en puissance des désirs et des appétits en tous genres; pression des contraintes externes et de la nécessité de ménager l’amour des parents; pression liée aux contradictions dont l’adolescent est porteur, à son besoin des autres qui s’oppose à son désir de se suffire à lui-même. Ses contradictions peuvent aisément lui donner le sentiment qu’il ne peut plus les contenir et qu’il va exploser : c’est ce qu’il nomme «folie». L’adolescent aura d’autant plus tendance à exprimer son malaise par une forme de violence explosive qu’il aura plus de mal à mettre des mots sur ce qu’il vit, et donc à le comprendre.

On appelle généralement folie ce que l’on ne comprend pas. C’est dire si cette peur relativement banale est, dans la majorité des cas, bien éloignée de la folie comme maladie. Ce n’est pas une raison pour prendre la crainte de l’adolescent à la légère; la meilleure réponse que l’on puisse lui fournir est de l’aider à comprendre ce qui se passe en lui et à mettre des mots sur ce qu’il ne fait que subir pour enfin l’apprivoiser.

Il parle en « verlan ». Que faire

Il parle en « verlan ». Que faire?

Le «verlan» est un parfait exemple du «paradoxe adolescent» : l’adolescent cherche à créer un lan-
gage qui lui soit spécifique mais qui n’est que l’envers du langage adulte, et donc une façon de se positionner par rapport à eux. En pratiquant ce langage, il échappe à leur compréhension, mais pas à leurs regards étonnés ou désapprobateurs. Si l’adolescent tient à s’exprimer en « verlan », mieux vaut considérer cela comme un jeu. Mais tout jeu a ses limites. Il est préférable de le faire savoir très vite à l’adolescent. Cela dit, la limite peut varier sensiblement d’une famille à l’autre. Recherche d’originalité et de différence, la pratique du verlan ne doit pas marginaliser l’adolescent, empêcher toute communication avec le monde des adultes, et en particulier avec le monde des parents.

Faut-il aider un adolescent à faire ses devoirs à la maison

Faut-il aider un adolescent à faire ses devoirs à la maison?

La place du travail scolaire à la maison est sujette à débats. Et c’est très bien ainsi, car il est peu probable qu’il existe une solution idéale. Ce qui est sûr, c’est que les parents occupent déjà une place trop importante dans la vie de l’adolescent, et que les adolescents sont déjà trop en attente à leur égard, pour qu’il soit sain de rajouter la fonction d’enseignants à celle de parents.
En ce qui concerne le travail scolaire, leur rôle se limite – et c’est déjà beaucoup – à veiller au maintien du cadre de travail réclamé par les enseignants et à organiser en conséquence la vie à la maison. Ils peuvent apporter à l’adolescent une aide ponctuelle, participer à un échange d’idées, suggérer l’usage de ressources possibles, mais guère plus. Aider l’adolescent à organiser son temps, veiller à ce que les devoirs soient faits est possible ; aller plus loin, en revanche, c’est prendre des risques excessifs.
Il reste important que les parents s’intéressent aux résultats et aux conditions de travail de leurs enfants, valorisent l’école et les enseignants, mais ils n’ont toutefois pas à jouer les professeurs. Si l’adolescent a besoin d’une aide, elle doit venir d’un tien qualifié et moins directement impliqué affectivement que ses parents. S’il n’arrive pas à travailler seul, on peut envisager de recourir à un professeur particulier ou encore le mettre à l’étude, à condition qu’une telle structure existe dans son école. D’autant que travailler avec d’autres (camarades ou tierces personnes) est à même d’assurer le compromis qui permet à l’adolescent à la fois de se sentir soutenu et d’apprécier ses progrès, voire ses bons résultats scolaires, sans s’en sentir redevable à ses parents.

Alors que faire travailler l’adolescent risque de déclencher un cercle vicieux incontrôlable. En effet, cela ne peut que renforcer le sentiment qu’il a de ne pas posséder les capacités nécessaires, de dépendre, dans tous les domaines de sa vie, de ses parents qui, eux, ont ces capacités, et d’être malgré lui obligé d’affirmer sa différence par une plus ou moins subtile mise en échec
des efforts parentaux (soit en cherchant la confrontation et en se butant, soit, évitant tout conflit apparent, en s’enfonçant doucement dans une « passivité active » qui le fait stagner à un niveau inférieur à ses capacités). Tout le monde finit alors par s’énerver. Si l’on veut que l’enfant développe sa confiance en lui, il faut qu’il exerce lui-même ses compétences et qu’il se perçoive
le plus tôt et le plus complètement possible comme l’auteur de ses œuvres. C’est particulièrement vrai pour le travail de réflexion et le travail de création.

Il peut y avoir des exceptions, surtout si l’adolescent est par ailleurs autonome. Mais si une connivence particulière naît entre un parent et un adolescent sur le plan scolaire, elle se paie souvent d’une difficulté, plus ou moins retardée, sur un autre plan : apparition d’un trouble alimentaire, épisode dépressif, isolement affectif… Comme si cette proximité obligeait à trouver, à
un autre niveau, une manière de mettre à distance ce parent. En revanche, les parents peuvent avoir un rôle important en stimulant la curiosité intellectuelle de leur enfant : par exemple, en discutant avec lui des sujets culturels les plus divers. Ils peuvent pour ce faire s’appuyer sur des émissions de télévision, de radio ou encore sur la lecture de magazines et la visite d’expositions.
Autrement dit, le temps que l’adolescent passe à la maison n’est pas forcé d’être exclusivement partagé entre ses devoirs et ses loisirs, laissés à sa seule discrétion. Prendre le temps de partager le plaisir d’un échange ou d’une émotion esthétique s’inscrit entre les deux.

Watching TV

Elle regarde la télé. Est-ce la meilleure des distractions à l’adolescence?

Il devient vraiment difficile pour un adolescent de ne pas passer son temps devant la télévision, en particulier lorsque ses parents sont absents. C’est en effet une façon de se raccrocher à une présence adulte, avec l’avantage de pouvoir la taire apparaître, disparaître et changer à sa guise. En somme, une présence potentiellement toujours accessible, à disposition, et sur laquelle l’adoles-
cent a tout pouvoir : le rêve ! Mais le rêve, aussi utile soit-il, a besoin de s’allier à
la réalité. Car si l’on reste dans le rêve, il n’y a pas d’apprentissage. Et sans apprentissage, il n’y a pas d’acquisitions et, par conséquent, pas d’autonomie possible. L’adolescent ne pourra alors que se sentir dénué de valeur et de toute confiance en soi, mais pas nécessairement vide de tout. Car cette absence d’acquis exacerbe l’envie de se remplir ; or il est possible de se gaver d’images comme on se gave d’autres substituts tels que la nourriture, les cigarettes ou autres drogues. Pourtant, la télévision est un incomparable moyen d’apprentissage et d’ouverture sur le monde. Comme les livres, mais différemment, parce qu’elle sollicite davantage une certaine forme de passivité : la seule suc-
cession des images fascine et nourrit celui ou celle qui regarde. Il convient donc d’en faire un usage tempéré. Pour cela, l’adolescent ne saurait se passer de limites et de repères ; il conviendra de lui apprendre à sélectionner ce qu’il regarde, à limiter le temps qu’il passe devant la télévision, à confronter ce qu’il y voit à d’autres sources d’information. Se laisser captiver par la télévision est une fuite, voire une évasion, qui risque d’éloigner l’adolescent des véritables enjeux de son âge et le rendre ainsi plus vulnérable à la dépression. Il revient donc aux parents d’en
apprendre le bon usage à leurs enfants – et ce dès leur plus jeune âge – afin qu’une fois adolescents, ils n’en soient pas l’esclave. Pour ce faire, le petit écran ne doit pas être destiné à un usage privé, une pratique solitaire, mais doit être un moyen d’échange avec les adultes.

J'ai adopté mon enfant. Va-t-il en souffrir à l'adolescence

J’ai adopté mon enfant. Va-t-il en souffrir à l’adolescence ?

L’adoption est-elle un facteur de risque? C’est l’inquiétude qui habite une grande majorité de parents adoptifs. Ont-ils eu raison de le faire ? Etait-ce un bon choix ? La question se pose avec d’autant plus d’acuité que l’adoption est le résultat d’un double choix volontaire : celui d’avoir un enfant et celui de le choisir, en tout cas de pouvoir le refuser s’il ne convient pas. Le désir des parents, et avec lui leur ambivalence, semble ainsi encore plus engagé que dans le cas d’un enfant naturel. Un enfant voulu et même choisi, mais un enfant né d’un autre couple dont il porte l’héritage génétique. Des inquiétudes profondes, le plus souvent inconscientes, sont susceptibles d’être réactivées: « Avaiton le droit de transgresser « les lois de la nature » et d’avoir un enfant à tout prix alors que la « nature » ne le permettait pas? Ne va-t-on pas être puni pour la réalisation de ce désir? Cet enfant n’est-il pas un enfant volé à un autre couple? Un enfant usurpé? N’est-ce pas une transgression dont il faudra payer le prix en n’ayant que des ennuis avec cet enfant?»

Le désir d’enfant est un désir complexe qui prend ses racines dans la petite enfance. Il se construit en liaison, mais aussi en réaction, avec le contexte familial, en particulier les rivalités dans la fratrie, les naissances successives ou les nostalgies maternelles de ne pas avoir eu d’autres enfants, ou d’avoir perdu un enfant… Bref, ce choix se construit à partir de désirs croisés et souvent intenses. Ce désir peut se maintenir intact chez l’adulte, mais, comme tout désir resté très lié à l’enfance et très vivace à l’âge adulte, il est susceptible d’engendrer de fortes culpabili-
tés, comme si sa réalisation répondait à une transgression des interdits de l’enfance et méritait un châtiment. Un exemple remarquable de la complexité du désir d’enfant et de l’impact de l’adoption est le cas de ces jeunes femmes qui, ne pouvant avoir d’enfant, en adoptent un puis se retrouvent enceintes dans l’année qui suit l’adoption. Cette situation est suffisamment fréquente pour avoir fait l’objet de publications. Il semblerait que le fait de s’être autorisé l’adoption et la présence concrète d’un enfant, avec tout ce que cela mobilise d’émotions, puissent lever les inhibitions des
circuits neuro-hormonaux qui régulent les processus de l’ovulation et de la fécondité.

Autre difficulté qui se pose avec un enfant adopté : comment trouver l’attitude éducative la plus naturelle possible et lui éviter d’être l’objet de projections excessives de la part de ses parents ?
On entend par projection le fait de prêter aux autres des pensées, des sentiments, des intentions qui ne sont que l’expression des croyances de celui qui les attribue aux autres. Ces croyances s’imposent à la personne qui les vit pour des raisons affectives, en général méconnues d’elle-même. Elles s’appuient sur des éléments de la réalité qui sont sélectionnés, amplifiés, voire coupés de leur contexte par la force de conviction de celui qui les projette. De ce fait, elles laissent peu de place à la discussion et cantonnent celui qui en est l’objet dans un rôle qu’il lui est difficile de quitter.
Cette situation est particulièrement aliénante pour un enfant et peut être source de pathologies et troubles divers. En effet, l’enfant la ressent comme une violence de la part de ses parents, qui semblent connaître mieux que lui ses propres intentions. Et à cette violence va immédiatement répondre celle de l’adolescent qui, pour exister, va être contraint de se comporter selon leurs projections.
Ce phénomène de projection à propos de l’enfant s’appuie sur des éléments de la vie quotidienne d’ordre très divers :
– Le poids d’une hérédité inconnue mais souvent considérée a priori comme fautive et négative. Les éléments négatifs comme « les mauvais instincts » peuvent y être d’autant plus facilement projetés.
– Les « traumatismes » possibles pendant la période, parfois longue, précédant l’adoption.
– La question des véritables parents : « Nous ne sommes pas ses vrais parents, il ne peut pas nous aimer comme si on l’était… »

Aujourd’hui, la plupart des parents suivent l’avis des spécialistes qui recommandent tous de dire le plus tôt possible à l’enfant la vérité sur son adoption. Mais cela ne clôt pas pour autant la question. On la voit notamment resurgir à l’adolescence par les interrogations concernant les parents biologiques et le désir de les retrouver, ou au moins de les connaître. Désir légitime mais qui, lui aussi, se sert d’une réalité indéniable pour cacher des interrogations plus fondamentales et plus difficiles à formuler : «Mes parents me considèrent-ils comme leur véritable enfant ?» et « M’auraient-ils choisi et me choisiraient-ils encore s’ils avaient su ce que je suis devenu ? »
Les adultes préfèrent penser que la question essentielle est vraiment celle que les adolescents posent quant à leurs parents biologiques. On oublie que les vrais parents sont ceux qui élèvent l’enfant et dont il est imprégné. Il leur doit une grande partie de ses acquis, c’est-à-dire l’essentiel de la personnalité. C’est avec eux que se sont noués les sentiments forts, les identifications et les conflits. Ils sont les co-auteurs de son histoire. Ce besoin d’évitement et de déplacement des conflits se retrouve, par exemple, dans le besoin qu’ont certains enfants ou adolescents d’imaginer qu’ils ont d’autres parents que les leurs. C’est ce qu’on appelle «le roman
familial», phénomène relativement fréquent vers l’âge de 10 ans, qui disparaît en quelques années.

Quels conseils peut-on donner aux parents adoptirs ? Le premier, qui conditionne les autres, est d’assumer leur choix et de s’affirmer comme les seuls parents, vis-à-vis d’eux-mêmes, de leur entourage et surtout de leur enfant, sans pour autant nier la réalité antérieure. Les parents biologiques ne sont pas plus parents que ne le sont les ancêtres biologiques de chacun… Le deuxième
conseil est d’être très vigilants aux risques de projection sur l’enfant de leurs appréhensions. Les certitudes et les affirmations péremptoircs sur le comportement de l’enfant ou de l’adolescent ne sont qu’une façon d’essayer de cerner cet inconnu qu’est toujours l’autre, y compris l’enfant, adopté ou non. Il faut savoir laisser place à la découverte de l’autre, avec sa complexité et ses
contradictions, plutôt que prétendre tout connaître ou d’imaginer que la rencontre avec la réalité des parents concepteurs dispenserait de ce travail de découverte. Finalement, les enfants adoptés sont-ils plus susceptibles que les autres de présenter des troubles du comportement et des maladies psychiatriques à l’adolescence? Des études récentes, notamment aux Pays-Bas, ont montré que, par rapport à un groupe témoin d’adolescents, ces troubles étaient de 20 à 25 % plus élevés chez les enfants adoptés. Le risque est donc plus important, mais demeure modéré.

Les conditions de vie au cours de la période précédant l’adoption sont un facteur de risque : carences affectives importantes, multiplicité des placements, dépression et surtout abus sexuels. Toutefois, la qualité du cadre de vie après l’adoption peut contrebalancer l’effet de ces conditions antérieures difficiles.

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